The Moorish Wanderer

Qui “Sur-Performe”? Politiques ou Technocrates?

Un très récent papier de l’excellent Alan Blinder (et Mark Watson) sur les performances économiques des Etats-Unis sous les présidences respectives des Démocrates et Républicains depuis H. Truman n’a pas manqué d’exciter ma curiosité sur l’opportunité de se livrer à un exercice similaire: est-il possible de distinguer les caractéristiques propres aux différents chefs de l’exécutif depuis 1961 qui influent sur la croissance au Maroc? Bien sûr je ne serai pas capable de reproduire le niveau d’analyse de la référence, mais certains résultats sont assez intéressants pour lancer la discussion adaptée au contexte marocain: un politicien élu est-il capable de créer les bonnes conditions pour une croissance harmonieuse et une gestion exemplaire des finances publiques? et si c’est le cas, peut-il créer de meilleures conditions en comparaison avec un Premier Ministre technocrate?

14 Chefs de Gouvernements se sont depuis 1961, autant de politiciens que de technocrates.

14 Chefs de Gouvernements se sont depuis 1961, autant de politiciens que de technocrates.

Une première comparaison semble donner à priori donner un léger avantage à l’option technocratique: à croissance constante, l’inflation et le déficit budgétaire sont inférieurs, tout comme la création moyenne d’emplois est légèrement supérieure. Cependant, ils sont plus enclins à laisser la dette s’accroître, et la position extérieure du Maroc est légèrement moins bonne, et tout ceci en comparaison avec les performances de l’économie domestique sous un exécutif élu.

En quoi cet exercice peut-il être pertinent au contexte politique du Maroc? Il est vrai qu’avant Février 2011, il était admis que le PAM opérerait un contrôle complet sur l’appareil législatif et le gouvernement après les élections prévues en 2012. A côté, il y a eu (et il y a toujours) un argument admis au Maroc que les technocrates peuvent s’occuper mieux des affaires publiques du pays. Cet argument peut même être consciemment véhiculé par un politicien élu, comme M. Ahmed Réda Chami. Il est supposé qu’une petite équipe de dirigeants experts dans leurs domaines respectifs sont mieux à même de prendre les meilleures décisions pour l’avenir de notre pays, précisément parce qu’ils sont compétents, mais surtout parce qu’ils sont libres de toute attache partisane qui pourrait les contraindre à des décisions de court-terme ou biaisées en faveur d’intérêts factionnaires.

On peut aussi détailler les performances de sous-groupes particuliers, notamment si les partis de la Koutla, ou ceux qui étaient à l’opposition avant de devenir un parti de gouvernement

Indicateur Koutla Opposition Technocrate
PIB 4,45% 4,03% 4,31%
Inflation 2,11% 2,25% 3,57%
Dette 59,95% 65,00% 67,51%
Déficit -2,91% -4,27% -4,93%
Emplois 97 670 74 464 159 730

L’intérêt de cette décomposition additionnelle par étiquette partisane est de présenter un résultat qui contredit les résultats initiaux, qui semblent suggérer qu’un exécutif technocratique délivre, à croissance égale, un rythme supérieur de création d’emplois, un niveau de prix plus modéré, et un déficit budgétaire plus soutenable. Le tableau ci-dessus suggère que l’identité partisane  de l’exécutif compte beaucoup dans la différence de performances des indicateurs sélectionnés. Et en faisant le lien avec les graphes plus haut, on peut conclure que les partis non-Koutla (y compris le PJD) ont tendance à exhiber des résultats médiocres qui abaissent la moyenne ‘partisane’, particulièrement en matière de prudence budgétaire et du coût de la vie. Les résultats sont cependant consistants en création moyenne d’emplois, où les périodes sous exécutif technocrate produisent systématiquement une création supérieure d’emplois statistiquement significative en comparaison avec tous les types de politiciens.

Mais ces résultats restent toujours incomplets: qu’en est-il des effets, bénéfiques ou non, hérités par un type de gouvernement du précédent? Il est possible de soutenir que la transition d’un type d’exécutif à l’autre peut profiter ou pénaliser le nouveau Chef de l’Exécutif.

