The Moorish Wanderer

Les Objectifs du Gouvernement Benkirane I

Posted in Dismal Economics, Moroccan Politics & Economics, Morocco, Read & Heard by Zouhair ABH on October 12, 2013

Toujours pas de réponse officielle à une question peu (ou pas) posée: maintenant que nous avons eu un nouveau remaniement ministériel, et au vu de la position de principe du RNI vis-à-vis du programme gouvernemental, l’arrivée d’un allié précédemment membre de l’Opposition parlementaire entraînerait-elle un amendement du programme gouvernemental?

Presque trois ans après sa formation, où en sont les objectifs inscrits dans ce programme? Les aspects particuliers m’intéressant étant:

(a) la croissance du PIB: réaliser un taux moyen de croissance de 5.5% du PIB.

(b) le déficit budgétaire (rapporté au PIB) ramené progressivement à 3% d’ici 2016.

(c) le taux de chômage: avec pour objectif de le ramener à 8% d’ici 2016.

(d) le taux d’analphabétisme ramené à 20% d’ici 2016.

Le dernier point est probablement le plus facile à atteindre, avec très probablement la réutilisation d’un objectif mentionné dans le Rapport du Cinquantenaire:

Par ailleurs, l’un des objectifs fixés par la Charte Nationale d’Education et de Formation est de réduire le taux d’analphabétisme à moins de 20 %, à l’horizon de 2010

Réajuster l’objectif 2010 pour en faire la cible de 2016 permet en effet de réaliser un taux d’analphabétisme de 20%, au vu de la tendance des années précédentes, encore que la probabilité d’y arriver pondère plus un résultat proche des 25%, mais le gouvernement Benkirane I pouvait bénéficier de l’opportunité de la réalisation très probable de cet objectif. A ce niveau cependant, une différence de quelques points de pourcentage compte peu; le lien entre taux d’analphabétisme et richesse par habitant est très ténu, et ce type d’objectifs n’a finalement qu’une fonction politicienne, un signal que l’autorité publique s’occupe des sections les plus défavorisées de la population. Preuve en est que des objectifs toujours ambitieux sont avancés pour éradiquer l’analphabétisme, sans cesse contredits par l’extrême lenteur du déclin de cet indicateur.

Le Taux de chômage est une autre variable qui interpelle l’observateur: le taux de 8% n’a jamais été atteint depuis 1978, et si la tendance actuelle (en tout cas depuis le début des années 2000) est au déclin du chômage, il y a suffisamment de preuves que cet objectif reste très optimiste. Un rapport produit en 2005 par le HCP se proposait d’établir trois scenarii pour l’économie marocaine, et dans le plus optimiste, un taux de croissance proche de 6% donnait un taux de chômage proche de 10%:

Le taux de chômage reste élevé au début de cette période (Scénario d’émergence) en raison, d’une part du rythme de la croissance économique encore modéré lors de la première phase, et d’autre part, du fait que les programmes de promotion de l’emploi, qui seraient adoptés, nécessitent une période relativement longue pour produire tous leurs effets. Néanmoins, le taux de chômage emprunterait une tendance à la baisse vers la fin de cette période pour se situer à moins de 10% en 2015.

Si ces projections optimistes renoncent de facto à une baisse rapide du taux de chômage sur la base d’une croissance extrêmement robuste, il est très peu probable qu’un environnement économique moins favorable (avec une croissance moyenne proche des 4.3% de PIB) non conditionné par des réformes institutionnelles sérieuses, puisse délivrer un taux de chômage proche des 8%, à moins de supposer un retrait progressif des demandeurs d’emploi de la population active. Dans les deux cas, il est illusoire de s’attacher exclusivement à cette statistique, alors qu’un autre indicateur de la vitalité de la force du travail, le taux d’occupation par exemple, dénote d’une situation inquiétante peu discutée.

La croissance prévue dans le plan gouvernemental est plus optimiste que celle prévue par le FMI.

La croissance prévue dans le plan gouvernemental est plus optimiste que celle du FMI.

