The Moorish Wanderer

Busted! Les Chiffres du Gouvernement.

Posted in Dismal Economics, Flash News, Moroccan Politics & Economics, Morocco, Read & Heard by Zouhair ABH on August 27, 2012

Le mémorandum récemment adressé par le gouvernement marocain au FMI comportait des chiffres très intéressants. Tous les chiffres le sont, mais les projections insérées dans ce document permettent de jauger de la crédibilité d’autres chiffres.

Je résume en deux phrases les déductions faites:

– le Gouvernement est sérieusement attaché à son objectif de réaliser 5.5% de croissance annuelle pour 2012-2016

– Le Gouvernement est tellement sérieux dans l’objectif n°1 qu’il base ses projections de réduction du déficit dessus, et estime qu’un plan de consolidation fiscale (ou d’austérité fiscale)n’est pas nécessaire.

Quite.

Lorsqu’on raisonne en déficit rapporté au PIB, c’est en quelque sorte l’emprunt étatique sur la croissance future (et les recettes fiscales s’en suivant). De même, lorsque le gouvernement s’engage à ramener le déficit en pourcentage de PIB de 6.9% à 3% en 2016, il peut opérer de deux manières: maîtriser en valeur absolue le déficit, ou bien faire en sorte que la croissance du PIB soit supérieure à celle du déficit en valeur absolue.

Dans le cas de notre gouvernement, c’est la première stratégie qui prévaut: la croissance moyenne de 5.5% est une hypothèse essentielle pour valider la consolidation fiscale de faire passer le déficit de 6.1% en 2012, à 3% (ou 2.9%) déficit du PIB en 2016. D’un côté, une croissance proche des niveaux décrits plus haut, de l’autre, une modeste réduction des dépenses d’un peu moins de 5 Milliards annuels en moyenne:

The fiscal deficit is also expected to decline by about 0.8 pp in 2012 to 6.1 percent of GDP, to 5.3 percent in 2013, and to less than 3 percent by 2017, largely on account of a significant reduction in subsidy outlays.

Les niveaux de croissance pour 2012 et 2014 sont à peu près déjà déterminés, ou anticipés par le gouvernement et/ou le FMI: 3% pour 2012, 4.3% en 2013. Il en découle que pour atteindre l’objectif de 5.5% de croissance annuelle moyenne entre 2012 et 2013, l’économie marocaine doit réaliser des taux de croissance pour les trois années suivantes 2014-2016 consécutifs de 6.75%. Lorsqu’on additionne cette croissance aux niveaux de déficit relatif du Budget, on observe que cette réduction annuelle moyenne de 0.8% du PIB est finalement peu élevée, précisément parce que la croissance du dénominateur de ce ratio augmente plus vite.

La simplicité de ce qui semble être l’analyse du Ministère des Finances et du Gouvernement en entier dans sa feuille de route tient la route, tant que le taux de croissance promis est théoriquement durable. Le problème avec la faible performance (relative aux promesses électorales ainsi qu’aux chiffres du programme gouvernemental) de la croissance du PIB marocain est qu’elle est historique. ‘faible performance’ est un peu fort; après tout, la faible volatilité des quelques 4.3% annuels observés depuis 1999 a permis d’enregistrer d’importants acquis de croissance; mais en ce qui concerne les niveaux absolues de croissance, il est très peu probable (si je devais mettre une probabilité dessus, elle serait 1.5%) de réaliser consécutivement, des taux de croissance presque successifs de 6.75% annuel.

Suivant ces hypothèses (excessivement optimistes) les objectifs promis au FMI de réduire le déficit budgétaire graduellement en absolu de 49 Milliards à 30.5 en 2016 ne sont pas l’objet d’une quelconque volonté de confronter les problèmes structurels du Budget Général de l’Etat (BGE), mais simplement d’une espérance, celle d’une faible consolidation -l’ordre de grandeur d’une économie de 5 Milliards correspond à 1.4% du BGE. Il est clair que la douloureuse et impopulaire tâche de réduire le déficit est grandement facilitée si la création de richesse est importante. Or elle ne peut raisonnablement être de mise aujourd’hui.

la linéarité de cette projection de déficits est implicite dans les objectifs de 5.3% en 2013 et 3% en 2016. Projections basées sur ceux du programme gouvernemental (5.5% en moyenne 2012-2016)

J’ai eu l’occasion d’exprimer mon doute quant à la crédibilité des chiffres de réduction du déficit d’une part, et des montants invoqués pour réaliser les économies nécessaires d’autre part. Ma réserve tenait du fait que le taux de croissance que j’utilisais mes calculs était plus proche des 4.3%, et tenait en compte la volatilité historique du PIB. Il s’avère au fait que nous pouvons très bien faire 5.5% de croissance annuelle moyenne, mais pas sur 5, plutôt sur 10 ans.

