The Moorish Wanderer

La CMR… Par répartition

Posted in Dismal Economics, Flash News, Morocco by Zouhair ABH on January 12, 2013

On me signale que je me suis trompé sur le système de retraites de la CMR, qui adopte un mode de répartition pour les prestations versées, et place l’excédent ensuite. Je remercie la lectrice vigilante qui m’a fait la remarque. Mes excuses aux lecteurs pour ma confusion inacceptable dans la lecture du rapport d’activité du CMR.

Cela me donne l’opportunité de reprendre la formule d’équilibre du système, lequel est indépendant du taux de rendement de placements, le prélèvement fixe étant discrétionnaire, et donc:

(1+n_{T-1})\pi_T=\sum\limits_{t=1}^ {T}\tau_{i,t} w_t (1+n_t)

Le déséquilibre actuel étant partiellement ajusté par une augmentation du nombre d’annuités obligatoires (donc une augmentation de T) donc un relèvement de l’âge de départ à la retraite. D’autres mesures étaient possibles (et seraient peut-être à l’étude) dont la réduction des pensions (par une formule de moyenne pondérée de l’ensemble des traitements reçus par le bénéficiaire, au lieu d’une formule ne prenant en compte que les derniers virements, notoirement favorable aux retraités) ou l’augmentation des contributions.  On peut aussi supposer que les revenus des fonctionnaires augmenteraient par une hausse de la productivité, mais cela est peut-être relève de l’utopie.

Ce qui change dans mon argumentation dans le poste précédent est donc de préconiser un basculement vers un système de capitalisation, où la CMR collecte les fonds de ses cotisants et les place tous pour un rendement au moins égal à \dfrac{1+n_T}{1+n_{T-1}}+\delta soit le taux de remplacement des cohortes démographiques parmi les cotisants et les bénéficiaires, un taux brut (comprenant donc aussi la dépréciation annuelle du capital physique)

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La Caisse de Retraite – Un Problème en Trompe-l’œil?

Posted in Dismal Economics, Flash News, Moroccan Politics & Economics, Morocco, Read & Heard by Zouhair ABH on January 11, 2013

Marrant. Le Maroc est tellement développé qu’il expérimente des problèmes du premier monde, avec une caisse de retraite en déficit. Le problème est réel, mais il sert paradoxalement de cache-misère à d’autres problèmes plus fondamentaux, et la solution officiellement adoptée -celle d’une augmentation de l’âge de départ à la retraite- est perverse: elle est certainement inéluctable pour sauver la caisse du déficit immédiat, mais elle ne permet pas de résoudre les autres problèmes structurels, et sur le long terme, elle aura tendance à plomber et le marché du travail, et la viabilité même du système de retraites dans le secteur privé.

Quatre aspects principaux déterminent en général le système d’une caisse de retraite:

1/ Le nombre d’inscrits à la caisse de retraite, ou pour être précis, le pourcentage de la population active occupée cotisant pour leurs retraites. Dans le cas de la CMR, ce genre de problème ne se pose pas.

2/ Financement de la caisse de retraite, par répartition ou capitalisation.

3/ durée de cotisation (le nombre d’annuités minimum pour avoir droit à une pension de plein droit) et donc l’âge de départ à la retraite.

4/ le montant des prélèvements servant au financement des pensions, soit immédiatement, soit en valeur future.

Quelques chiffres d’abord sur le nombre de cotisants à la Caisse Marocaine de Retraites: d’après le rapport d’activité pour 2011, il y aurait un peu moins de 630.000 cotisants, dont une très grande majorité dépendant des administrations centrales. On comprend d’avance pourquoi la caisse ne peut pas faire face indéfiniment aux pensions exigées pour les nouveaux retraités, considérant les traitements médians ou moyens dans la fonction publique.

Pour replacer ce chiffre dans son contexte (et répondre au premier point) pour l’année correspondante, la population active représente 11.63 Millions d’individus, dont un peu moins de la moitié est occupée, soit 5.7 Millions. D’un autre côté, ces cotisants servent à financer (directement ou non) les pensions de près de 250.000 pensionnaires et/ou ayant droits.  Comme le note le rapport d’activité le rapport cotisant/bénéficiaire est dans une tendance baissière séculaire, qui se maintient donc en moyenne à 2.5 cotisants pour un bénéficiaire/ayant droit.

Il semblerait aussi que le mode de financement adopté par la CMR privilégie la capitalisation, ce qui devait au moins pérenniser le système sans forcément relever l’âge de départ. Cependant, et malgré le fait que le rapport annuel le note avec satisfaction, le rendement des placements CMR sont à peine supérieur au rendement réputé sans risque de la dette publique à long terme:

… Quant au taux de rendement moyen des placements, il ressort cette année à 4,6% dépassant la moyenne des rendements d’un bon du Trésor à 15 ans observée sur le marché secondaire entre 2008 et 2010, soit 4,46% (vs 3,86% si l’on considère le rendement de la même maturité sur le primaire).

dans le système de mode par capitalisation, il y a une formule relativement simple à prendre en considération:

(1+n_{t-1})\pi_t=\sigma(r_t)w_t(1+n_t)

où les pensions versées à la population retraitée (\pi_t) doivent être financées par un prélèvement sur les salaires des actifs, en fonction du rendement des placements de ces cotisations (\sigma(r_t)) on ne voit pas l’effet de l’augmentation de l’âge de retraite, la formule devient un peu plus compliquée, puisque les cohortes n_t n_{t-1} seront exprimées en sommes d’années de services, les autres termes (pension, rendement et prélèvement) étant indépendants de l’âge minimum et/ou la durée de cotisation.

D’un autre côté, la formule permet de déterminer les autres paramètres du système de retraite à réformer: je faisais tout à l’heure mention du rendement relativement bas des placements CMR. L’aversion au risque présentée par le portefeuille des cotisations investies est compréhensible, mais enfin un rendement de 4.6% (en moyenne aux alentours de 5%) sans risque ne prend pas en compte l’évolution du rapport cotisants/bénéficiaires, surtout lorsqu’on observe la structure démographique de la fonction publique, dont 62% des fonctionnaires ont un nombre d’années de services avant la retraite inférieur ou égal à la maturité mentionnée dans le rapport (15 ans, soit les fonctionnaires âgés de 41 ans et plus) dans ce contexte, on sait que pour les prochaines années, la formule devient:

\pi_t=\sigma(r_t)w_t\dfrac{1+n_t}{1+n_{t-1}} pour \dfrac{1+n_t}{1+n_{t-1}} \leq 1

Pour résumer, la CMR dispose d’instruments autrement plus efficaces (et équitables, à mon sens) pour maintenir son équilibre. Ce qui semble étrange, c’est que ce genre de problème structurel est anticipé facilement, ce n’est pas un ‘Cygne Noir’.

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