The Moorish Wanderer

“Techniquement prête”

Posted in Dismal Economics, Flash News, Morocco, Read & Heard by Zouhair ABH on February 25, 2013

La Vie Eco rapportait fin 2012 lors d’une interview avec Mr Najib Boulif:

Peut-on connaître, à défaut d’une date précise, un horizon pour le démarrage de la réforme, plus exactement de la distribution de l’aide directe ?
Une fois le projet de réforme adopté par le gouvernement, un débat public s’ouvrira à partir du début de 2013, en même temps que les dispositions logistiques et matérielles se mettront en place. En fonction de cela, on pourra espérer que le système démarrera au premier trimestre 2013, et qu’avant juin 2013 les premiers transferts seront effectués. Tout ça reste conditionné par «incha Allah».

La volonté divine étant décidément obtuse quant aux velléités réformatrices du gouvernement, le même journal rapporte que finalement, cette réforme n’aura lieu qu’en 2014:

Techniquement, la réforme de la compensation est quasiment bouclée, et le projet sera bientôt soumis au gouvernement. Après quoi, le sujet fera l’objet d’un large débat national, accompagné d’une «grande» campagne de communication pour en expliquer les tenants et les aboutissants, les enjeux. Le responsable d’un parti politique qui donne cette information estime que, moyennant ces étapes de communication, de concertation et de débat, le démarrage de la réforme ne devrait intervenir qu’après un certain consensus sur le fond de l’affaire. Cela peut aller jusqu’à la fin de l’année, voire début 2014, mais tout dépendra en réalité du rythme des discussions sur la formule définitive.

Peut-être notre gouvernement attend-il un signe divin pour faire son choix dans les scenarii techniquement prêts, sans doute.

 

Get Some! Get Some! Comments on the 2012 Budget Bill

Posted in Dismal Economics, Flash News, Morocco, Read & Heard by Zouhair ABH on March 15, 2012

And finally, the Finance Ministry has gone to Parliament House with the new budget. Ministers Nizar Baraka (PI) and Driss Azami Idrissi (PJD) have both taken turns to deliver their Budget Statement before parliament, and though I did not listen to it live, but from the figures I came across, I can predict a few things and/or comment on others;

[Exclusively, you will find on this link the Budget Bill].

A raw assessment for this new budget is that the fresh whiff of new government has been squashed by the hard, cold reality of, well, old government; on all the major investment plans, on fiscal policy, on the whole business of government, this new coalition has proven to be conservative in its choices, à contre-temps with the defiant and hopeful tone set by Head of Government Abdelilah Benkirane. So this not an earth-shattering budget, it is simply business as usual.

The budget goes 346Bn dirhams, that is 44.3% of GDP, for a 5% deficit. There is no way the government will reach the 3% deficit limit they have pledged to in their manifesto. Istiqlal and PJD have lost in terms of fiscal responsibility; in absolute and relative terms, a similar level of deficit dates back to 2001: 34Bn deficit, 8% GDP. But 2001 was the light at the end of the tunnel, and privatization revenues turned the deficit into a small surplus of 500 Million dirhams. This year is full of uncertainty, even the language both ministers adopted in their respective statement was cautious: spendings are there to guarantee social balances; the truth is, the sole development policy any government in the past two decades has ever implemented was to make sure growth was high; when the cycle is expansionary, that is of no particular problem; but now that we are heading toward a mild downturn, there is pressure to keep people happy, and the fact no major changes have been introduced in taxation paints quite a picture: the trade-off obviously favours the immediate present to the expenses of future stability.

Bad news for PJD: current expenditure has been projected for 187Bn, 16Bn up from the initial 171Bn appropriated in the initial Budget bill. For the life of me I can’t figure out where the 16Bn came from, and I for one would not hesitate to draw an interesting parallel between the gung-ho, austere approach PJD ministers boast on newspapers, about how they will squash unnecessary expenses; I particularly enjoyed digging up some Lahcen Daoudi quotes:

Well, the biggest increase in expenses has been without a doubt on current expenditure: 23.8% in paywage, stationary requisitions and other administrative expenses, while public investment increased only 11.3% year-on-year, quite a first step coming from a government bent on showing their toughness on waste and unnecessary bureaucracy. The 2012 fiscal year has blown PJD’s economic credibility right out of the gate, in my opinion.