Indic. Tech à Pol Pol à Tech Moyenne
PIB 5,03% 4,25% 4,30%
Inflation 5,04% 3,76% 4,65%
Dette 53,28% 69,41% 62,96%
Déficits -5,07% -4,70% -5,76%
Emplois 131 296 167 349 149 610

En moyenne, un exécutif partisan qui succède à un Chef de Gouvernement technocrate hérite une croissance supérieure à la moyenne de 1961-2012, mais aussi d’une inflation plus élevée. On peut ainsi déduire que la création d’emplois qui à priori est plus importante sous un exécutif technocrate est héritée du prédécesseur politique, tout comme le déficit budgétaire modéré, mais aussi le taux d’endettement plus élevé dans un sens que dans un autre.

Ces résultats doivent cependant prendre en compte la contrainte de la conjoncture internationale: il est possible de soutenir qu’une conjoncture mondiale défavorable peut anéantir les efforts du Premier Ministre en poste, quelque soit son étiquette. En retenant deux indicateurs principaux (prix du Pétrole et des Phosphates) il s’avère que les probabilités de différences en variations de prix pour les deux matières premières sont largement négligeables pour exclure un quelconque effet exogène sur la performance de l’exécutif. On note cependant que les Premiers Ministres issus de la Koutla bénéficient d’un léger avantage sous la forme d’une moyenne inférieure de 4.5% en variation de prix du pétrole en comparaisons avec les autres Premiers Ministres politiques et technocrates.

Que peut-on alors conclure? Les politiques semblent bénéficier d’un avantage assez significatif pour les indicateurs bruts de performance économique, mais ce faisant, ils génèrent plus d’inflation et de déficit par le fait d’une politique probablement activiste. Les technocrates quant à eux se trouvent aux commandes de périodes économiques moins expansives, mais leurs résultats propres restent modestes en comparaison avec ceux produits par les politiciens lorsque la transition se fait dans le sens opposé. On note aussi qu’au sein même du pool des Chefs de l’Exécutif politiciens, les membres de la Koutla font mieux: une forte croissance est 60% plus probable sous un leadership Koutla, de même pour de bas niveaux d’inflation et de déficit budgétaire.

L’argument de la supériorité technocratique est donc sérieusement contesté, dans la mesure où rassembler la meilleur équipe d’experts ne produit pas forcément les meilleurs résultats, ni ne permet forcément de mettre l’économie sur les rails de la reprise. D’un autre côté, il est possible d’argumenter factuellement que la vénalité politique d’un Premier Ministre élu, autrement dit, sa dépendance d’une fragile coalition d’intérêts, le force éventuellement à faire des choix de compromis entre popularité instantanée, et l’espoir de se maintenir au pouvoir aux prochaines élections. Il semble ainsi que l’incitation d’instabilité électorale délivre de meilleurs résultats.

Pourquoi 2% d’Inflation?

Posted in Dismal Economics, Moroccan Politics & Economics, Morocco by Zouhair ABH on July 15, 2013

Quelques résultats assez significatifs dérivés à partir d’un modèle assez simple – complété par des données empiriques des agrégats d’intérêt, permettent de présenter quelques pistes d’explication sur les choix de la Banque Centrale par exemple, et probablement aussi les limites à d’autres choix d’autres institutions, qui sont plus discutables.

Agrégats d'intérêt: T1-1989 à T4-2012

Agrégats d’intérêt: T1-1989 à T2-2013

La première question est: d’où vient le fameux 2% d’inflation cible qui semble correspondre à une condition indispensable d’une croissance équilibrée de l’économie marocaine? La réponse est certainement plus compliquée que ce post peut présenter, mais des faits stylisés permettent de déterminer une sorte de règle qui permet d’anticiper l’évolution du comportement de la Banque Centrale. Je suis d’ailleurs convaincu qu’un équivalent local de la règle de Taylor existe, mais qui prend en compte d’autres paramètres qui gagneraient à être mis en valeur.

