The Moorish Wanderer

Une Théorie du Jeu des Coalitions

Posted in Flash News, Intikhabates-Elections, Moroccan Politics & Economics, Morocco, Read & Heard by Zouhair ABH on October 20, 2013

Maintenant que la nouvelle coalition gouvernementale est en place, je me dois d’expliquer l’inadéquation d’un pronostic présenté dans un post précédent sur la non-crédibilité du retrait de l’Istiqlal de la coalition post-Novembre 2011. L’argument s’articulait sur un arbitrage portefeuilles ministériels et majorité parlementaire, qui a été invalidé précisément par la distribution des maroquins dans le gouvernement Benkirane II. D’autres hypothèses attachées à la formulation de la théorie (un jeu en une seule période plutôt qu’à coups successifs) se sont aussi avérées défectueuses.

Malgré tout je persiste à soutenir que les interactions du champ politique marocain se prêtent très bien à une modélisation faisant intervenir des mécanismes de comportements rationnels, même si la réalité ne semble pas à priori, exhiber une logique rationnelle dans les comportements de nos politiciens. Ce décalage est à mettre au compte du jeu politique lui-même, sans pour autant remettre en cause l’application systématique de ces principes décrits plus hauts.

Il est toujours intéressant d’observer quelques données empiriques issues des diverses élections législatives tenues depuis 1963: après tout, l’expérience des coalitions gouvernementales précédentes contient suffisamment d’informations quant aux habitudes de négociation des politiciens dans la formation de la majorité, et ce abstraction faite des limitations de la campagne électorale ou de la validité des résultats eux-mêmes; On peut convenablement considérer les tailles des différents groupes parlementaires ex nihilo pour la principale raison que le gouvernement doit se mettre à l’abri de motions de censure, ou encore de votes adverses sur des projets vitaux (comme la Loi de Finances).

Une brève estimation du lien entre majorité gouvernementale et divers facteurs, comme le nombre de membres de la coalition, l’identité partisane du Premier Ministre (ou Chef du Gouvernement) l’identité partisane du Parti leader dans la coalition majoritaire, et enfin le nombre de partis représentés dans l’hémicycle.

Le cas simple d'une représentation bipartite illustre l'effet disproportionné d'un éclatement de la représentation en parlement

Le cas simple d’une représentation bipartite illustre l’effet disproportionné d’un éclatement de la représentation en parlement. La Balkanisation oblige la coalition majoritaire à être plus large, et inévitablement hétéroclite.

Le lien entre la majorité parlementaire et le nombre de partis représentés est suffisamment fort pour donner une justification quantitative à un lieu commun: un parlement éclaté (balkanisé) handicape sévèrement la formation d’une coalition majoritaire. Chaque parti représenté par un seul député est capable de forcer la coalition majoritaire à chercher 4% supplémentaires de sièges. Pour avoir une idée du pouvoir de nuisance qu’exerce une représentation balkanisée au Parlement, un député sur 395 (ou un parti représenté par un seul député) peut forcer la coalition gouvernementale à chercher 16 députés d’un seul groupe (ou d’un seul parti)

De plus, l’identité partisane du chef de la coalition semble avoir un effet significatif sur la composition de la majorité gouvernementale: les partis de la Koutla (USFP et PI) ont plus de difficultés à composer leurs coalitions respectives que les non-Koutla (RNI, UC ou PJD) une probabilité 10% plus élevée à former une large coalition. Différentes raisons expliquent cet écart, mais il est intéressant de noter que si l’on considère les prochaines législatives de 2016 comme une compétition PI/PJD, ce dernier a un avantage additionnel à former plus facilement une coalition majoritaire. Koutla_NoKoutlaOn observe aussi que l’arrivée des partis de la Koutla à la position principale de chef de coalition coïncide avec la multiplication des partis représentés au Parlement, un résultat confirmé par la différence majorité en absolue (abstraction faite de la taille des parlements issues des différentes élections considérées) une moyenne de 13 sièges lorsque l’Istiqlal ou l’USFP étaient chefs de coalition gouvernementale, 50 sièges en moyenne pour les autres partis (FDIC, RNI, UC, PJD) ou lorsque le gouvernement est dirigé par une personnalité apartisane. Il est à noter que l’étiquette partisane du Chef du Gouvernement (ou Premier Ministre) compte peu dans la taille de la coalition gouvernementale, ce qui implique que les interactions de formation de coalitions majoritaires sont principalement liées au degré d’éclatement des groupes parlementaires.

