The Moorish Wanderer

Adieu Barberousse!

Posted in Dismal Economics, Moroccan Politics & Economics, Morocco, Read & Heard by Zouhair ABH on October 26, 2013

Malgré toutes ses tergiversations et le lent déclin inexorable de sa crédibilité, M. Boulif va me manquer. Il est désormais effectivement neutralisé, car il ne peut comme parlementaire servir de point d’ancrage au groupe parlementaire PJD, une contribution cruciale vu qu’au moins un membre de ce dernier semble perdu quant à l’évolution de l’investissement public. M. Boulif a aussi perdu de facto toute voix à gérer probablement le dossier le plus épineux des finances publiques. Ceci dit, il serait intéressant de comparer l’évolution des dépenses de compensation entre son passage au MAGG (Ministère des Affaires Générales et de Gouvernance) et la performance de son prédécesseur, M. Nizar Baraka.

La corrélation significative entre les deux agrégats est triviale, mais elle exhibe aussi un "effet de retard" qui pourrait être expliqué par la structure de la compensation elle-même.

La corrélation significative entre les deux agrégats est triviale, mais elle exhibe aussi un “effet de retard” qui pourrait être expliqué par la structure de la compensation elle-même.

La simple comparaison des deux courbes illustre le défaut du mécanisme pré-indexation – une volatilité excessive et en général à effet de retard lorsque le prix du pétrole varie significativement. En d’autres ternes, il est plus fréquent que la hausse de compensation soit plus élevée que celle du prix du pétrole, et une baisse du prix de ce dernier n’est pas répercutée par une baisse équivalente dans la dépense de compensation. Cela cependant est attendu, ne serait-ce que par les rigidités de prix précisément imposées par la règlementation des prix des dérivés d’hydrocarbures, ou de la structure monopolistique de la distribution de ces produits; Il est cependant intéressant de noter que le défaut principal de la caisse de compensation est l’excès de volatilité – ainsi que la relative lenteur de réaction- d’une dépense supposée agir en amortisseur aux chocs importés.

Peut-on cependant comparer l’évolution des dépenses de compensation entre le relativement bref mandat de M. Boulif avec une période analogue du mandat de M. Baraka? La série de graphe ci-dessous permet de comparer le prix du pétrole sur 20 mois pour les deux ministres délégués:

BoulifvsBaraka

Cette comparaison cependant ne peut conclure à une meilleure gestion de la part de M. Boulif, où la croissance moyenne de compensation a baissé de 40% entre Janvier 2012 et Septembre 2013. D’abord parce que le prix du pétrole ne s’est pas comporté de la même manière en 2007-2009 et 2012-2013, ensuite parce que les choix politiques de gestion de la caisse de compensation n’étaient pas similaires, une différence qu’il faut porter au crédit de M. Boulif, qui avait raison, en 2011, de fustiger le manque de volonté du MAGG à l’époque (dirigé par M. Baraka) à réformer la caisse de compensation.

Boulif_ScenariiPour résoudre le premier point, on se permet de ‘remplacer’ l’évolution du prix du pétrole de 2012-2013 par celle des années précédentes, tout en gardant l’estimation de l’effet-prix sur l’accroissement (ou la diminution) des dépenses de compensation, que l’on décrit sur le graphe ci-contre. Il s’avère ainsi que si effectivement le budget de compensation aurait continuer d’augmenter, la hausse enregistrée serait largement inférieure à celle observée durant la période équivalente sous M. Baraka.

Cette brève comparaison montre qu’à prix constants, et sur une même période, M. Boulif a eu plus d’impact sur la réduction de la tendance croissante des dépenses de compensation que son prédécesseur; on peut aussi déclarer que M. Baraka a eu un impact plus important lorsqu’il était ministre des finances, mais enfin, le résultat de leurs mandats respectifs au MAGG est assez clair pour déclarer que Boulif a obtenu des résultats meilleurs.

Cela d’ailleurs indique qu’une réforme similaire à celle proposée aujourd’hui (indexation ou retrait graduel de la compensation) ayant lieu en 2007 aurait pu économiser des ressources importantes, tout en donnant suffisamment de temps pour proposer une réforme structure en 2010-2011, au lieu de la panique en début 2011.

Dans tous les cas, M. Boulif aura certainement été une victime non méritée du dernier remaniement gouvernemental: s’il a effectivement échoué à réformer en profondeur la Caisse de Compensation (malgré les différentes déclarations optimistes en ce sens) sa performance a été significativement meilleure en comparaison avec celle de son prédécesseur, qui lui, se retrouve récompensé. Le monde est cruel pour les rouquins, y compris en politique.