Dans tous les cas, le Gouvernement Benkirane I aura hérité début  2012 d’un taux de chômage proche de 9.9%, et le quitte à 9.4% (les dernières statistiques disponibles au premier trimestre 2013) cependant, les projections de l’impact des récentes augmentations des prix d’hydrocarbures réduiraient d’un quart la tendance récente de diminution – figeant pour ainsi dire le déclin anticipé dans les statistiques du chômage.

Le taux de croissance du PIB projeté pour la période 2012-2016 est d’une nature plus immédiate, et donc plus malléable aux décisions du gouvernement du moment.

Les prévisions du FMI (pré et post-PLL) supposent une croissance moyenne du PIB aux alentours de 4.5%, en ligne avec les performances enregistrées durant la décennie passée, et beaucoup plus réaliste que la perspective de 5.5% qui semble se baser sur le scénario discuté dans le document HCP mentionné plus haut. Un scénario dit “d’ouverture maîtrisée et de l’émergence” alors même que les conditions implicites de cette croissance ne sont que très rarement réalisées.

A vrai dire, il est plus approprié de comparer la performance du gouvernement Benkirane I avec les résultats obtenus lors des gouvernements précédents – si effectivement 7 semestres semblent insuffisantes pour émettre un jugement quant à l’efficacité du programme économique, une comparaison avec d’autres gouvernements, aux durées de vies disparates, serait une option intéressante:

Croissance_Gouv

Si effectivement M. Benkirane ne figure pas parmi les Chefs de Gouvernement ayant présidé à une forte croissance (il est légèrement en dessous de la médiane) il bénéficie en tout cas de la stabilité du rythme de celle-ci, bien meilleur que MM. Jettou et Youssoufi, dont les mandats respectifs ont couvert une période de conjoncture relativement favorable.

Enfin, qu’en est-il de la promesse de ramener le déficit budgétaire en dessous des 3% de PIB? Cet objectif est d’abord lié à la croissance anticipé dans le plan gouvernemental; sur la base d’une croissance moyenne de 6% du PIB non agricole (l’agrégat fournissant l’assiette principale) converger vers cet objectif est relativement facile puisque la charge représentée par le déficit excessif diminue avec une création de richesse plus importante. Secundo, la question du déficit est conditionnée à moyen-terme par la maîtrise de la Caisse de Compensation.

Le retour progressif à 3% du déficit du PIB semble ainsi être basé sur un maintien de la charge de compensation, ceteris paribus, à moins de 4% du PIB (alors même que cette charge était proche de 6% en 2012) et surtout, une économie soutenue d’une moyenne de 5 Milliards de dirhams entre 2012 et 2016. Les résultats suivantes montrent que pour les deux années de son administration, Benkirane I n’a pas réussi à réaliser ses propres objectifs:

Mds de Dirhams 2011 2012 2013*
Compensation 41,079 55,956 51,060
Solde Ordinaire 6,223 -18,026 -24,335
Déficit -40,504 -62,133 -65,3355
(*) Données Disponibles Août 2013, Annualisées

L’objectif d’un retour à un déficit de 3% (incidemment, la moyenne enregistrée pour 1990-2009) est théoriquement lié à un plafonnement des dépenses de compensation, ainsi qu’une résorption du déficit. Il s’avère que pour la période 2012-2013, il y a eu détérioration du solde ordinaire, un indicateur préoccupant de l’état des finances publiques, ainsi qu’une augmentation (et non une diminution) de 4 Milliards, creusant le déficit au lieu de le réduire.

Cet exercice ne prétend pas fournir un bilan des actions du gouvernement Benkirane I. Il permet cependant de donner quelques éléments qui montrent d’abord que ces choix ont été soit sous-évalués (l’objectif d’éradication de l’analphabétisme) soit grossièrement sur-évalués (la croissance projetée pour 2012-2016) soit en échec alors même que ceux-ci sont supposés être les éléments les plus impopulaires (potentiellement) des choix publics. Dans tous les cas, il y a fort à parier qu’en 2016, les programmes électoraux des partis politiques seront tout aussi détachés de la réalité économique, autant que le “programme permanent” qui nous gouverne.