What worries me though is not the budget breakdown per categories of expenses; According to the figures Minister Azami laid before Parliament, there is no substantial increase -and by that, I mean at least a dozen Billions- in fiscal receipts, and I surmise from the figures Public Borrowing Requirements will jump from an initial 61Bn to 65Bn, while repayments will remain unchanged, some 42Bn including interests. Not only has the government failed to keep its word on the 3% deficit limit, it has planned to over-borrow this year. For sure, domestic debt alleviates the danger of default and wards off potential threats on Morocco’s foreign currency reserves, but only up to a point; let us not forget that liquidities are drying up; such a large increase in PSBR will inevitably push yields higher – a scenario a lot of businesses and individuals dread; as a matter of fact, the generous fiscal exemptions this government and the governments before are providing Real Estate developers might turn against them and kill off an essential component of economic growth in Morocco.

And finally, there’s a disturbing news embedded in the Budget statement: it projects  2.5% inflation rate for 2012. To go from 1.1% inflation in 2011 to 2.5% in 2012 shows that subsidies, the Compensation Fund in fact, can do only so much, before the harsh reality of facts catches up with a well-meaning government: subsidies do not work; the measures proposed by the government do not work, and the inflation rate testifies to that matter: the Compensation Fund does not reward hard-working families by protecting their purchasing power, it secures established businesses good and generous rents; 2.5% is a moderate rate of inflation however, but I would very much like to hear Ministers Baraka, Azami or Boulif spin it to justify a 40Bn boondoggle that benefits only the 1.3 Million wealthiest households.

5% d’inflation – ou comment justifier le dégonflement du PJD face à la Caisse de Compensation

Posted in Dismal Economics, Flash News, Moroccan Politics & Economics, Morocco, Read & Heard by Zouhair ABH on February 20, 2012

Ce bref post en Français est motivé par le fait que ce gouvernement, et surtout la composante PJD, semble bénéficier (injustement) d’une certaine candeur de la part des médias spécialisés dans l’actualité économique, alors même que la compétence des départements ministériels à gérer les problèmes épineux relatifs à l’économie est peu discutée. De plus, l’incompétence ambiante sur les bancs de l’opposition (incompétence dans le sens d’un manque de hargne couplée à la maîtrise de la complexité d’investigation qu’est le travail parlementaire) fait qu’à chaque vote du Projet de Loi de Finances, les erreurs et autres politiques hasardeuses du gouvernement ne seront pas discutées sérieusement, ni exposées devant l’opinion publique – ajoutant à l’avantage indu dont jouit l’exécutif en l’institution qu’est le Ministère des Finances. Au contraire, on donnerait au PJD et au gouvernement l’opportunité de monopoliser le narratif et l’orienter vers les sujets confortable: lutte contre la corruption, politique de promotion de la “morale”, etc… afin de masquer ce qui apparaît comme un aveu de faiblesse à porter le fer là où il le faut: débusquer les rentes et les exemptions fiscales inéquitables (la somme des dépenses fiscales prévues pour 2012 atteint 33 Milliards, soit près des 3/4 du déficit actuel) réformer la compensation (près de 6% du PIB) pour la faire bénéficier à ses récipiendaires véritables, et enfin assainir le Budget Général.

*Shotgun* "KA-BOOM" (Photo: l'Economiste)

Le déficit prévu pour 2012 avoisine les 5.6% du PIB suivant le dernier bulletin de la Trésorerie Générale du Royaume, loin de la limite de 3% promise dans le programme électoral du parti de M. Benkirane.De plus, la dette publique suivant les projections d’emprunts et de service de dette pour l’année 2012 atteint les 54% du PIB; Et malgré tout, cet article sur l’Economiste semble traduire l’hésitation du porte-parole PJD sur les affaires économiques, Dr Najib Boulif, à réformer dans le fond la Caisse de Compensation; Autant cette hésitation est compréhensible, autant l’usage de statistiques effarantes est regrettable; pire, arguer du refus de baisser la charge de compensation des 45 Milliards (Décembre 2011) par un effet automatique sur les tensions inflationnistes, à hauteur de 5% – des 1.1% observés en début d’année 2012. Serait-ce un mensonge pour faire passer la couardise du gouvernement?

La citation rapportée par l’Economiste mentionne:

plusieurs options se présentent, dont certaines sont radicales, comme la suppression de la compensation et le passage à la vérité des prix». Immédiatement, les prix des produits subventionnés connaîtront une hausse brutale. Ainsi, la bouteille de gaz coûtera 142 DH au lieu de 40 actuellement, et le sucre 10,80 DH (au lieu de 5,80 DH). Cela devrait se traduire par une inflation de 5% et le glissement d’une grande partie de la classe moyenne vers la catégorie de la population vulnérable. Difficile de choisir cette orientation dans un contexte social tendu.