 

L’Etrange Budget 2012: quand les impôts ne suffisent plus plus à payer le train de vie de l’Etat

Posted in Dismal Economics, Flash News, Moroccan Politics & Economics, Morocco by Zouhair ABH on March 19, 2012

La montagne a grondé, et a accouché d’une souris. En examinant de plus près les documents du PLF 2012, le Budget proposé par la nouvelle coalition gouvernementale dirigée par Abdelilah Benkirane a été dépensier, et surtout, trahit un décalage important entre la rhétorique enflammée des ministres PJD quant à la lutte contre le gaspillage et le détournement des deniers publics, et l’explosion de ces même dépenses. Pire, le prix à payer pour acheter la paix sociale a été sous-estimé, sur tous les horizons temporels. La question que je me pose est donc la suivante: comment ce gouvernement saura-t-il confronter les décisions douloureuses de consolidation fiscale qui se poseront plus tard, alors même qu’il recule devant une restriction plus modérée des dépenses à son premier budget?

Ce que le populisme moralisateur nous promet.

Le ministre du Budget, M Driss Azami Idrissi déclarait devant le Parlement le 16 Mars dernier:

لقد تمت صياغة مشروع قانون المالية لسنة 2012 في بعده المالي على أساس حصر مستوى العجز في 5 بالمائة مقابل 6.1 بالمائة سنة 2011، وذلك في سياق تنفيذ إلتزامات البرنامج الحكومي بخصوص العمل على الرجوع التدريجي لنسبة عجز الميزانية في حدود 3 بالمائة من الناتج الداخلي الخام في أفق 2016

Nous pouvons donc déduire, sans risque de nous tromper, que le déficit moyen que ce gouvernement inscrira dans les prochaines Lois de Finances d’ici 2016 sera certainement supérieur à 3%, et donc supérieur à la moyenne observée depuis vingt ans (avec ou sans les recettes de privatisations encaissées). De plus, cette projection contredit l’engagement du parti chef de coalition de réaliser un déficit moyen de 3% d’ici 2016. Dans le premier cas, nous avons un objectif de 3% d’ici la fin de la législature – et donc une moyenne supérieure à 3%- et dans le second cas, une promesse de réaliser une moyenne de 3%, et donc des chiffres de déficit bien inférieurs à ce que le gouvernement s’engage à atteindre.

Il s’agit d’être très prudent quant à la question des déficits: tôt au tard le gouvernement sera obligé de les payer, et cela signifie une augmentation des impôts ou une baisse de dépenses; et le risque ici est que le déficit sera tellement important, que les réductions de dépenses, et les augmentations d’impôts toucheront une grande partie des ménages et entreprises marocains. Et dans ce cas précisément, le déficit annoncé dans le nouveau PLF 2012 a atteint 32 Milliards dhs, 35 Milliards lorsque les recettes de privatisations de sont pas prises en considération.

A noter que le déficit n’est pas le seul problème: le solde primaire se chiffre à +68 Milliards de dirhams. A première vue, c’est une bonne nouvelle; cependant, le solde primaire inscrit au Budget 2011 se chiffrait à 74 Milliards; plus préoccupant encore, le solde primaire réel -c’est-à-dire sans prendre en considération les recettes d’emprunt- se chiffre à  un déficit de 900 Millions dhs. Les recettes fiscales seules ne suffisent pas (plus) à payer les salaires des fonctionnaires, les factures d’électricité et de gasoil, les stylos et papiers utilisés par l’administration. En clair, les recettes ordinaires ne suffisent plus à payer le fonctionnement normal du gouvernement. Nous constatons là un échec patent dans le fonctionnement de l’administration; alors que les recettes fiscales sont supposées d’abord servir une certaine politique de redistribution, voilà qu’elles ne sont même pas suffisantes à couvrir le fonctionnement administratif de la machine bureaucratique.

Pour un gouvernement qui prétend combattre le gaspillage des dépenses publiques, il est extraordinaire de noter une augmentation annuelle de 23.5%, dont 8% dans les dépenses de matériel. Les économies promises par le Ministre de l’Enseignement Supérieur, Mr Lahcen Daoudi, de l’ordre de 5 Millions de dirhams dans son département, se sont transformées en augmentation des dépenses de l’ordre de 3 Milliards dhs.