Mai 1963: Un Demi Siècle d’Élections Parlementaires

J’avoue, je confesse une obsession (saine) pour les statistiques des élections parlementaires du Maroc. Probablement parce que celles-ci sont si difficiles à compiler, mais peut-être aussi parce qu’elles semblent tellement mises en doute que tout usage cartésien serait immédiatement rejeté en faveur d’une analyse descriptive tout à fait recevable, mais monopolisant le discours analytique de notre histoire moderne. Il est probable aussi que nos politologues soient arithmophobes, mais enfin, il serait intéressant d’observer ce que le Maroc a produit comme paysage électoral au lendemain du 17 Mai 1963. Sur ce point, il convient de féliciter le doyen de nos parlementaires: M. Abdelouhed Radi a été élu la première fois en 1963, et semble être reconduit sans interruption jusqu’à la dernière élection, en 2011. Il n’a pas encore battu le record de longévité enregistré dans des pays à tradition plus démocratique dans l’histoire moderne, mais il sera sur la bonne voie d’y parvenir, s’il décide de se représenter en 2016.

Un contexte historique: le bras-de-fer engageant l’Istiqlal-UNFP contre le Palais et ses alliés lors de la campagne de référendum en Décembre 1962 s’est soldé par la victoire du dernier camp et la mise en place de la première constitution du Maroc moderne. Des élections parlementaires sont prévues pour obtenir la première chambre élue (remplaçant l’Assemblée Nationale Consultative) et confrontent le FDIC (Front de Défense des Institutions Constitutionnelles) aux candidats de l’Istiqlal et de l’UNFP, ainsi que des indépendants. le FDIC rassemble notamment le MP (Mouvement Populaire) le Parti de la Choura (pourtant parti du Mouvement National) et le Parti Socialiste Démocratique fondé par le conseiller et confident du Roi Hassan II, Ahmed Guédira. Sans prendre en considération la performance électorale des candidats indépendants, on se propose de mettre en relation le taux de participation avec la taille de la circonscription (représentée par le nombre d’électeurs inscrits)

--------------------------------------------------------------
    Variable |    model1          model2          model3      
-------------+------------------------------------------------
alpha1       |
       _cons | -.00003192*     -.14638065*                    
-------------+------------------------------------------------
alpha2       |
       _cons |  5.438e-10*                                    
-------------+------------------------------------------------
beta         |
       _cons |  1.1772032***    2.2407248***                  
-------------+------------------------------------------------
    enrolled |                                 -6.339e-06     
       _cons |                                  .92950935***  
-------------+------------------------------------------------
Statistics   |                                                
        r2_a |  .33139627       .27745393       .16886769     
          r2 |  .41005553       .31995664       .21775783     
--------------------------------------------------------------
                      legend: * p<0.05; ** p<0.01; *** p<0.001

Model3 est une simple régression linéaire du taux de participation sur la population enregistrée

tx participation = \alpha reg + \beta + \epsilon

Model2 est une régression log-linéaire similaire, sauf qu’il s’agit du log népérien de la population enregistrée

tx participation = \alpha \log(reg) + \beta + \epsilon

Model1 est une régression quadratique du taux de participation sur la population votante.

tx participation = \alpha_1 reg + \alpha_2 reg^2 + \epsilon

On pourra observer que l’estimation quadratique du taux de participation est la plus efficace, d’abord pour la solidité des résultats statistiques évoqués plus haut, mais surtout parce qu’elle donne une estimation précise de la vitesse à laquelle le taux de participation décline au fur et à mesure que le district/province augmente en taille d’électeurs enregistrés.