Je voudrais avant tout discuter un peu en détail la notion de règle dans le comportement de l’institution régulatrice (qu’elle soit Banque Centrale ou autre) dans les choix effectués qui affectent les décisions futures des autres agents économiques. Dans l’argument théorique présenté en faveur de l’adoption de règles de comportement de l’institution gouvernante, une régularité dans les décisions prises réduit l’incertitude impliquée par le futur, même si ces décisions publiques résultent d’un bien-être inférieur au résultat d’une politique plus activiste. Si cette dernière améliore le bien-être immédiat, elle détériore l’opinion que se font les autres agents économiques de l’institution régulatrice, et se mettent donc à échafauder des stratégies d’anticipation, lesquelles résultent d’un bien-être inférieur en moyenne, au résultat d’une politique systématique basée sur une règle crédible.

Cela ne semble pas être le cas pour la Banque Centrale. En supposant une règle r_t = \rho_r r_{t-1} + \rho_y y_{t-1}+\rho_\pi \pi_{t-1}+\epsilon_{rt} où les termes \rho dénotent d’élasticités du taux par rapport à l’agrégat d’intérêt. Plus le paramètre est important (tend vers 1) plus il dénote de l’importance accordée à celui-ci dans l’élaboration du taux d’intérêt. A l’opposé, une élasticité proche de zéro montre un désintérêt pour l’agrégat en question dans l’élaboration de cette règle.

paramètre valeur \sigma_j stat-t
\rho_r 0,6623 0 0
\rho_\pi 0,4365 0 0
\rho_y 0,0091 0 0
\epsilon_r 0,0177 0,0007 27,2245

On observe ainsi que sur la période considérée, la règle de politique monétaire a bien été orthodoxe: un effort important a été consenti pour lisser l’évolution du taux d’intérêt et de l’inflation – mais probablement pas pour les raisons qu’on attend d’un modèle standard. D’un autre côté, le faible niveau relatif de la volatilité dans \epsilon_r suggère que le modèle attribue une large partie (plus de 90%) des variations dans le taux d’intérêt retenu à une politique monétaire s’efforçant de stabiliser l’inflation provenant, notons-le, de chocs exogènes et d’offre.

Ce détail référant à la règle monétaire face aux chocs exogènes d’offre est à expliquer dans l’évolution de la réserve de devises ou du cour de pétrole. Il semblerait donc que la contrainte principale dans l’élaboration de la règle monétaire soit dictée plus par une aversion à tout choc négatif sur les réserves de change, que par une décision à la Taylor. C’est sur la base de ce résultat qu’on obtient donc un taux d’inflation proche des 2.13%. Cela ne signifie pas que lorsque l’inflation observée dépasse ce taux, Bank Al Maghrib augmente automatiquement ses taux directeurs: d’ailleurs, le tableau ci-dessus montre que les préférences de la banque centrale se prêtent plus à un management de lissage de leurs taux que par une adaptation automatique au taux d’inflation. Il est cependant clair que si l’inflation moyenne se maintient durablement bien au-delà de l’inflation-cible, le taux s’adaptera graduellement à la hausse.

Deux autres résultats du modèle lorsque alimenté par les données de la période 1989-2013 sont particulièrement intéressants à discuter: le modèle distingue deux autres types de chocs, l’un est attaché à la demande des ménages l’autre aux encaisses réelles.

La non-stationnarité autour de zéro des chocs de demande autres que de productivité dénotent d'une réponse à certaines incitations

On note: epsilon_a les chocs de demande, epsilon_e chocs monétaires, et epsilon_z chocs de productivité. La non-stationnarité autour de zéro des chocs autres que de productivité dénotent d’une réponse à certaines incitations/ politiques publiques.

la courbe en vert montre que si effectivement le choc de taux d’intérêt est lissé par la Banque Centrale, cette dernière a bien adopté une politique expansionniste en offrant des taux systématiquement inférieurs au niveau d’équilibre, et ce dès le début de 2002.

En l’état, un taux d’intérêt en dessous de son état stationnaire et un taux d’inflation cible aura tendance à développer des incitations dans la sélection du crédit, à mettre en conjonction avec d’autres incitations offertes. Que peut-on conclure lorsque près des deux-tiers de l’évolution mensuelle (depuis 2001) des crédits bancaires est portée par les crédits à l’immobilier?