Les résultats décrits suggèrent donc une contrainte supplémentaire pour le parti-leader à former sa coalition, en l’occurrence le nombre de partis représentés au parlement. Dans le cas du PJD, il s’agit de trouver la plus petite combinaison de partis alliés pour obtenir 198 sièges. Paradoxalement, il est plus difficile de réunir cette coalition lorsque le nombre de partis au Parlement est très large; cela explique les difficultés successives de M. Youssoufi en 2002 (et l’échec à former une coalition sous le leadership de l’USFP) ou M. El Fassi en 2007. La première erreur était de sous-estimer l’effet disproportionné qu’exercent les petits partis sur les chances de création d’une majorité stable: si ceux-ci ont peu de chance de faire partie de la coalition elle-même, leur existence affaiblit les plus larges partis dans la taille de leurs groupes respectifs,

Dans l’absolu, trois partis sont suffisants pour réaliser une coalition majoritaire: PJD, Istiqlal et RNI. Or cette coalition est instable car le PJD a une incitation à chercher à diluer la force de ses alliés en proposant à des groupes parlementaires moins importants de les remplacer – de même, les alliés les plus importants dans le coalition gouvernementale peuvent créer des difficultés en faisant un chantage (dont les retombées sont difficiles pour ma part à inclure dans la formalisation proposée)

Chaque coalition formée débouche sur des incitations pour les "nouveaux" alliés (et le chef de coalition) à chercher à la déstabiliser

Chaque coalition formée débouche sur des incitations pour les “nouveaux” alliés (et le chef de coalition) à chercher à la déstabiliser

Comme on peut le voir sur le schéma ci-dessus, la seule solution viable pour le PJD à former une coalition dont il contrôlerait la stabilité est de paradoxalement la diluer en admettant un nombre plus élevé que nécessaire d’alliés, affaiblissant ainsi par l’occasion la viabilité du gouvernement. Le seul cas de figure où une coalition stable est viable serait lorsque le PJD (qui par les règles du jeu de coalition en fait forcément parti) a besoin d’autant de siège que le plus petit allié peut offrir: dans ce cas, c’est avoir 178 sièges pour les 20 du PPS.

“Tax and Spend”, Discours Suranné d’Expansion Budgétaire

Posted in Dismal Economics, Flash News, Moroccan Politics & Economics, Morocco, Read & Heard by Zouhair ABH on May 7, 2013

Pour être honnête je n’ai aucune idée du nombre d’individus sur la toile ou dans le monde réel qui partagent mon point de vue. Et probablement ça n’a aucune importance; c’est cependant beaucoup plus pertinent lorsqu’il s’agit d’organisations ayant une certaine notoriété, ou en tout cas aspirant légitimement à influer le débat public. Surtout lorsque ces organisations ont à leur tête des personnalités médiatiques.

Le collectif CAC/Anfass (CAC: Courage Ambition Clarté) a sorti une synthèse (je crois le document lui-même) représentant leur vision de la réforme fiscale – s’insérant dans les diverses activités organisées lors des Assises de la Fiscalité le mois dernier. En lisant le document, je n’ai pas pu m’empêcher de noter, un peu penaud, que l’esprit des principes évoqués et les moyens que se donne le collectif pour les concrétiser, ne se départent pas de la ligne caractéristique à l’allégeance politique des membres les plus connus, ou en tout cas ceux anciennement encartés – à l’USFP.

Voilà, les membres du collectif représentent une jeunesse probablement prometteuse, mais le contenu de leurs propositions trahit une doxa tellement omniprésente qu’ils ne sont pas conscients de son existence. Je peux dire la même chose pour mes propres orientations, encore que, pour ma défense, je passe un temps fou à présenter le résultat de ce qui les incarne. ET je suis conscient des racines philosophiques (ou même idéologiques) du Schmilblick. Tout cela reste à discuter, bien sûr.

Le débat est philosophique autant qu’il est quantitatif: à leur crédit, le collectif défend une vision très Welfare State, dans la lignée des pays scandinaves qu’ils citent d’ailleurs, représentant vraiment la caricature du progressiste plein de bonne foi, mais qui finalement succombe à la caricature du Tax & Spend: augmenter les impôts sur les contribuables pour financer leurs différents projets de sécurité sociale. Et dans le cas de CAC/Anfass, il n’y a pas de caricature: la Nouvelle Gauche de l’USFP souhaite relever la pression fiscale à 34% du PIB. L’implication en est que le secteur public (ou la consommation des administrations publiques) augmentera sa taille dans l’économie.