Probablement une coïncidence, mais les circonscriptions 'médianes' s'avèrent être celles de Tétouan, Nador & Taza, celles ayant le plus voté pour les indépendants

Probablement une coïncidence, mais les circonscriptions ‘médianes’ s’avèrent être celles de Tétouan, Nador & Taza, celles ayant le plus voté pour les indépendants

Il n’est d’ailleurs pas surprenant d’apprendre ainsi que les populations enregistrées sont les plus importantes dans les districts urbains, lesquels exhibent non seulement un taux de participation plus faible que la moyenne nationale, mais aussi avec des taux de rejet de bulletins plus élevés aussi (une explication offerte par Bernabé de Garçia étant la disponibilité de moyens couplé à la compétitivité plus élevée pour les sièges urbains) mais ceci n’est pas surprenant: ce qui l’est par contre, c’est la remarquable stabilité de cette relation entre taille de district et participation enregistrée. Une option offerte serait d’introduire la dimension du taux d’urbanisme par circonscription (lequel est proprement aléatoire à priori aux chances d’enregistrement des électeurs, mais lequel a un effet sur le taux de participation)

Ces résultats varient beaucoup des districts gagnés par les partis d’Opposition (Istiqlal + UNFP) et ceux de la coalition gouvernementale: les résultats présentés plus bas montrent peut-être une composition beaucoup plus hétérogène (et paradoxalement ayant une prétention plus robuste à être représentatif de l’électorat marocain) de la relation entre taux de participation et taille de circonscription (qui s’inversera au fur et à mesure que le paysage politique se fixera, y compris géographiquement)

Légende: FDIC (Jaune) UNFP (Mauve) Istiqlal (Rose) Indépendants (Vert)

Le découpage sur la carte électorale actuelle ne correspond pas exactement aux résultats circa 1963, mais la distribution des votes ne varie que marginalement.  Légende: FDIC (Jaune) UNFP (Mauve) Istiqlal (Rose) Indépendants (Vert)

Le lien que nous pouvons faire entre les élections en 1963 et celles contemporaines de 2011, et les futures consultations est direct: la démocratie représentative est un arbitrage constant entre l’existence de circonscriptions assez larges pour déjouer les stratégies de fraude de certains candidats, et la mesure exclusive qu’utilisent régime, participants et détracteurs pour jauger de la santé de cette démocratie représentative. De grandes circonscriptions résultent irrémédiablement de taux de participations décroissants.

D’un point de vue statistique, les résultats en 1963 montrent que l’électorat marocain était réellement politiquement divisé: certes, le FDIC aura réussi à contrôler 49% des sièges de la nouvelle chambre (et avec l’aide des 6 députés indépendants, la majorité absolue était acquise) mais la distribution des majorités parlementaires dans les différentes provinces reflète cette hypothèse de division: les majorités des candidats UNFP, Istiqlal et FDIC ne sont pas statistiquement significatives (respectivement 9.500, 8.650 et 10.400 voix) et quelque part le théorème de l’électeur médian se vérifie: réécrire l’histoire en allouant les 144 sièges hypothétiquement sur la base d’un scrutin majoritaire à un seul tour (un modèle britannique en définitive) donne une carte électorale beaucoup homogène mais certainement plus divisée que le résultat historique, d’où l’importance des circonscriptions votant pour les candidats indépendants, et leur localisation géographique:

Candidat Sièges
FDIC 44
PI 44
UNFP 42
Indépendants 14
Somme 144

Certes, n’importe quelle combinaison entre les partis majoritaires pouvait s’octroyer une majorité absolue (dans les 60%) mais on ne peut sous-estimer le rôle important que pourrait jouer le groupe indépendant comme équilibriste entre probablement une alliance UNFP-Istiqlal ou un gouvernement minoritaire FDIC soutenu par certains éléments Istiqlaliens. D’autant plus que le soutien pour les candidats indépendants était concentré au Nord (entre Taza et Tétouan) une région à l’histoire récente houleuse (par rapport à 1963) et un premier exemple des années de plomb à venir, sûrement.