Inflation and Household Consumption Distribution

Posted in Dismal Economics, Flash News, Moroccan Politics & Economics, Morocco by Zouhair ABH on December 5, 2012

In the fall of 1972 President Nixon announced that the rate of increase of inflation was decreasing. This was the first time a sitting president used the third derivative to advance his case for re-election.

Hugo Rossi

The premise of government fuel subsidies and other goods is to keep inflation low – more specifically, to keep prices low. This policy was sustainable as long as commodity prices were low enough, and they were, up to 2008, at levels manageable enough to avoid large price increases and preserve budgetary balances.

Junior minister Najib Boulif provided a figure of 5% inflation rate if the subsidies provided by the Compensation Fund were lifted overnight – a figure I still grapple with (how did he get 5%?) as it is far above the present level of inflation, as captured by the Consumer Price Index.

Since the new CPI designed by the Moroccan Bureau for Statistics HCP has been used in 2006 (effectively since 2008-2009) inflation has established itself around 1.9% on average – meaning weighted prices for some 387 products have increased each year by almost 2%. And there lies a fact many household might find it hard to understand: their perceived inflation seems higher. “I mean, look at the price of vegetables and bread!” And they are right. Prices of vegetables have increased 7.5% on average, bread and other wheat-based goods increased 3.1% each year – and have been more volatile than other components of the CPI aggregate. However, as mentioned before, the method weights up these goods as an aggregate, and so households will not experience the same CPI. Especially between the top and bottom households.

This is just simple math, the average ICV index is: \mathbb{E}(ICV)_{p,j}=\sum_{p=1}^{385}\mathbb{E}(W_{p,j})Q_{p,j} where \mathbb{E}(W_p) is the average weight for a particular good in all cities.

On the other hand, \mathbb{E}(ICV)_{d_i}=\sum_{p=1}^{385}W_{p,d_i}Q_p provides different weights for each decile (d_i) and these tell a different story. How come the national average weighting is so far off those of perhaps the majority of Moroccan households? It has a lot to do with consumption distribution: the top 10% concentrated a third of household final consumption, so their low marginal propensity of consumption pulls the average weight for food consumption down, further than, say, the median food consumption per household: the weighted average of food-related consumption is 40.6% (close enough to ICV’s allocated 39% to 41% to this consumption category) so it does put those with higher consumption levels relative to their income at a disadvantage. The median consumption on the other hand, is at 47% which would indeed put ICV a full percentage point above the present index.

Poorer households CPI is more sensible to

Poorer households CPI is more sensible to ICV-CPI

Poorer households tend to weight food and related items a lot more than affluent households, and thus the former tend to feel the sting of inflation more acutely: these household tend to spend a larger fraction of their income in food (almost 44% higher than the top decile) and are thus subject to a higher inflation.

The graph opposite shows Morocco’s CPI, ICV tends to underestimate price levels for the poorest household. No news there of course, but a simple analysis shows poorer households have an “ICV effect” 62% higher than the top income earners. So this is not just a matter of weighting averages per class products: the bottom 10% households spend 44% more on food than the top 10%, but they experience a 62% higher inflation factor.

In terms of inflation levels, the “poor inflation” establishes itself around 2.18% – versus a “rich inflation” of 1.4% – a difference of 18%, with a social loss weighting skewed toward the poorer: in essence, 63% of the resulting inflation is shouldered by the bottom 10%. (One could finesse the analysis a bit by including the remaining deciles, but the weight placed on households below the median will be larger still)

So not only the Compensation Fund benefits mainly those who do not need it, it even fails to protect those population from the effects of inflation. I also shows government transfers to businesses – not households directly- only distort needlessly market prices to the tune of 6% GDP worth of compensation cost.