Il est certain que le niveau actuel (24% du PIB) ne permet pas une redistribution suffisante, un investissement public créateur de richesse, le développement de services publics, le financement de la santé public et du troisième âge, la culture et l’enseignement de qualité. Sans se projeter dans l’avenir, les difficultés sont déjà ressenties et le niveau actuel ne pourvoit pas aux besoins des citoyens. Garder le même niveau face aux défis à venir, ne laissera aux décideurs publics que le choix de la réduction de la dépense, mais à quel coût social et économique ? Le Maroc a déjà vécu cette expérience douloureuse par le passé.

Sur la dernière décennie, nous n’aurons alloué que 5% du PIB en dépenses de santé (public et privé) et 5.2% en éducation. Pas d’assurance-chômage, pas de prestations sociales décentes pour les populations les plus démunies. Pas de Sécurité Sociale au sens large. Il est légitime, et même désirable de mettre en place ces programmes que CAC/Anfass appellent de leurs vœux. Or ce n’est pas en levant la pression fiscale à 34% du PIB que cela arrivera. Ou alors, ils seront en danger de créer la situation perverse où une culture de dépendance s’installer. Pire encore, le résultat pervers serait de maintenir la culture du droit acquis qui prévaut dans le système politique actuel (ce que les anglo-saxons définissent comme une Entitlement Culture).

Au fait, le collectif se trompe d’objectif: la question n’est pas de donner plus de moyens aux problèmes d’investissement, d’enseignement ou de santé. Cette assertion semble contredire les bas niveaux évoqués plus haut, mais ce serait une erreur de croire que le secteur public seul peut soutenir l’augmentation souhaitée des dépenses allouées à ces secteurs, et rien ne présage d’un alignement du secteur privé sur les niveaux de dépenses engagés par la hausse des dépenses. On peut même prédire que l’augmentation subséquente de la pression fiscale produira le comportement contraire.

Mais c’est l’hypothèse d’une augmentation graduelle de la pression fiscale qui me semble étrange: la pression calculée de 24% prend en compte plus que des revenus fiscaux: les droits d’enregistrement et de timbre, les pénalités et autres prélèvements obligatoires dont l’existence même est un anachronisme dont le collectif ne s’embarrasse même pas à en discuter la pertinence. Le graphe reprend l’évolution de la pression fiscale sur la période 2013-2018 (sur la base des projections du FMI) en comparaison avec la pression historique, ainsi que les projections du Fonds pour les recettes elles-mêmes.

La brusque progression de la pression fiscale est une illustration parmi d'autres: on peut aussi supposer que les 10% supplémentaires de pression fiscale seront ajoutées à intervalles réguliers, en moyenne de 3.4% par an.

La brusque progression de la pression fiscale est une illustration parmi d’autres: on peut aussi supposer que les 10% supplémentaires de pression fiscale seront ajoutées à intervalles réguliers, en moyenne de 3.4% par an.

On observera que la pression fiscale directe du collectif CAC/Anfass est plus proche des 21%, simplement parce qu’il est peu probable que les augmentations d’impôts concernent les droits d’enregistrement et de timbre, des impôts dont l’existence contredit le tropisme nouvelles technologies & activités d’exportations qui semble être partagé parmi ses membres:

Le Maroc a fait clairement le choix d’ouvrir son économie sur le commerce international, en s’alliant, dans le cadre de plusieurs accords de libres échanges, à de grandes puissances économiques mondiales et régionales. Le modèle de développement économique  sera toujours secoué, tant qu’il ne trouve pas une voie de compétitivité pour capter des investissements, substituer certaines importations par la production locale et se situer clairement sur des créneaux exportateurs prometteurs.

Ceci pour conclure que:

1/ Il n’est pas besoin de lever un excédent de 6 Milliards de dirhams de recettes fiscales principales pour financer les différents chantiers de sécurité sociale – il aurait été plus intéressant de lire les propositions du collectif en matière de réaménagement du budget tel qu’il est aujourd’hui (ou bien  supposent-ils que toute les dépenses actuelles sont justifiées?)

2/ Le raisonnement d’identification des recettes fiscales comme un moyen de redistribution n’est pas nocif en soi. J’y souscris, mais cette utilisation intervient seulement en deuxième lieu. En effet, le graphe ci-dessus ainsi que les projections de CAC/Anfass semblent ignorer l’impact de cette levée d’impôts (brusque ou graduelle) sur l’activité économique – or on sait ainsi qu’une relance par l’augmentation des dépenses gouvernementales (ce que serait in fine le résultat de l’établissement d’un Welfare State traditionnel) est paradoxalement peu efficace en comparaison avec un programme de diminution de la pression fiscale.

