The Moorish Wanderer

L’Equilibre de Chabat

Les petites guéguerres de coalition ne sont pas, pour une fois, une exception marocaine: le gouvernement britannique actuel trahit souvent l’inconfort des Libéraux-Démocrates et des Conservateurs à cohabiter, mais malgré tout leur majorité parlementaire continue à voter sa confiance, probablement jusqu’à la prochaine élection en 2015.

Au Maroc, le brouillard de guerre, propre à nos interactions politiques, transmet à l’observateur, même averti, une image d’instabilité permanente, surtout dans la relation à priori conflictuelle entre le Secrétaire Général du Parti de l’Istiqlal, Hamid Chabat, et le leader du PJD et Chef du Gouvernement, Abdelilah Benkirane.  Pourtant, il y a moyen de prouver que ni l’un, ni l’autre n’ont intérêt à pousser cette confrontation jusqu’au bout. Ce qui suit suppose que les deux politiciens sont über-rationnels, une hypothèse qui a prouvé être solide, au moins une fois.

Je reprends dans ce petit tableau ce que seraient les résultats de deux stratégies simples pour Chabat et Benkirane. Coopérer ou Non Coopérer.

Chabat
Benkirane Coopère Non-Coopère
Coopère C,D 0,A
Non-Coopère 0,0 -15,-A

Les valeurs a,c,d sont strictement positives, avec a>d (l’Istiqlal étant en position de force lorsque Benkirane concède sans coopération réciproque de la part de Chabat) Je reviendrais sur la valeur de -15 tout à l’heure. La stratégie d’équilibre est donc pour Benkirane et Chabat est pour Benkirane de “céder”, c’est-à-dire le couple (Benkirane Coopère, Chabat ne Coopère pas). C’est un équilibre car ni l’un, ni l’autre n’aura intérêt à en dévier.

C’est une mauvaise nouvelle en somme pour le PJD car les perspectives de gains sont asymétriques, comme on peut le constater dans les couples (0,0) et (0,A); l’Istiqlal n’est pas perdant lorsque il cède face à un PJD intransigeant, et il gagne plus que lorsque les rôles sont inversés. Cela ne signifie pas que M. Chabat peut dicter impunément les règles de négociation, mais des deux joueurs, il est le plus à même d’avoir une espérance de gain nul ou légèrement positif: certes, une sortie en opposition signifie perdre l’accès à différents postes lucratifs à distribuer à ses alliés (et rivaux potentiels) mais d’un autre côté, le gain attendu d’une renégociation de la distribution des maroquins ministériels est au moins égal ou supérieur aux pertes potentielles.

Le calcul n’est pas symétrique pour le Chef du Gouvernement, car s’il obtient effectivement plus de postes ministériels à distribuer, il a besoin de compléter la perte des sièges Istiqlaliens dans la chambre des représentants, et donc de trouver entre 15 et 31 sièges, selon le comportement des parlementaires individuels: sur les 305 sièges, 16 sont occupés par des petits partis, lesquels peuvent simplement s’abstenir (ils sont au fond indifférents à faire tomber un gouvernement ou à le maintenir) d’où le choix du gain négatif pour le PJD lorsque celui-ci et le PI ne coopèrent pas.

On peut pousser cette analyse un peu plus loin: l’utilité du PJD découle d’un équilibrage entre perdre des sièges parlementaires, et perdre des maroquins ministériels.

U(x,y,p)=f(p\sqrt{x-15} + (1-p) \ln(33-y))

versus une neutralité fixe autour des valeurs particulières:

f(p16 + (1-p)6)

Deux aspects particuliers devraient être considérés: premièrement, la valeur de ces pondérations, et en second, le degré d’aversion au risque pour M. Benkirane face à cette incertitude; Car incertitude il y a: une fois la rupture avec l’Istiqlal consommée, le Chef du Gouvernement sera obligé de chercher à minimiser l’écart de majorité parlementaire dans les 15 sièges manquants – et donc à ne pas remplacer l’Istiqlal- ou de réduire le nombre de maroquins dont il dispose (ou ceux des alliés demeurés fidèles) au profit du nouvel allié (USFP, RNI, UC par leurs tailles respectives, le PAM étant en froid officiel avec le parti dominant)

U_Averse

Le graphe reprend donc un équilibre pour deux cas de figures: l’intersection des deux courbes correspond au cas où la fonction d’aversion au risque croise la courbe actuelle, et donne la valeur de la pondération ‘optimale’. Je me rends compte que je viens de compliquer excessivement un simple constat. Pour un même niveau d’utilité, plus M. Benkirane est averse au risque, plus il préfèrera négocier avec M. Chabat, ou de trouver rapidement un remplaçant ayant 30 sièges et plus. L’équilibre pour une fonction raisonnablement concave (traduisant une faible aversion au risque) se situent donc à  .55 – donc marginalement plus enclin à protéger sa prédominance en majorité parlementaire, même au prix d’une sortie de l’Istiqlal, plutôt que de céder et redistribuer les maroquins. Les valeurs sur l’axe des ordonnées ne sont pertinentes qu’en comparaison de la concavité de la fonction dans les deux cas de figures: lorsque f(.) en rouge est plus concave, la propension à privilégier une négociation de postes ministériels doit diminuer en dessous des .55 pour arriver au même niveau d’utilité que la valeur f(.) en bleu.