Que peut-on donc conclure des résultats de Mai 1963? Probablement que le scrutin électoral en lui-même ne représentait rien, une triste constatation et prémonition de l’impotence de l’institution parlementaire marocaine. C’est vraiment une occasion manquée: malgré toutes les limitations constatées à l’époque le Maroc était presque équitablement partagé: le camp progressiste UNFPiste, les légalistes Istiqlaliens, et les monarchistes consolidés dans le FDIC. Nous aurions pu profiter de cette ligne claire de démarcation (représentée par le votant médian pour le candidat indépendant) pour introduire une réelle démocratie parlementaire. Le contexte de guerre froide, et peut-être la rupture de confiance irrévocable suite au décès de Mohamed V entre le mouvement national et la Monarchie, ont en décidé autrement.

Pour une lecture contemporaine des élections (et la source de certains résultats) l’Annuaire d’Afrique du Nord rapporte des éléments additionnels à considérer.

Résultats Statistiques:

    Variable |  Model_Oppo      Model_Govt  
-------------+--------------------------------
alpha1       |
       _cons |  .00006663      -.00005952     
-------------+--------------------------------
alpha2       |
       _cons | -1.029e-09       1.253e-09     
-------------+--------------------------------
constant     |
       _cons | -.33776981        1.354882**   
-------------+--------------------------------
Statistics   |                                
          r2 |  .12604783       .66791841     
        r2_a | -.09244021       .50187761     
----------------------------------------------
      legend: * p<0.05; ** p<0.01; *** p<0.001

Wandering Thoughts Vol.7

Posted in Ancient Times, Happy Times, Flash News, Morocco, Read & Heard, The Wanderer by Zouhair ABH on February 15, 2011

I do beseech the reader to allow for a self-indulgent post. Nothing peculiar, just a post that would not try to consider its subject to be serious, nor would it adopt a serious, formal tone. To my horror and surprise -not that much, though I suppose I can be allowed a bit of dramatization- that I can sometimes be pompous, if not entirely bombastic (pedant, was the word a young lady liked to use in describing my prose) and in any case tedious and sometimes esoteric.

Well, I suppose I am. I should perhaps confess a 180° about-face on many issues. First, this ‘dividing line’ about liberals and radicals. It seems to me that, as far as Morocco is concerned, the line is blurry, non-existent, almost. In these troubled time (another related thing upon which I might be digressive) even radical proposals, such as a constitutional convention -something I believe to be premature, even on a long-term time scale- look benign now.

Kalâat Megouna? Tazmamart? Moi?

I mean, one has only to look at the changes Morocco underwent in the 1990’s, when the late Hassan II moved from ‘Kalâat Magouna? It’s the capital of roses, dear lady‘ -a flat denial of the existence of hell-holes like Tazmamart to ‘that shows that if Morocco made mistakes in the past, it is willing to address them, and more importantly, not to repeat them ever again‘, an implicit recognition of ‘human rights abuses’ to put it euphemistically. And whatever -well-founded- criticism international NGOs made on Morocco’s records on human rights, the overall geopolitical changes, i.e. the end of the cold war and the shifting behaviour of western powers over ‘friendly’ dictatorships, compelled the late king into taking steps, the least of which was trying to make some efforts to improve the country’s image in terms of human rights (particularly the pardon to exiles in France and elsewhere), and one can even find commentators to claim that human rights and political freedom were at a better level in the late 1990’s than the late 2000’s.

This got me thinking: is it that much of a sign of weakness, from the top brass to start shuffling the government, the constitution, the economic structure, in short, the lot? Does it sound like panic? I mean, what sort of risks do they run through? I don’t know. There goes the other U-turn: I used to consider the Royal Cabinet -I don’t know why precisely this institution. Perhaps because it wields much more power than does the government- I used to consider it to be the symbol of absolutism. Now, I surprise myself into thinking: ‘how do they take their decision?’. Well, the premise of such seemingly foolish question is logical: they swept clean the Grandes Ecoles looking for new talents, so they are bound to be very rational, very thorough in their decision-making process. So, when all options are emptied, when all issues are discussed, dealt with, rationalized, there remains the only relevant question: “how do they take their decisions?”.