Inflation And Unemployment Conundrum

Posted in Dismal Economics, Moroccan Politics & Economics, Morocco, Read & Heard by Zouhair ABH on June 26, 2012

As I was browsing through my bookmarks, I bumped into that blogpost on the Citizen’s Watchdog, on unemployment and growth in Morocco. Just as he rightly pointed out, growth does not generate employment in Morocco. Or, to be precise, there is no direct correlation between growth in output and unemployment. Because the causal effect has to be investigated beyond the regular correlation device at hand. My interest in this post extends a little beyond mere output growth and unemployment; it looks into the other ingredient in the mix: inflation. And if I may add a fourth component, expected volatility.

perhaps a more suitable arrangement of Okun’s law can shed better light on the unemployment in Morocco.

The standard Philips curve (with or without the NAIRU rate) nor Okun’s law apply in Morocco, at any point of history, that is. Remember that Morocco has come a long way in fighting inflation. The second graph shows a steady decline in 10 and 15-years average in CPI inflation, a year-to-year decrease of .3% since 1989. However, the other end of the bargain has not come out exactly the way policy-makers would hope it would: unemployment has not dropped until the late 1990s, and for all the straight growth figures since 1999, an average GDP growth of 4.3% resulted only in a cut of 4 points in unemployment, even as the size of the labour force increased only 1,7 Million over the last decade. This means the economy grows only so much to post vacancies to new labour force, and only marginal openings to on incumbent unemployed. Obviously, we should be expecting some comprehensive study from the Labour ministry, but as far as aggregate data shows, I would bet growth in Morocco creates enough jobs for the new labour force only, and higher levels of growth do not automatically expand to tap into the unemployed population. Besides, Bank Al Maghrib did not provide a clear evidence as to how Okun’s law can apply to Morocco: their 2009 annual report stated the obvious with  (statistically) insignificant regression line drawn through a cloud pairs of GDP growth and unemployment rate (p.47) On the other hand, when one looks at lagged aggregates and their historical volatilities, the picture becomes perhaps a little clearer.

I would however direct the reader’s attention to the more intricate relationship between output, inflation and unemployment: in fact, I contend it is wrong to compare a long-term aggregate variable -unemployment- to the more cyclical aggregates that are GDP and inflation. By now, we can safely assume much of Morocco’s unemployment is structural for many reasons, among others labour legislation and collective bargaining mechanism designs. Again, some study has to show if the unions are helping, or if workers are protected in their rights. So, annual unemployment rate should not be compared to annual CPI or growth: respective correlations over 1976-2010 are -.194 and -.079, too weak a result to tell any meaningful story. On the other hand, when annual unemployment is compared to say, the 10-year growth GDP, correlation is much strong (-.47) and equally the 15 years average CPI inflation observes tighter correlation with unemployment (.608) which tells a story: an effective policy designed to fight unemployment cannot expect to yield immediate results. In that the current government can be reasonably excused if they fail to cut unemployment to 7% by 2016 as they promised. On the other hand, a steady policy aimed at keeping both inflation and growth within the long-term figures do contribute more effectively seem to do better in bringing down unemployment.

The “Great Moderation” of the early 2000s shows a steady decline in unemployment, but at a lower rated compared to inflation and output volatility

In fact, two elements seem to display large correlations with unemployment: 3-years average output volatility and 15-years average inflation are both tightly linked to unemployment: lower medium-term output volatility and long-term inflation rate. The relationship is initially described in linear terms such u_t = \alpha.CPI_{15y} + \beta.\Delta_{3y_t} + \bar{u} + \epsilon_t where \alpha \in ]0,1[ is a weighting parameter for inflation on unemployment, and \beta the premium put on GDP volatility, and \bar{u} the NAIRU. At a 95% confidence, the formula above provides good indications the benefit of cutting GDP volatility: every 1% subtracted from GDP volatility with respect to the 3-year average yields a 2.01% decrease in unemployment. Admittedly, it is very hard to control GDP volatility over 3 years, but if the right policies are devised, a sustained decreasing output volatility all the way to 2016 can bring unemployment as low as 7.2%, and 6% by 2021, i.e. Morocco’s full employment. In that respect, it is not the level of output growth that matters, but rather how stable it is with respect to medium term targets. (incidentally, estimated values for \alpha and \beta are respectively .41 and 2.01 (The formula itself can be adapted to encompass target levels similar to the Taylor rule) (results are pretty much the same) but this is a body of evidence reliable enough to observe that stability in output and inflation, more than higher levels of growth can help to bring down unemployment. We thus consider more institutional arrangements to reduce volatility, chiefly by reducing uncertainty, which calls for large institutional transparency in setting official targets, for instance.