En gros, cela signifie que les prix de la bouteille de gaz et du paquet de sucre augmenteront respectivement de  255% et 86%, avec pour effet d’une augmentation brutale de l’inflation de 1.1% (Janvier 2012) à 5%.

Or l’étude du HCP menée auprès des ménages en 2001 puis en 2006 permet de mesurer plus ou moins précisément l’élasticité-prix par rapport à ces deux classes de revenus. Une fois le calcul effectué, l’application mise à disposition sur le site du HCP permet de calculer précisément l’impact direct de ces hausses sur l’IPC (le nouvel indice des prix qui a remplacé l’ancien ICV en 2006) Il faut noter néanmoins que le HCP ne publie que des données relatives à l’élasticité-revenu, d’où la nécessité de retraiter ces résultats pour avoir une approximation de l’élasticité prix.

Les coefficients d’élasticité synthétisent le comportement de consommation et déterminent la réaction de la demande d’un bien suite à toute modification du revenu et/ou des prix, et permettent par la suite de classer les biens et services en différentes catégories en fonction de la valeur de leurs élasticités.
Selon le niveau de l’élasticité-revenu, trois cas sont distingués :
▪ L’élasticité-revenu est supérieure à 1 : c’est le cas des biens de luxe dont la consommation varie à un rythme dépassant celui du revenu.
▪ L’élasticité-revenu est comprise entre 0 et 1 : c’est le cas des biens nécessaires dont la demande augmente à un rythme inférieur à celui du revenu.

(HCP – Elasticité Revenu des Ménages)

Les résultats sont comme suit:

Sucre: 0.54

Gaz (Chauffage, éclairage eau et dépenses d’énergie): 0.89

Nous constatons bien que ces deux biens sont nécessaires; Maintenant, considérons les coefficients budgétaires alloués à ces deux classes de produits; d’après la nomenclature adoptée pour le calcul de l’PIC, les dépenses moyennes de consommation en Sucre et Gaz sont représentent respectivement 1.6% et 5.7% de la dépense de consommation moyenne. Si l’on considère que ces dépenses sont autant de portions du revenu allouées, cela signifie qu’en 2011, un ménage moyen aura consommé en moyenne 69.000 dirhams, dont 1.100 dirhams pour le sucre et 3.900 pour le gaz et assimilés. Une augmentation des prix telle qu’indiquée dans l’article mentionné plus haut, et en prenant en considération les élasticités-revenus pour ces deux produits, un ménage rationnel augmentera le pourcentage alloué de sa consommation pour la maintenir à son niveau initial – une propriété motivée par l’élasticité historiquement constante entre l’évolution des prix et celle de la consommation des ménages; le résultat en est que pour un niveau de consommation équivalent, les pourcentages alloués seront désormais respectivement 2.34% (faisant passer le coefficient alimentaire de 39.3% à 40.5%) et 13%. Le résultat, suivant les calculs HCP, et une augmentation du taux d’inflation inférieure à ce qui est prévu, puisqu’elle passe de 1.1% telle qu’observée en Janvier 2012, à 0.9%.

Le fait est que les tensions inflationnistes sont à chercher autres part, dans la rubrique des “Autres Biens et Services”, Restaurants, Hôtels, etc. Mais le chiffre d’une inflation totale de 5% soutenue sur l’ensemble des 12 prochains mois est peu plausible, pas selon les statistiques officielles elles-même.

Flip-Flop Or Incompetence: The 7% Controversy

Posted in Dismal Economics, Moroccan Politics & Economics, Morocco, Read & Heard by Zouhair ABH on January 13, 2012

Do you know the guy who goes through the figures and crunch numbers together to tell you that they don’t add up, even though nobody cares? That’s me.

During the electoral campaign, I took the trouble to read, then compare party manifestos, including that of the senior partner in the maiden government, PJD. I was very sceptical of their promised 7% annual average growth rate, given that the current and future performance of domestic output does not allow for more than 6%, and if we are at all to keep with the current level of inflation, a 5% would do no harm.