3/ La dernière question, mais néanmoins la plus importante: qui supportera cette nouvelle levée d’impôts? Si la base n’est pas ajustée (déplacée à la droite de la médiane par exemple) c’est un double effet négatif qu’on devra anticiper: un ressentiment d’une classe de contribuables déjà lourdement taxés, et la faillite à atteindre ce principe d’équité fiscale.

4/ C’est un document politique, il n’y pas de doute, et c’est probablement l’objectif avoué des auteurs. Cependant, sur ce point la notion de renouveau qu’ils appellent de leurs vœux ne semble pas se concrétiser; c’est, je pense, plus que les incohérences économiques, la principale critique à adresser. Au contraire, le fond des propositions ne fait que renforcer le présupposé de la stratégie budgétaire de la gauche dans sa globalité: taxer un maximum, ensuite envisager les postes de dépenses à pourvoir, sans étude préalable de l’impact fiscal sur l’économie – un retour au fameux Tax & Spend.

Note: Il y a aussi d’autres assertions à discuter aussi, comme la convergence ‘inévitable’ du Maroc vers les pays de l’UE, ou encore la mauvaise comparaison avec les pays scandinaves, surtout en matière de taux d’activité (eh oui, on ne peut avoir la qualité des services publics sans la productivité qui va avec…)

By-elections: a Case Study

This is a great opportunity for me to apply some of the computations I have elaborated on when I started to lay out the 2016 electoral map.

Al Ahdath Newspaper mentioned 12 seats (from 10 districts) where up for a by-election by next week, and I cannot find all of these, as I have managed only 7, and 2 others I am not sure are indeed contested as well (both PJD). Or perhaps the 12 seats mentioned comprise also those in Tangier-Assilah and an additional seat in Marrakesh-Menara:

909/2012 PPS – Youssoufia

908/2012 PI – Sidi Kacem

907/2012 PA – Azilal-Demnate

906/2012 UC – Settat

905/2012 MP – Moulay Yacoub

888/2012 MDS – Chichaoua

878/2012 USFP – Inzegane Aït Melloul

858/2012 PJD – Hay Hassani

898/2012 PJD – Menara

As I have mentioned several times before, many parties have ‘marginal seats’, i.e seats with barely enough votes to cross the minimum electoral coefficient. And these are more likely than others to fall next election. And as it happens, a couple of these are in play: UC, PA, USFP and PPS could lose their seats with a few hundred votes. But, having a marginal doesn’t translate into a higher probability of losing the seat. Indeed, the following probabilities computed on the basis of each party’s past electoral performance show this is not systematic.

Union Constitutionelle member of parliament Abdellatif Mirdas  for Sidi Kacem, whose seat will be contested is a good example to illustrate my point. He has managed to get a little under 6,000 votes and was subsequently the bottom of the list, very close indeed to the 6% threshold (about 4,800 votes) and his local electoral performance was by any measure a very good one for his party. Yet for this by-election, his majority is very slim indeed. Assuming a turnout similar to 2012, he has an 85.58% chance of losing his seat; roughly the same likelihood of not making it to the 6% threshold. This is not a very informative probability because it is unconditional on the district itself; so there is a need to normalize this probability with local turnout, and how close the party candidate is to the 6% threshold. Adjusting for these elements, UC has therefore a little under 70% chance of losing the seat.

I would suggest this method is naïve Bayesian actually: the probability \mathbb{P}(V_t<V) denotes the probability of getting at most the same number of votes they have got in 2011. It is then finessed by taking into account local factors, and then conditioned (rather than just observed) on past electoral performance, local 6% threshold, turnout, etc: \mathbb{P}_j(V_t|V_{t-1})=\prod_{i=1}^{n}\mathbb{P}_{i,j}(N_{t,i}|\{N_{t-k,i}\}_{k=K}^{0})

The table below uses these computations for the three other parties, although the results for PA and MDS are not as statistically significant as I would like them to be, but it seems many of these seats are going to be very competitive, and many are very likely to change hands. I have also used the same method to compute the likelihood of the other parties whose seats are not marginals, with some tweaking, mainly by normalizing probability to present turnout and when applicable, threshold effect per seat.