Il a fallu prévoir un emprunt s’élevant jusqu’à 65 Milliards, dont 20 Milliards qui seront levés à l’international – et vraisemblablement payés à un taux d’au moins 6% (considérant les rendements exigés sur l’Euro-obligation émise par le Ministère des Finances en 2010) la crise des années 1980 a commencé ainsi: des emprunts régulier et croissants, le prix que ce gouvernement est prêt à payer pour obtenir la paix sociale, semble-t-il, a été mal calculé: la justification officielle du déséquilibre est, nous disent les ministres du MINEFI, le financement de la Caisse de Compensation. Mais alors, où est la réforme tant promise? Et surtout, où est la justification quantitative à pomper 40 Milliards du budget (soit 12% du Budget, 5.4% du PIB) les redistribuer aux plus riches, et au final se trouver avec un taux d’inflation de 2.5%, soit 0.7 points en dessus de la tendance observée durant la décennie passée, et surtout, plus du double du taux observé en 2011.

La composante PJD du gouvernement, si vivace lorsqu’il s’agit de dénoncer la corruption et la décadence morale gangrénant le Maroc, est remarquablement timide quant il s’agit de la plus grande injustice infligée à près de 6 Millions de familles marocaines: leur faire payer la consommation des 600,000 ménages les plus riches, leur faire subir une augmentation des prix, et hypothéquer l’avenir de leurs enfants avec une dette publique galopante.

Taxes, Interest Rates and Hauser’s Law

Posted in Dismal Economics, Flash News, Moroccan Politics & Economics, Morocco, Read & Heard by Zouhair ABH on February 28, 2012

I can’t wait three weeks for the Finance ministry to unveil their new budget! I only wish the opposition in Parliament will grill the Bill the same way PJD used to when they were opposition backbench:

Still, I would like to share some thoughts on the projected tax receipts and the mounting public debt; the Treasury released a new batch of figures for January 2012, and some of the projected figures give a certain flavour of Minister Nizar Baraka’s first Budget Bill.

Domestic Debt: 322 Billion

S’établissant à 322 MMDH à fin janvier 2012, l’encours de la dette intérieure est en augmentation de 2,4% par rapport à son niveau à fin décembre 2011. Ceci s’explique par le recours du Trésor au marché des adjudications pour un montant net de 7,5 MMDH.

First off, I might reconsider my earlier projection of 420 Billion in total public debt (foreign and domestic) by the end 2012 as too optimistic. Indeed, and based on projections from the latest Q3 2011 Foreign Debt survey (adjusted for the projected Debt Service) we are in for at least 500 Billion dirhams of total public Debt for 2012, that is 61.2% of total GDP. For reference, we are back to 2003 levels, minus the economic affluence back then and the downward trend in government debt observed ten years ago. What is more, the paid interest for 2012 on the 322 Billion debt is about 4.9%, which is a lot more than any term structure one can compute per all ten maturities served with Treasury Bills and Bonds (maturities yield between 3.44% and 4.45% nominal rates)

Such high levels of public debt, especially when one considers the closing moments of the decade-long expansionary cycle observed since 1999-2000, might drive the level of interest rates up, with the accrued effects of a worsening Balance of Payment deficit. Bank Al Maghrib has a set of targets to meet, and it cannot do so if its own foreign currency reserves are dwindling that quickly. I do not mean to be melodramatic, but we might well be very close to the moment where Bank Al Maghrib board would switch priorities (from domestic demand to foreign concerns) and increase interest rates from historically low 3.25% to sustain itself and fire-fight the foreign deficit. The 150 bps real spread will inevitably compound with the projected decrease in available liquidity as per HCP estimates; this means less available liquidity, higher required premium for debt, including public debt. I suspect Finance Ministry officials are hurrying up to the money shop before prices go up.

Fiscal Receipts: Morocco’s own Hauser Law

Three consecutive years broke the Hauser Law: 1974-1977 (exceptional years that do not factor in)

Long time-series on Moroccan economic data are often difficult to gather, but eventually perseverance wins the day. I bumped into Hauser’s insightful paper on the remarkably constant share of US Federal fiscal receipts relative to GDP. While I do not entirely buy into the “Government creates no wealth” argument, I do understand there are limits to what a public budget can extract in terms of taxes, and in Morocco’s case, that seems to be about 19.4% of GDP.