The graph was taken too literally

But (mis)informed commentators only now caught up with the fact that in the minds of Najib Boulif and Mustapha Khalfi the 7% pledge was not for all next 5 years; it was a “target rate” for 2016 (page 16):

1. معدل النمو المستهدف 7 في المائة

Following their definition of ‘target rate’ is some sort of aim the economy works its way up to reach: 5% in 2012, 5.5% in 2013, and so on and so forth, until it reaches 7% in 2016. I don’t know, but a) I have been told that a target rate is an average the policy-maker wants to stick to as closely as possible, and b) growth does not work like it is some sort of cumulative aggregate. GDP in value and volume does, but its rate of change does not.

I am sorry, but a target rate is not something a policy maker works their way to reach in a defined time-frame, it is a standard they don’t want to deviate from. Economists know it, and it is only right to ask the question whether Najib Boulif and Mustapha Khelfi are trying to spin their way out of an incoming flip-flop, or plain incompetents.

I very much doubt they are incompetent: Najib Boulif was a prominent back bencher in the Finances parliamentary committee, and is a professor of Econometrics and Economics of Energy at the University of Tangiers, and Mustapha Khalfi has spent some time as an intern in Capitol Hill. They have dealt with pretty major issues, and such a trivial definition of target rate is well within their intellectual grasp and working experience. That is why I would go for the flip-flop. And a major one, if I may say so.

My Blogger pal Abmoul did ask the question: why bother about GDP growth predictions? These are important for a host of reasons, but since we are considering government policy, the one we are interested in is surely the projected receipts from growth. The story goes very simple: high growth means a lot of business, a lot of consumption, and a lot of transactions. Because there are taxes on almost all of these economic activities, their steady increase means more receipts for the Inland Revenue Services; and in fact, a 7% growth will deliver more tax receipts than a 5%.

Let’s consider a simple example: consider an economy with a GDP of 100 this year. Next year, it can grow to 5% or 7%. This means GDP is either 105 or 107. The budget taxes GDP at, say 20%.

Case 1 – 5% growth: tax receipts increase from 20 to 21

Case 2 – 7% growth: tax receipts increase from 20 to 21.4

That’s 0.4 additional gain for the treasury thanks to higher growth. In order of magnitude, 7% GDP growth delivers, ceteris paribus, 8% more receipts for the budget i.e. 26Bn per annum. It also allows the treasury to keep on borrowing: high growth also means high liquidity, and a very convenient way to avoid the latter to turn its growth into inflation is to basically deviate some of it into public debt. 7%, everyone benefits from it, and more importantly, the budget can afford to expand its balance sheet.

Why is it so important for PJD then? Because they have committed to a lot of spending, and above all, they also committed to a 3% limit on deficit per GDP. Again, high growth enervates this limit in absolute numbers: consider the same example, with a GDP of 100. The government cannot go beyond 3 in terms of budget deficit, but if they can deliver a 7% growth, their future deficit limit is 3,21 while it can be only 3,15 in a 5% growth setting.

Compounded gains from higher growth go as high as 20Bn by 2016

By my account, PJD has pledged some 70Bn annual additional spending, and they need to be financed up to 50Bn in additional taxes. Now, the only way to make the tax increase look small is to get a high growth; these are initial figures; when matched with growth rates, their weight decreases relative to total wealth when growth goes higher: 50Bn represents 7% of 700Bn (about the size of GNI in 2010) but only 6.3% of the economy grows at 5%, then 7%. By contrast, if the economy growth 5% in the next two years, tax burden is 6.5%. 14Bn makes all the difference – that’s an annual MAD 2300 per household. Suppose that the government wants to keep the same level of fiscal pressure (about 23.6% of GDP) a reasonable assumption, given PJD’s pledge for a 3% GDP deficit limit, then how can they have to assume a higher GDP growth to anticipate higher receipts.

And so, by spinning their way on that 7% pledge, PJD admits implicitly it will fail to reach their spending commitments. Farewell programs to reduce unemployment by two basis points (200,000 individuals) or doubling public investment.

In a sense, the pre-Constitutional Referendum discourse was right: political parties are not fit to run the country, let alone its economy. But what is more worrying is that no one, so far, has proven to be fit to run the country: PJD opposition-turned government coalition maker has conceded much of the economic policy-making apparatus, and got mixed up in its electoral promises, their junior partners have been part of almost all coalitions for more than a decade, and even at the highest level, mismanagement has led to unsound policies (labelled “Grand Designs“) that impoverished middle classes have to endure, those very middle classes that constitute the bedrock of any liberal society.

Who is in command? Is there a plan? And if indeed there is, is the body of evidence robust enough to show it benefits the many, not the few?