Marginals_ByElections

Whatever the end result, there will be no big change in parliamentary caucuses – not the largest caucuses, any way. On the other hand, there is good evidence to suggest competitive by-elections in perhaps all but one district (MP- Moulay Yacoub) I will fire off a next blogpost offering some insight as to which parties enjoy the largest probabilities of carrying these seats.

هل كانت نتائج مؤتمر الإتحاد الإشتراكي حتمية؟

و لهذا السؤال وجب إضافة سؤالين آخرين: هل كان إنتخاب دريس لشكر ككاتب أول مترقبا، و هل يمكن البرهنة عن وجود منطق للإنتقاء غالبية المؤتمرين لمرشح عوض أخر؟

الحتمية ليست بالضرورة متوفرة في هذه الحالة، اللهم تقدم مرشح وحيد، ما يعنيه غياب التنافس يسهل كثيرا تزعمه للحزب. أما مسئلتين إرتقاب فوز مرشح و البحث عن منطق إنتقائه فيمكن تقديم تفاصيل التحليل المبني عليهما. و الحجة هنا تنبني على شرطين أساسيين: المؤتمرون تبنوا منهجية (أو ما يصطلح عليه في نظرية الألعاب، “إستراتيجية”) منطقية تُرتب المرشحين الأربع (أو الخمس إذا تم الأخذ نعين الإعتبار ترشىح محمد الطالبي) تنازليا، حيث أن المصوت ينتقي المرشح المرتب التالي إن فشل مرشحه المفضل في الوصول إلى الشوط الثاني من الإقتراع، ما يعنيه أن الفائز المرتقب وجب عليه بالإضافة إلى الحصول على أصغر عدد من الأصوات الذي يرتبه أولا أو ثانيا، بل التموقع كالخيار الثاني أو الثالث لأغلبية المؤتمرين الذين ساندوا مرشحين فشلوا في الوصول للإقتراع الثاني. هؤلاء يمثلون أغلبية مطلقة بإسثناء حالة واحدة، أي حين يحصل مرشح واحد على الأغلبية المطلقة في الإقتراع الأول

الخصوصية التي إعتمدتُ عليها لوصف ترتيب المصوتين هي صفة المرشحين كبرلمانيين أم لا. و النظرية التي تفسر هذا الإختيار تنبني على دور البرلمان كمنبر إعلامي ذو أهمية كبرى خصوصا لحزب معارض، و لأن زعيم حزب في البرلمان يستطيع إستقطاب ولو قسط صغير من الإعلام العمومي لترويج دعاية الحزب، أو البرهنة عن “معقول” عمل حزبه تحت قبة البرلمان، ما يمكن أن يترجم بأرباح إنتخابية خلال الإستحقاقات المستقبلة

لكن في نفس الوقت الذي يفضل فيه المصوتون إختيار مرشح عضو في البرلمان، ترتيب المرشحين البرلمانيين لا يسمح بخيارات متقاربة، على سبيل المثال، المؤتمرون الذي يضعون أحمد الزايدي في قمة الائحة يفضولن التصوت على فتح الله ولعلوا عوض دريس لشكر أو لحبيب المالكي في حالة فشل مرشحهم ل لتأهل للإقتراع الثاني. و نفس المنطق يطبق على دريس لشكر، و أخيرا لحبيب المالكي(و إن كان أضعف المرشحين البرلمانيين) ما يعينه أن فتح الله ولعلوا كان المستفيد الأكبر من التنافس الحاد بين رئيس الفريق الإتحادي البرلماني (الزايدي) و غريمه لشكر. و كان توقعي أن ترتيب ولعوا في المرتبية الأولى أو الثانية كان يعني تلقائيا فوزه في الإقتراع الثاني، مهما كان منافسه. و في نفس الوقت، إن فشل في الوصول في المراتب الأولى، كان يعني ذلك وصول دريس لشكر لمقعد الزعيم