The argument is neat and can be turned to the Government’s advantage; there has been an ongoing trade-off that favours public debt to taxation, a policy that drove fiscal receipts as low as 17.5% of total GDP. There are several explanations available to that effect: first off, the actual fiscal pressure relative to GDP is relative higher, of 20.3%, because agricultural output is not taxed; a fair fiscal policy would be to spread taxation across all sectors with perhaps a cut in nominal rates to balance things up. Ever since 2000, 84 Billion dirhams (in real terms) worth of fiscal receipts have been missed, precisely because past governments have refrained from using the margin provided by the Hauser Law.For 2012, while the projected fiscal receipts are estimated to some MAD 144Bn, a tax increase within the 19.4% boundary can generate an additional MAD 18Bn, that is 72% of projected deficit for 2012 – or most likely 41% – which is still a good policy to have the deficit to the 3% limit.

5% d’inflation – ou comment justifier le dégonflement du PJD face à la Caisse de Compensation

Posted in Dismal Economics, Flash News, Moroccan Politics & Economics, Morocco, Read & Heard by Zouhair ABH on February 20, 2012

Ce bref post en Français est motivé par le fait que ce gouvernement, et surtout la composante PJD, semble bénéficier (injustement) d’une certaine candeur de la part des médias spécialisés dans l’actualité économique, alors même que la compétence des départements ministériels à gérer les problèmes épineux relatifs à l’économie est peu discutée. De plus, l’incompétence ambiante sur les bancs de l’opposition (incompétence dans le sens d’un manque de hargne couplée à la maîtrise de la complexité d’investigation qu’est le travail parlementaire) fait qu’à chaque vote du Projet de Loi de Finances, les erreurs et autres politiques hasardeuses du gouvernement ne seront pas discutées sérieusement, ni exposées devant l’opinion publique – ajoutant à l’avantage indu dont jouit l’exécutif en l’institution qu’est le Ministère des Finances. Au contraire, on donnerait au PJD et au gouvernement l’opportunité de monopoliser le narratif et l’orienter vers les sujets confortable: lutte contre la corruption, politique de promotion de la “morale”, etc… afin de masquer ce qui apparaît comme un aveu de faiblesse à porter le fer là où il le faut: débusquer les rentes et les exemptions fiscales inéquitables (la somme des dépenses fiscales prévues pour 2012 atteint 33 Milliards, soit près des 3/4 du déficit actuel) réformer la compensation (près de 6% du PIB) pour la faire bénéficier à ses récipiendaires véritables, et enfin assainir le Budget Général.

*Shotgun* "KA-BOOM" (Photo: l'Economiste)

Le déficit prévu pour 2012 avoisine les 5.6% du PIB suivant le dernier bulletin de la Trésorerie Générale du Royaume, loin de la limite de 3% promise dans le programme électoral du parti de M. Benkirane.De plus, la dette publique suivant les projections d’emprunts et de service de dette pour l’année 2012 atteint les 54% du PIB; Et malgré tout, cet article sur l’Economiste semble traduire l’hésitation du porte-parole PJD sur les affaires économiques, Dr Najib Boulif, à réformer dans le fond la Caisse de Compensation; Autant cette hésitation est compréhensible, autant l’usage de statistiques effarantes est regrettable; pire, arguer du refus de baisser la charge de compensation des 45 Milliards (Décembre 2011) par un effet automatique sur les tensions inflationnistes, à hauteur de 5% – des 1.1% observés en début d’année 2012. Serait-ce un mensonge pour faire passer la couardise du gouvernement?

La citation rapportée par l’Economiste mentionne:

plusieurs options se présentent, dont certaines sont radicales, comme la suppression de la compensation et le passage à la vérité des prix». Immédiatement, les prix des produits subventionnés connaîtront une hausse brutale. Ainsi, la bouteille de gaz coûtera 142 DH au lieu de 40 actuellement, et le sucre 10,80 DH (au lieu de 5,80 DH). Cela devrait se traduire par une inflation de 5% et le glissement d’une grande partie de la classe moyenne vers la catégorie de la population vulnérable. Difficile de choisir cette orientation dans un contexte social tendu.

En gros, cela signifie que les prix de la bouteille de gaz et du paquet de sucre augmenteront respectivement de  255% et 86%, avec pour effet d’une augmentation brutale de l’inflation de 1.1% (Janvier 2012) à 5%.