La principale différence entre les deux horizons temporels est que le taux de croissance ‘artificiel’ pour 2014-2016 généré sur la base de performances historiques du PIB marocain ne dépasse pas, au mieux, les 4.5% annuels, volatilité inclue. L’incertitude introduite par cette volatilité augmente significativement le montant à économiser, lequel est plus proche des 10 Milliards, soit le double de ce qui est théoriquement convenu dans les projections officielles.

Pour conclure, ce qui importe le plus est de prédire la manière dont ces économies seront réalisées. Il serait en effet puéril de croire que le Ministère des Finances auditera ligne par ligne les budgets des départements ministériels et autres entités relevant du BGE. Et pour réaliser une réduction annuelle de 5 Milliards sur le déficit, cela suppose des montants bien plus importants de part et d’autre du Budget; Nous savons que le gouvernement est résolu à lever des subventions dans le futur proche (avant la fin de 2012) mais ceci ne résoudra pas le problème du budget.

Aura-t-il le courage d’oser LA réforme fiscale instituant un semblant d’équité fiscale dans ce pays?

Breaking (Old) News: More Details on the IMF-Morocco PLL Deal

Posted in Dismal Economics, Flash News, Moroccan Politics & Economics, Morocco, Read & Heard by Zouhair ABH on August 8, 2012

Here’s some exclusive information for the readers. I should say first I am amazed by how the IMF took the trouble to answer my emails (and calls) about the Precautionary Liquidity Line (PLL) deal Morocco has benefited from; I mean, they usually deal with professional journalists. Still and all, it is humbling when the IMF takes the time to lay things out.

The exclusive information isn’t quite so: you can find all the details on the IMF’s website, but as far as I can tell, the Moroccan press corps did not report on the main talking points discussed during that press call conference.

“The program for Morocco is a 24-month PLL as we call it, a precautionary and liquidity line, in the amount of SDR 4,117 million, which is just over $6 billion; $6.2 billion to be precise.  This is a financing buffer, or a sort of insurance against potential external shocks.”

The consensus within the IMF seems to be clear as far as Morocco is concerned: strong macroeconomic fundamentals, low inflation and sound banking system. Our weakness, after all, is exogeneous: Morocco’s main trading partner, the European Union, is experiencing serious economic problems, and these reflect badly on Morocco’s trade balance. As for the PLL scheme itself, this is not some PAS-like conditioned loan/help: it is admittedly the IMF’s first use of that policy tool, and obviously, the conditons attached to it are not necessarily ‘standard issue’ deregulation programs the institution is known for. If anything, Morocco and Jordan are de facto guinea pigs for a new mindset within the IMF; they were at pains to stress its novelty, and in Morocco’s case, it is supposed to act as an insurance. Anyone with an insurance policy knows that whatever the outcome, the insured agent pays its fee and a premium computed on the basis of a risk profile. Is 3% low enough a premium for a country with a proven record of sound macroeconomic policy? I don’t know. Our government seems to think so, and so does the IMF. The expected rebound in 2013 will tell if both have been right or wrong.

Weak correlation in Forex reserves and M3 aggregate. The steady drain since early 2011 of an overall 48Bn dirhams did not affect growth of M3, though it has slowed down a bit.

the institution’s experts believe Morocco does not face a particular dire problem in its balance of payments. The graph shows the sustained drain in BKAM’s foreign reserves did not actually harm the monetary base, and if anything, we are back to levels observed in 2005.

There is only a subtle hint the Moroccan government has pledged some fiscal consolidation (read: austerity measures) and the IMF believes it has proven its bona fide in that respect by increasing the price of gasoline to the pump. Brace yourselves taxpayers and others, there are several measures to be expected in terms of revenue enhancement (tax increases) and spending cuts. It seems MM. Baraka and Azami’s pledge to bring back government budget deficit back below 3% of GDP by 2016 has some credibility, though from my own back-of-the-envelope computations, this is likely to entail as much as 30Bn dirhams in either sides of the balance sheet and/or a mixture of those.

The final point touched upon was the Subsidy Fund. As they see it , the IMF believes it is high time the Moroccan government got rid of it in favour of a more targeted (shall we say discriminate in a positive sense) to those who really need it. Unfortunately for both our government and the institution, there is an unrealistic expectation that a broad consensus is needed to reform the fund. The government pledges to engage with civil society and other economic partners, but really, when a business benefits from a rent-like dominant position, why trade valuable profits for hazardous competition?

This sums it up actually: the PLL is not conditioned on explicit terms. In fact, the IMF wants to promote it as a helping hand to good economies with sound policy-making. But there are, as we shall put it mildly, expectations the Benkirane government has to meet: fiscal consolidation (which we really need at this point)  and a far-reaching reform of subsidies in Morocco. No word however on the likelihood of Morocco’s problem worsening or transforming into a real balance of payment crisis. I guess someone in Washington is really optimistic about our economy.

(the complete transcript of the press conference call is available on this weblink)