و السرد الرياضي هو كما يلي: لكل مصوت ترتيب خاص به، و يفضل التصويت على مرشح برلماني في المرتبة الأولى أو الثانية، و المرتبة الأخرى تكون للمرشح ولعلو. للإشارة، فهناك 24 طريقة لترتيب المرشحين، و منها 18 حين يتم ترتيب برلماني أولا أو ثانيا، و تتقاطع مع 12 تركيب يضع فتح الله ولعلو في كلتى المرتبتين. للإشارة، فالتكهن بفوز ولعلو صالح شريطة وصوله لمرتبة متقدمة، لأن له فرضية 50 في المئة للحصول على أغلبية الأصوات في نهاية الإقتراع الثاني. (للإشارة الفرضيات التي أشير إليه هنا تختلف إختلافا طفيفا لأنها تنبي على 4 مرشحين عوض 5، لكنها لا تختلف في إستنتاجاتها) لماذا كان دريس لشكر هو المستفيد الأول من فشل ولعلو و عدم حصوله على عدد أصوات كافي لتأهله للإقتراع التالي؟ لأنه إستطاع إستمال عدد كبير لمساندي ولعلو بين الإقتراعين، و تموقع كخيار ثاني لأغلبية المؤتمرين. هذا في حين كان بإستطاعة أحمد الزايدي الإجتهاد في نفس السياق، أي البحث عن مساندة أصوات ولعلو. لكن لأسباب لا أدريها في جملتها (و سيستطرد الصحافي في وصفها) فشل الزايدي في مهمته، أو ربما تجاهل الفرضية المرتفعة لولعلو أن يصبح الكاتب الأول المقبل للإتحاد الإشتراكي. كان تخميني مبنيا على إهزام الزايدي كرئيس الفريق البرلماني، و ضعف نفوذه لفائدة غريمه الذي إستطاع إستمالة مساندة الجهات التي تمثل بقوة الفريق البرلماني خصوصا سوس ماسة. و هذه إشارة ربما جعلت مساندي ولعلو يفضلون لشكر كخيار ثاني

هذه التدونة لا تسعى لإبطال تحليلات سياسية مغايرة لها. لكن بما أنني نشرت تدونة سابقة قبل المؤتمر تتنبأ بفوز لشكر مشروط بعدم تأهل ولعلو للإقتراع الثاني، أظن أن الفرضيات التي وصفتها سالفا حول منطقية و عقلانية خيارات المؤتمرين في خياراتهم السياسية لا تستهان، و قد تفتح آفاق جديدة في تحليل المشهد السياسي المغربي، الذي يبدوا فوضاويا، لكنه على الخلاف يتمتع بعقلانية متقدمة وجب فقط التمعن فيها لإستنتاجها.

The Next USFP Premier

It lives! Driss Lachgar has been elected as USFP next boss. A great victory for Game Theory applied to Moroccan politics, and a great victory for the new political order in Morocco.

His moustache is not a new fashion, mind you.

I should perhaps begin by addressing some issues about the numbers: I am still not sure about the total number of party delegates (1,200? 2,000?) though I am enclined to think the total number of votes was close to 1,600 for both ballots. Other than that, my predictions were broadly vindicated: party delegates chose overwhelmingly parliamentary candidates, and the fact that Mr Oualalou failed to muster enough support to carry him through the second ballot translated automatically into a Lachgar coronation.

Furthermore, I suppose Mr Zaidi was hurt by Mr Malki’s candidacy: indeed, I have assumed delegates had some ranking of their choices, and they move to their second choice when their first did not make it through the first ballot. I have further assumed delegates supporting parliamentary candidates prefer would automatically prefer to vote for Mr Oualalou as a second choice, should he make it to the second ballot. It also appears Mr Lachgar was the main beneficiary of these second or third choices, respectively for Mr Oualalou and Mr Malki supporters.

And now to the political conclusions of tonight: This election, I would argue, signifies the end of intellectual politics in the Moroccan political discourse, and especially in a party that prides itself as a cornucopia of intellectuals and thinkers. And though Mr Lachgar is perhaps has a great deal of education (he is a Lawyer after all) he represents, with Messrs Chabat (PI) and Benkirane (PJD) the very idea of anti-intellectualism, and fully embodies populism as an efficient political strategy.

I also argue this is not as bad as it looks for Moroccan representative democracy: It would be foolish to expect our present political system to produce beacons of integrity, thoughtfulness, honesty and competence. On the other hand, the system rewards those with acute instincts for political survivals, and a large subset of the electoral has confirmed the trend. Now, three populist party bosses means Moroccan politics will be a lot livelier than the past decade, which is always good, and it also creates among the electorate, not a new hope, but some level of expectation. And this is the party where democracy, and ultimately citizens, get their rewards.

As I have mentioned before, these populist exhibit remarkable instincts for political survivals, and their rationality is not to be underestimated (whatever numerology mumbo-jumbo Mr Chabat fancies) they do know they cannot promise what they cannot deliver. They also know the limitations of their own political power; the rational course of action would be to look for professional advice, operatives and specialists to support them in their venture to revolutionise Moroccan politics. Indeed, let us not forget they are all in a quest against some corrupt establishment (though they deny charges of disestablishmentarianism)