Sorry, I forget myself. Drifting in politics when I promised I should keep it ‘superficial’. What would I be posting about then? I do apologise for the digression, something that would perhaps explain why the feedbacks I got were generally pointing how utterly out of touch I can be in my postings. That is true, and it is multifarious: First, and I think I mentioned it before, there are very few things I care about, setting aside economics and Moroccan politics. I mean the only thing related to the Arab World I ever got close to get involved with was Colonel Lawrence Of Arabia’s wonderful book ‘The 7 Pillars of Wisdom‘, or perhaps a propaganda book I bought not so long ago about Gamal Abdelnasser.

T.E. Lawrence.

Other than that, I have to confess how shockingly disinterested in the recent events in Tunisia or Egypt, or even Algeria, I have felt. I am becoming even increasingly sceptical that the planned demonstrations on February 20th would not really help tip the balance toward more democracy and more equitable redistribution of wealth. That, of course, remains a subjective opinion (sorry for the pleonasm) and as the late Hassan II once said, as such it is not subject to criticism.

Second, when one is out of the country, one tends to be out of touch, not of the course of events -I claim I am more informed than many of my acquaintances back home- but in the little details, what pollsters sometimes fail to grasp; Something quite subjective, fainting, something that only instincts can get. And instincts feed on field experience that requires physical presence. Again, I don’t claim to have toured the country and thus know what every denizen of every god-forsaken spot in Morocco thinks about the constitution, the level of prices or the distribution of income, but living among fellow Moroccans, in a Moroccan context confers a great deal of information that can be captured as ‘the mood’.

So yes, I have to admit my utter failure in meeting the criterion Gramsci set for the organic intellectual. Hell I might as well forfeit my status as a intellectual (I am clearly not doing much thinking, you know). The blame is not entirely mine, though my guilt is substantial.

Perhaps it is a growing exasperation with a political system so senile, so concentrated, so hermetic to outsiders that whatever ambition I was grooming for a potential career have been gradually wiped out to be the shattered boy-dreams of a caustic wannabe policy specialist. End of story, the final act of the burning vision of a holy city.

On the virtual front however, the seeds of civil war have been sown: the anti-February 20th are stock raving mad against what they hold as the ‘enemies within’ or even worse, as an insidious ‘fifth column’. At this very day, I still do not understand why our valiant nationalists cannot accept the fundamental centrepiece of this democracy they are so keen on flogging as the main feature of the ‘Moroccan exception’: in a democratic society, there arise, almost inevitably contradictory opinions. It’s called diversity. On the other hand, trying to stifle opinions that do not ring harmoniously with the doxa, or what is hold to be common sense looks, sounds and feels like dictatorial behaviour, worse, self-enforcement of intellectual terrorism, the means of which are all too familiar and reminiscent of earlier, darker era: the would-be demonstrators are thugs, spies, professional activists and traitors. denigrating dissidence is not democratic, for those claiming that we are such democracy.

What is to be made out of this February 20th business? Overall, the claims are reasonable, in the sense that even some mainstream political parties took the same view -albeit some decades ago-. In fact, save for the minimum wage and the recruitment of unemployed graduates, I wholeheartedly agree with the need for a genuine democratic constitution, an independent judiciary and the rest. I disagree with tenants that such demonstration is not likely to change things. In fact, it shows how ignorant one might be of how the regime (these individuals are Makhzen-deniers) behaves: the top brass are scared witless of any infilat, any large scale riots not for fear for public safety, but because it hurts the PR image our leaders so carefully try to build.