Or l’étude du HCP menée auprès des ménages en 2001 puis en 2006 permet de mesurer plus ou moins précisément l’élasticité-prix par rapport à ces deux classes de revenus. Une fois le calcul effectué, l’application mise à disposition sur le site du HCP permet de calculer précisément l’impact direct de ces hausses sur l’IPC (le nouvel indice des prix qui a remplacé l’ancien ICV en 2006) Il faut noter néanmoins que le HCP ne publie que des données relatives à l’élasticité-revenu, d’où la nécessité de retraiter ces résultats pour avoir une approximation de l’élasticité prix.

Les coefficients d’élasticité synthétisent le comportement de consommation et déterminent la réaction de la demande d’un bien suite à toute modification du revenu et/ou des prix, et permettent par la suite de classer les biens et services en différentes catégories en fonction de la valeur de leurs élasticités.
Selon le niveau de l’élasticité-revenu, trois cas sont distingués :
▪ L’élasticité-revenu est supérieure à 1 : c’est le cas des biens de luxe dont la consommation varie à un rythme dépassant celui du revenu.
▪ L’élasticité-revenu est comprise entre 0 et 1 : c’est le cas des biens nécessaires dont la demande augmente à un rythme inférieur à celui du revenu.

(HCP – Elasticité Revenu des Ménages)

Les résultats sont comme suit:

Sucre: 0.54

Gaz (Chauffage, éclairage eau et dépenses d’énergie): 0.89

Nous constatons bien que ces deux biens sont nécessaires; Maintenant, considérons les coefficients budgétaires alloués à ces deux classes de produits; d’après la nomenclature adoptée pour le calcul de l’PIC, les dépenses moyennes de consommation en Sucre et Gaz sont représentent respectivement 1.6% et 5.7% de la dépense de consommation moyenne. Si l’on considère que ces dépenses sont autant de portions du revenu allouées, cela signifie qu’en 2011, un ménage moyen aura consommé en moyenne 69.000 dirhams, dont 1.100 dirhams pour le sucre et 3.900 pour le gaz et assimilés. Une augmentation des prix telle qu’indiquée dans l’article mentionné plus haut, et en prenant en considération les élasticités-revenus pour ces deux produits, un ménage rationnel augmentera le pourcentage alloué de sa consommation pour la maintenir à son niveau initial – une propriété motivée par l’élasticité historiquement constante entre l’évolution des prix et celle de la consommation des ménages; le résultat en est que pour un niveau de consommation équivalent, les pourcentages alloués seront désormais respectivement 2.34% (faisant passer le coefficient alimentaire de 39.3% à 40.5%) et 13%. Le résultat, suivant les calculs HCP, et une augmentation du taux d’inflation inférieure à ce qui est prévu, puisqu’elle passe de 1.1% telle qu’observée en Janvier 2012, à 0.9%.

Le fait est que les tensions inflationnistes sont à chercher autres part, dans la rubrique des “Autres Biens et Services”, Restaurants, Hôtels, etc. Mais le chiffre d’une inflation totale de 5% soutenue sur l’ensemble des 12 prochains mois est peu plausible, pas selon les statistiques officielles elles-même.

Moroccan Elections for the Clueless Vol.17

So after the released drafts, came the exhaustive manifestos, with their detailed -well, almost- figures on what these parties and coalitions have in store for the Moroccan electorate.

There is one sure thing: competing parties are more than eager to announce bombastic figures on spending commitments. It is not necessarily bad politics to play the “caring government” card, but unless the same numbers are buttressed with equally large projections of funding, then all these numbers are built out of thin air. The trouble is, it seems our political parties understood any precise proposals of tax increases could backfire, so they settle for vague pledges to close a loophole or institute a ‘special tax’ with no details of implementation or expected yield.

We shall have a look at the following economic manifestos: Alliance A8, PJD and USFP. These are the only ones with decent manifestos at the moment.

RNI Logo

MP Logo

Alliance for Democracy [pdf] : so far the most profligate competitors with an astounding 130Bn spending increases per annum, for those programs with announced funding, that is. Their pledge to increase Education expenditure up to 30% of Budget spending is a 53Bn joke. It is hard to argue such increase endangers public finances, but the evidence is there: most of the money goes into pay-wage, and still our teachers and professors are badly-paid, and the standards of education are a shambles. I suspect the increase in Education expenditure will take on more bureaucracy, and as they say, throwing money at problems will not solve them.