Pour résumer: M. Chabat a un avantage indéniable dans la négociation telle que reprise sur le tableau en haut, à savoir un gain espéré nul ou positif entre les deux stratégies de coopération ou non. Cela ne signifie pas pour autant qu’il est capable de dicter les termes de cette négociation. En effet, l’aversion de M. Benkirane au risque d’un remaniement, synonyme de déstabilisation de l’équilibre de la coalition à sa création est pondéré par le degré d’obstination qu’il montera dans sa quête à sécuriser la confiance de 153 sièges (scrutin local) à son gouvernement. Or même si la pondération intrinsèque met le curseur légèrement vers une attitude plus conciliatrice, la décision finale dépend vraiment de son aptitude à prendre le risque de forcer une crise de confiance en se privant des sièges de l’Istiqlal. Et il s’avère ainsi que si M. Benkirane est indifférent à l’incertitude engagée par les deux choix (neutre au risque) alors le curseur vers le maintien de sa majorité se déplace significativement vers la droite (s’approchant de 1) comme le montre la série des graphes en dessous (les deux graphes en haut plus le cas d’aversion nulle au risque)

Fort déplacement de la pondération au maintien de la majorité parlementaire en cas de neutralité au risque (p = .8)

Fort déplacement de la pondération au maintien de la majorité parlementaire en cas de neutralité au risque (p = .8)

Résultat des courses: M. Benkirane a suffisamment de crédibilité pour confronter les menaces de M. Chabat et continuer à conduire le gouvernement présent, remanié avec l’Istiqlal ou non, jusqu’aux prochaines échéances de 2016.

Morocco’s Political Leaders and Some Fiction Characters

Posted in Ancient Times, Happy Times, Intikhabates-Elections, Morocco, Tiny bit of Politics by Zouhair ABH on November 3, 2011

Let us enjoy some jokes at the expenses of our politicians. It lightens the mood and reminds everyone of  us that though we take issues seriously, it would be best never to forget not to take ourselves too seriously.

ALIBUY- Driss Lachgar

A villain in Bee Movie, Al. Layton (ALIBUY) is the attorney representing “The Honey Trust”. A colourful character with considerable girth, Al doesn’t shrink from using bare-knuckles tactics to discredit the bees during the court hearings. In Moroccan politics, Al would do just fine: the long way to the top requires to do whatever it takes to reach it; Not that anyone would suggest M. Lachgar would do such a thing, or that he is a practitioner of the dark political arts.

Incidentally, Driss Lachgar is also a lawyer.

Calimero - Mohamed Cheikh Biadiallah

PAM leader and Calimero do not share much in terms of charisma, but they are both quick at complaining repetitively: “This is not fair!”. A catchphrase the nominal head of the Tractor Party frequently uses the deflect criticism about the real motives behind the existence of PAM. Oh, and both have a rather large forehead; egg-shaped and all.

Mahmoud Archane - Bob Ritchie

Governor Robert ‘Bob’ Ritchie (James Brolin) is a character from the West Wing, and President Bartlet‘s Republican opponent during his second election campaign. Any West Wing fan would tell you there is a troubling resemblance between both characters, physically and perhaps in personalities too: a declared hatred of liberals -either as soft on crime or outright prone to treason- a rejection of intellectualism as elitism and alien to folksy culture, etc. former Police Chief Mahmoud Archane -who has gone out of the Moroccan political radar for a while- is still MDS (Mouvement Démocratique et Social) figurehead.

"OBenkirane Kenobi" (Abdelilah Benkirane - Obi Wan Kenobi)

Obi Wan Kenobi from Star Wars -as portrayed by the legendary Sir Alec Guiness– bears some resemblance to PJD leader Abdelilah Benkirane; and not just physical features. Both have dedicated their lives to fight the Dark Side of the Force – although it is not always clear who is Benkirane’s Sith Lord. But apart from that, they do not share much in terms of character: Benkirane can be petulant, aggressive and bullying at times. Obi Wan Kenobi would simply say, in Guiness’ lofty voice: “These aren’t the Islamists you’re looking for

Abdelouahed Radi - The Cat

Somehow, I have always believed Abdelouhed Radi -USFP Premier- to be some well-fed cat (who got the cream) in another life. His mysterious smile, his jovial figure and that je-ne-sais-quoi air of gentleman farmer (which he is) that really do not embody the imagine of fire-and-brimstone socialist one might think of when referring to USFP. Just like the Cat in Lewis Carol’s novel, Abdelouahed Radi swoops in unexpectedly, with a broad smile he always leaves behind when he disappears. But beware! Just like the cat, he is always around (in fact, ever since the 1963 elections)

Abdelkrim Benâtik - Patrick Bateman

Both are handsome and have been working in the banking sector. But one (Christ Bale in American Psycho) is an inner psychopath the other… Well, one may never know. For a long time, Abdelkrim Benâtik -PT leader- has been the handsome playboy of Moroccan politics and a bit of a maverick when he was still USFP junior minister.

Salaheddine Mezouar - Ulysses Everett McGill

Our very own George Clooney looks a lot like Ulysses Everett McGill from O’Brother movie. Handsome indeed, but a bit crooked; McGill, who boasts about his superior intellectual over his two companions, turns out to be a fraud. Our Finance Minister and (next?) Head Of Government is so much better than that, and he still retains George Clooney’s masculine charm.

Hamid Chabat - Tucco "The Ugly"

Hamid Chabat is no Tucco (Ellie Walash in “The Good The Bad and the Ugly“). Save perhaps for the moustache, he has risen through the ranks of UGTM union; while some might find similarities with a Highwayman’s curriculum, Fez mayor has acquired respectability. Tucco has not. But both seem to be lured by the prize: one is looking for power in one of the largest parties in Morocco, the other $ 200,000 in Confederate Gold.