Let me put to the reader this question: what makes a political power’s strength? What makes Al Adl or a couple of decades ago the CDT and USFP so powerful? Simply their ability to get people in the streets. In the perpetual muscle flexing and balance of power between dissidence and the Makhzen, those able to convince large numbers of citizens to demonstrate are considered with caution. Our policy makers would do their best to denigrate first, suppress the ringleaders second, then try to bribe and adulterate these social and political movement. Because the 20Feb movement is not structured as other past movement, only the figureheads are demeaned -through abject means- so as to destabilize and de-legitimize the demonstrations. Everything is done so as to monopolize all opportunities, all legitimacies, as J. Waterbury once stated: ‘It alone claimed to be something of an institution, and it alone combined the elements of […] legitimacy and the rudiments of an administrative and military apparatus

I need however to stress my own scepticism on the outcome. While the imminent showdown might -just might- compel the regime into making concessions on the institutional front, I’m afraid it is going to do its best to defuse it by promising the immediate measures that would pull the movement apart: jobs for the unemployed graduates (who usually abandon every bit of militancy and activism when they get recruited) or by promising subsidies for essential goods. I’m afraid that the demonstrators on February 20th would not be large enough, or geographically diverse enough to be considered a nation-wide. but as the saying goes: “بيناتكم آبضاوى”

I remember a tweet-discussion with our valiant MBA-winner (a feat on which I did not have the opportunity to congratulate him) on the existence -or not- of the Makhzen institution. I put to him, and to those who deny its existence, this paper by John Waterbury, so they can try and find the many occurrences of surviving patterns of behaviour.

Oh, and I reiterate my welcoming of any debate on whether Morocco is going the right path, or whether there’s still a Makhzen dominating the country. Debate anyone?

Founding Myths and the Green March

Posted in Flash News, Moroccan ‘Current’ News, Moroccanology, Morocco by Zouhair ABH on November 6, 2010

That’s today apparently. the Green March I mean. As I am writing those lines, I am awaiting by the speech His Majesty the King delivers on that occasion. Awaiting because of the recent troubles down under, at Agdayme Izik near Laayoune in the Sahara.

Dissidents' camps (source: Le Soir-Echos)

These protesters camped up in hundreds and thousands (15.000-20.000 following various sources), apparently expressing their ras-le-bol of a situation that is, to put it euphemistically, delicate.  Will he mention this formidable show of force? Threaten or Assure the dissident masses?

The reason why I wrote this post is not the Green March anniversary itself. I have been baffled by the sheer alacrity a colleague blogger displayed on celebrating the Green March (on Tweeter that is. He did not have the wit to write something up about this glorious second ملحمة الملك و الشعب). Now I am no iconoclast, in the sense that I believe every state-nation, real or artificial, needs founding myths. And Morocco is no exception to that. I am just surprised that someone like him, so well-taught and of such keen insight could be so blatantly blinded by mere propaganda. Why would I then demur the Green March as a founding myth? In broad terms, because it is the founding myth of one side in the Moroccan political spectrum, i.e. the monarchy. We live in interesting times, where one is required to be a patriot, though prevented from lifting the veil off some unpleasant truths. So to the benefit of the one watching us, I would like to remind him of some facts about the Sahara case. what is the fuss about the Green March? I mean any sane individual would note that Morocco got its independence out of France and Spain like a mortgage payment: French zone first, Northern Spanish zone afterwards, then bits and chunks until late 1960’s, when it was sort of frozen up until early 1970’s, when late king Hassan II got things heated up in Morocco to finally reach its apex with November 6th, 1975. Oh, another thing that bemuses me, Rio de Oro and Mauritania. How come a territory that was Mauritanian, and accepted as such by Moroccan authorities (as part of the signed tripartite treaty signed November 1975) was swiftly claimed as own after they pulled out of the Desert war? And how come the Monarchy toned down so vividly the claims on Mauritania itself? My claim is, the Green March, and beyond that, the Sahara issue was means to an end. It was a nationalistic move to overcome the increasing remoteness the monarchy was in. It succeeded in gathering popular support as well as extracting a nation-wide consensus from political parties; Nonetheless, and it is certainly not out of malicious thought, one cannot standby idly looking on a propaganda piece -a successful one, not because it is so, but because generations of Moroccans believe in it.