These computations suffer three major shortcomings: first, they do not account for all the cyclical fluctuations in the considered aggregates; because only annual data is available to me, the analysis undoubtedly misses out on quarterly fluctuations especially (perhaps primarily) on inflation. Second, the formula downplays a pretty significant correlation between long-term inflation and GDP volatility, which indicates some additional endogenous effects that remain to be capture in a more specific model; Third, employment dynamics are significantly different in the agricultural sector, which may value output stability differently.

These caveat however would not fundamentally contradict the initial assertion behind these figures: economic stability both in expected inflation and output serves Morocco better than high levels of growth.

When Fiscal Conservatism can Actually Do Better

Posted in Dismal Economics, Moroccan Politics & Economics, Morocco, Read & Heard by Zouhair ABH on March 11, 2012

The level of prices in Morocco is perhaps the most important economic issue that can rally Moroccans around; Debt doesn’t seem to matter much, nor does the deficit. Even taxes do not seem to matter much. Since no particular (and reliable) polls are being carried out, I take it media coverage of these issues speaks for itself: public opinion does not seem to care about public debt and deficit, and public policy ensures level of prices are low, a good indicator of how priorities are ranked with a relatively popular government: stabilize prices at all costs.

By now, the major aspects of the new 2012 Budget have been made public: a big push in social sectors, education, health, housing and industrial relations, not to mention the appropriation for the Compensation Fund – around 40 Billion dirhams, and the deficit does not seem to be a priority, the trade-off in public debt and fiscal receipts has been pretty clear and favour immediate stabilization. It seems to me – but I might be mistaken- there is no Budget Policy for the next 5 years, only a year-to-year management of public finances. Sure, CST funds and Budget-allocated Public investment do contribute one way or the other to some long-term vision, but I doubt the government has fully endorsed, or even grasped the implications of, the spirit of past investment plans, like Plan Maroc Vert, Haleutis or the High-Speed train.

BKAM Core inflation doesn't take into account some elements that might be blamed for a rise in inflation

Though the government has pledged to spend its way to stabilize prices, it seems they have already overlooked the impact of their policies on future inflation as well as on the prospects of growth itself. Inflation is going to be a problem later on, perhaps sooner than what they might expect; so far, latest reports on inflation (core and total) state the following:

Selon le Haut commissariat au plan (HCP), l’Indice des prix à la consommation (IPC) a enregistré une hausse mensuelle de 0,2% en janvier 2012, après le recul de 0,5% observé en décembre dernier. Cette évolution reflète principalement l’accroissement des prix des produits alimentaires volatils de 0,9% après les baisses successives enregistrées durant les trois mois précédents. La progression des prix de cette catégorie tient à celle des prix des volailles et lapin et des légumes frais de 1,3% et 2,1% respectivement, qui a plus que compensé la baisse des prix des poissons et des fruits. Pour leur part, les prix des produits réglementés ont connu une légère hausse de 0,1%. Abstraction faite des prix des produits volatils et de ceux réglementés, l’inflation sous-jacente de Bank Al-Maghrib (BAM) ressort en hausse de 0,1% après 0,2% le mois précédent.

En glissement annuel, l’inflation s’est établie à 0,9% en janvier, inchangée par rapport à décembre 2011. Cette évolution résulte essentiellement de la poursuite de la baisse des prix des produits alimentaires volatils (-1,3% au lieu de -1,4%). Pour sa part, l’inflation sous-jacente est ressortie à 1,6%, après 1,7% en décembre.