The Alliance also pledges to cut further Corporate taxes to 25% from the present 30%. It means the expected 41Bn receipts will dwindle by some 2 to 3Bn. The mixture in tax cuts and spending increases, accrued to the self-constrained pledge not to go beyond 50% debt to GDP ratio means means they are expecting to solely rely on tax increases to pay for their pledges, and at the same time increase payment to bring the ratio around their pledged target – a 20 Bn increase in debt service alone, not to mention restrain on borrowing requirements. The basic budget accounting shows their net spending increase is more in the region of 100Bn, as far as programs with indicative costing are concerned.  To stabilize deficit around 3%, the alliance will have to increase taxes to 80Bn. Spendings’ order of magnitude allows to gainsay the feasibility of their projected budgets, and thus sheds doubt over the supposed image of economic competence A8 leader and outgoing Finance Minister Salaheddine Mezouar is keen to push around.

PJD Logo

PJD Manifesto [pdf]: PJD has taken a very courageous -but ultimately unrealistic stand on halving unemployment 2 basis points to the region of 7%. This means they pledge to create 240,000 additional job on top of the economy’s regular job creation process.

The 3% deficit pledge is a constraint on PJD’s ambitious 77Bn package spending commitments; there are 57Bn in public investments they need to pay for (as part of their pledge to double public investment) they are basically stating the government will take over pension funds and spend around 15 to 24Bn in pensions.  A PJD-led government will have to levy 54 to 60Bn in taxes, as per their pledge not to exceed 3& budget deficit, and imposing 30% VAT on “luxury goods” is not going to make up for the required tax receipts.

These numbers do not account for other tax cuts they have promised in their manifesto, although it worth noting that any increase in spending needs to be matched with commensurate tax increase, unless PJD considers borrowing money domestically and abroad – a policy I would not trust they would carry out successfully: their manifesto points out domestic debt represents 55% of GDP (p.19 French language manifesto). Well, they have inflated (intentionally?) the number because it is actually total debt to GDP ratio; domestic ratio more around 38% (Bank Al Maghrib’s honour). They have fiddled figures so grossly, I really doubt they have what it takes to manage an economy.

USFP Logo

USFP Manifesto [doc]: they have adopted what could well be the best course for a party looking on its sunset, i.e. no figures, or if there were any of those, they would not be enough to make a decent policy out of it.

It is a bit disappointing from a political party with a pretty decent economic team: Lahbib Malki and Fatallah Oualalou are both economics professors and former ministers (respectively Education and Finances) they have had the support of younger economists, and USFP has enough resources to put together a decent manifesto with precise economic measures. I guess all of them, for all their mastery of economics, have difficulties with advanced statistics. It is as though the manifesto is just a catalogue, a wish-list:

“adopter un taux d’intérêt faible pour le démarrage durant les premières années d’exploitation
des projets des PME.”

Which means USFP flushes down the toilet two decades of Central Banking independence and deregulation it has advocated, and now pushes for outright government credit rationing (with all the entailed adverse selection issues), also :

“● adoption d’un impôt exceptionnel de solidarité afin de faire face au déficit social chronique et pour une meilleure équité et un rééquilibre social objectif et garant de la stabilité et de la cohésion sociales,
● allègement du fardeau fiscal sur les revenus des classes moyennes, en particulier les revenus professionnels, en révisant les tranches actuelles de l’impôt sur le revenu et en ajoutant de nouvelles tranches sur la base du principe d’une plus grande contribution des revenus élevés,
● élargissement de l’assiette fiscale afin d’inclure de manière progressive les activités agricoles des grandes exploitations destinées à l’exportation sans toucher les petits agriculteurs.”

All interesting pledges, but as far as precise policy objectives go, these commitments hold no credibility, especially when the same party failed to implement these policies when Fathallah Oualalou was Finances Minister from 1997 to 2007. Ten years to end the amnesty on Agricultural taxes, a decade to levy the wealth tax, plenty of time to reform fiscal receipts.

Unless Istiqlal chips in with similar spending pledges, the main political parties and coalitions are not producing realistic costing of their economic programs for the next 5 years. And it is also worth point out no one took the trouble to address the debt issue. Whatever coalition gets into office, they will certainly have to cancel most of their spending pledges and focus on debt reduction ,not because they want to, but because IMF will ask them to do so. Pressure them, really. It is both relieving and saddening to find the ultimate evidence that every single member of the political establishment, elected or not, partisan or administrative, have failed in terms of economic competence. Those in office are being economical with the truth, those in opposition fuelling desperate hope for change, and those really in charge for failing to be fiscally responsible.