The Green March walkers, holding flags and portaits of King Hassan II, November 1956

To be sure, the sight of 350.000 peaceful demonstrators hurdling towards the border is chilling to say the least. The vermilion forest of national flags and the remarkable devotion of the walkers boosts up one’s nationalist pride (yes, even the radical crypto-communist nihilist has nationalist feelings). The Green March hymn burnishes the whole thing up. But it eludes an array of facts that are either ill-known to the general public -and it seems, to some of the would be elite- or just belittled because they do not fit their respective weltschaaung. Why, the mere fact that the same monarchy prevented -indirectly of course, and for matters of internal politics- some patriots from defeating the French-Spanish occupation of the Sahara and restoring it back to the Moroccan rule should refrain one from being ecstatic about the Green March; It was no a matter of gaining back our rightful soil, merely a short-term political move that developed into a matter of legitimacy.

Morocco gained formally its independence March 2nd, 1956 following the Saint-Cloud Treaty undoing the Fès treaty -thus effectively ending the French protectorate- (another myth was to promote November 18th as independence day, the day Sultan Mohammed V went back from his exile, while Morocco was still under French and Spanish rule). the Northern zone was retro-ceded to the newly independent Morocco in April 1956. Nothing was said about the Spanish Western Sahara that the Moroccan nationalists -not the monarchy- were claiming as part of Morocco; Indeed the monarchy was much suspicious in its own discretion during this period. Truth of the matter is, it was busy strengthening its hold on power, especially the crown-prince, to the expenses of the other major political players. If it so sordid politics, why an overwhelming majority of Moroccans still identify more closely with the Sahara issue than any other issue, seemingly closer to their common, everyday shores: consumer prices, and level of wages for instance? I would like to venture some explanation by taking a leaf out of “Psychologie des Foules” by a 19th century right-wing positivist Gustave Le Bon. The whole idea of using signs and symbols that are sympathetic to the masses, or in an almost bawdy way, to their instincts is well described in his book: “La foule, jouet de tous les stimulants extérieurs, en reflète les incessantes variations. Elle est donc esclave des impulsions reçues. […] On peut physiologiquement définir ce phénomène en disant que l’individu isolé possède l’aptitude à dominer ses réflexes, alors que la foule en est dépourvue.” I wouldn’t go as far as describing the whole propaganda behind the Green March as one of Pavlovian inspiration, but when one looks at the cornucopia of flags, korans, portraits of the king, and the enthusiastic tune -the famous نداء الحسن– are close to external stimulii. That was in 1975. From that year onward, TV, education, books, newspapers, all possible means of communication have been more or less explicitly marshalled into supporting the cause, effectively waving the patriotic flag whenever internal difficulties arise.

Far from me denigrating the founding myth the Green March became over the years (do I sound like I am?) my point is, the motivation behind it, namely the peaceful demotic demonstration fro bringing back the Sahara to the Morocco has not been motivated by selfless, patriotic means to a rightful end. It is the starting point of a purely political gambling, and the denouement of a hypocritical policy the monarchy followed since the days of independence. How could one be uncompromising about Moroccan Sahara, while they were in the past silent about it, or about the Mauritanian claim too? And why prevent equally if not even more fiercely patriotic people from taking it away militarily -with greater glory no doubt- when they had the means, the motives and good likelihood to achieve it. It is, quite simply, a call for sanity: cheer the green march as you want, cherish it as a founding moment of Moroccan pride and history. Don’t spoil it by ignoring its political backdrops and the hidden conflict for influence that laid behind it. If there’s one thing that can advance the cause, it is surely, for the Moroccan regime, to recognize its past lapses, and be open about it to the widest extent possible. Can one presume things will be dealt with in a reasonable and a grown-up manner? thank you.

Let me go gooey and optimistic a moment: an autonomous republic within a federal monarchy is just as fine a settlement solution as another. One could even think of the Polisario as some sort of regionalist party that would compete for the regional parliament just like federal-wide parties. This supposes that their hard-line people would come to terms (Morocco does not have hard-line people, ony warring tribal interests), that the corrupted officials from one side of the defence wall and the other are routed out, that Morocco delivered a clean bill of health on its constitutional reforms, and finally that the Algerian officials chose to focus on their home issues more courageously.