The efforts put in stabilizing prices have brought overall inflation down, it is effectively a deflation of sorts: food prices are notoriously volatile, and the methodology makes sure they are not taken into account in core inflation computation. Bank Al Maghrib puts the 2012 trend for core inflation at 1.6%; yet HCP projects:

Concernant l’évolution de l’inflation, l’accélération attendue de la demande intérieure, associée à la persistance de la hausse des prix à l’importation, exercerait, en dépit du niveau élevé des dépenses de compensation, une légère pression sur les prix intérieurs.

L’inflation, mesurée par le prix implicite du PIB, passerait de 1,6% en 2011 à 2,5% en 2012.

that is to say, GDP deflator will rise moderately above BKAM’s core inflation 2%, which will amount to the same thing, since the last decade observed a 1.9% average GDP Deflator inflation rate, and BKAM policy rates haven’t change significantly on that period, and were much more responsive to GDP deflator fluctuations than they have been to regular ICV/IPC inflation rate. And so by postponing inflation shocks with subsidies, the budget only makes it harder to sustain future, compounded inflationary pressures that will come mainly from the crowding-out effect.

Bank Al Maghrib has only two alternatives: either support government policy and intervene a lot more on monetary markets to supplement flailing M3 and make up for the effect of government bond issues on available liquidities: as of late February 2012, the amount of liquidities BKAM serves amounted on average to 29.75 Bn dirhams, up to 238Bn since January 2012. up from 67Bn served last year at the same time by the Central Bank, an average intervention of a little less of 10Bn.

BKAM is more responsive to Deflator than the regular ICV rate. (1998 does not take into account a 50bps hike in policy rates from 5% to 5.5% then back to 5%)

My point is, government expenditure to stabilize prices will backfire, and I argue the price to pay for an inflation freeze on food prices is not worth it, since it also takes deviates liquidities from potential growth, and it pressures the Central Bank in going in with a hike in interest rates to sustain its other equally important target: sustain the Dirham’s value and manage foreign currency reserves.

Since I am getting more and more alarmist about this whole business, how come no major rating agency has produced a document about it so far? How come S&P didn’t change its outlook on Morocco? Last time they published any Moroccan-related news was July 2011, and the Outlook was Stable – and thus unlikely to change. So from a financial standpoint, the debt is manageable, not because Morocco’s economic prospects are going to improve, but because as far as its capabilities to mobilize foreign resources go, Morocco can count on generous creditors. And there goes the historic lesson: Morocco got into trouble in the early 1980s because it has borrowed too much from abroad. Foreign debt now stands at around 20% GDP; perhaps that level is considered to be sustainable; as long as the dices roll, take your chances, domestic debt doesn’t matter, does it?

Why fiscal conservatism, then?

Well, why not? It’s all a matter of trade-off, that is, a political decision that favours delaying deficit reduction and bringing debt under control because it values immediate price stability. I guess a 40Bn expenditure in compensation fund that benefits at least 75% to the top 20% affluent households. A subsidy that is likely to worsen trade deficit and weaken the level of foreign reserves accordingly. It looks as though as long as Morocco is assured of generous foreign financing -from the Gulf or the EU- its public finances aren’t much of a problem. On the other hand, if the assumption the business cycle has reached its peak holds, then it is dangerous to pursue the foreign debt path; it looks as though Real Estate is likely to be the main growth booster, and foreign, ‘hot money’ inflows do not mix well with tangible asset acquisition.

Budget rebalancing means the following: yes, overall inflation will rise moderately within the 2% BKAM target rate, and probably so would unemployment, but not above the 9% limit; but capping PSBR and spending would allow available liquidities to be channelled into private expenditure, thus boosting economic growth. Simultaneously, fiscal policy has to be rebalanced in favour of less indirect taxes and broader tax base; this means many of the existing loopholes, temporary and permanent exemptions and moratorium would be closed or ended, or at least directed in favour of actual contributors to growth: small and innovative businesses, agricultural cooperatives, higher education and research. What this government is doing is basically the worse of two worlds: social spending with no immediate repercussions on growth (domestic expenditure has a lower contribution to growth when heavily subsidized, and improving the livelihoods of 400,000 public servants out of a workforce of 11,8 Million people isn’t really going to make it happen) rolling up large deficits and mounting debt that crowd out liquidities.