The Moorish Wanderer

Le Grand Bluff?

Qui croit encore que l’Istiqlal restera membre de la coalition gouvernementale? J’en fais partie.

Étrange, n’est ce pas? Et pourtant, tant qu’un remaniement ministériel n’a pas lieu excluant tout membre du PI n’a pas lieu, il est prématuré de conclure à une disparition de la majorité gouvernementale. Il y a bien une crise au sein de celle-ci, mais le passage de l’Istiqlal à l’opposition n’est ni un fait acquis, ni expliqué par les supports médias autrement que par la théorie classique du Makhzen Deus ex-Machina.

Je voudrais donc proposer un cadre théorique plus affiné que celui offert dans un post précédent, et à capacité de prédiction dans la lignée d’un autre post; l’idée est de démontrer en utilisant des concepts assez simple en théorie des jeux que les comportements respectifs de Chabat et Benkirane comme chefs de formations politiques obéissent à une logique rationnelle qu’il suffit de formaliser.

Commençons d’abord par la question la plus évidente: le PJD a-t-il besoin de l’Istiqlal pour maintenir sa majorité gouvernementale? Oui: bien que les récentes élections spéciales aient changé le nombre de sièges répartis entre membres de la coalition, la sortie de l’Istiqlal oblige le PJD à chercher quelques 39 sièges pour maintenir une majorité absolue à la Chambre des Représentants, soit 198 sièges. Ceci nous ramène à un autre exercice plus intéressant, qui s’énonce comme suit: quel est le score moyen des partis ayant au moins un siège élu sur la liste nationale (Femmes + Jeunes) dans les différentes combinaisons produisant une majorité absolue?

Le jeu ici consiste à créer une coalition victorieuse, c’est-à-dire ayant une majorité de sièges. On restreint l’exercice aux partis ayant obtenu plus de 6% des voix pour des raisons évidentes, puisque seuls ceux-ci composent une coalition, en tout cas depuis 1997. L’idée est de construire un tableau qui reprendrait leur effort de réduction de l’écart entre la taille du groupe parlementaire PJD (qui est d’office inclus dans toutes les coalitions victorieuses) et la majorité absolue. Cet effort de réduction dépend ainsi de l’ordre d’arrivée dans cette coalition:

Sièges PI RNI PAM USFP MP UC PPS
PJD 108 60 52 48 38 33 24 18
PI 60 30 0 0 0 0 6 12
RNI 52 0 38 38 38 38 32 26
PAM 48 0 0 42 4 4 10 16
USFP 38 0 0 0 52 48 42 36
MP 33 0 0 0 0 57 15 21
UC 24 6 0 0 0 0 66 45
PPS 18 12 0 0 0 0 0 72
Shapley 5,7% 4,5% 9,5% 11,2% 17,5% 20,4% 27,1%

L’indice Shapley (d’après l’une des contributions les plus importantes de ce prix Nobel 2012 d’Economie) mesure ainsi l’importance d’un parti dans la construction de la majorité parlementaire. On remarque tout de suite que l’UC et le PPS ont des indices largement plus importants que ceux des autres partis, et pour juste raison: ils sont plus susceptibles d’être cruciaux pour une coalition quelque soit leur ordre d’arrivée dans la formation de la majorité. A contrario, la contribution du RNI par exemple, lorsque ce dernier se classe dans une coalition hypothétique PJD-PI-PAM en dernière position,  est nulle, car la majorité absolue est déjà acquise avec une somme de 216 sièges. Par définition, la somme des indices Shapley est égale à 1. Le tableau ci-dessus ne prend pas en compte des combinaisons triviales du type “gouvernement d’union nationale”.

Ce résultat est un premier argument en faveur de la théorie selon laquelle l’Istiqlal bluffe en publiant le communiqué de démission de ses ministres: avec une valeur paradoxalement petite – donc relativement remplaçable dans les coalitions hypothétiques – le PJD peut forcer la confrontation et donc faire face avec succès à la décision Istiqlalie. Un raisonnement par induction inverse confirmera la nature du bluff – une menace non crédible.

Le second argument se positionne du côté des motifs de M. Chabat: malgré les différentes sorties médiatiques farfelues, il serait dangereux de sous-estimer la rationalité de décisions à priori relevant du tragi-comique. M. Chabat a ainsi un(e) gain/pénalité de la position actuelle de son parti au sein de la coalition notée U_{PI}, que l’on peut formaliser comme suit:

U_{PI}=(1-\pi)u(s) + \pi\left[\beta u(b) - \nu(s,b)\right]

\pi est la probabilité attachée à la sortie d’un gouvernement (une mesure de la crédibilité de la décision de ne plus faire partie de la coalition majoritaire) qui pondère le gain anticipé d’une telle décision, soit un gain brut futur u(b) actualisé à un facteur \beta < 1 et un coût actuel \nu(s,b). Une explication plus littéraire serait de considérer les déterminants de la stratégie de M. Chabat à travers les bénéfices futurs qu’il attend de sa décision de retrait, et des coûts qui s’en suivent (perte de présidence du Parlement, de certaines commissions parlementaires, de postes ministériels et postes dérivés, etc.) et qu’il sous-pèse face aux gains actuels dans la coalition, notés u(s).

Une transformation de l’expression du score de gain/pénalité en fonction du coût de retrait et des probabilités assignés à cette stratégie donne donc:

\dfrac{1-\pi}{\pi}u_s(s)-\beta u_s(b)=\nu_s(s,b)

Cela signifie que moins la menace de retrait est crédible, plus le coût de celle-ci est important, une logique que l’on peut traduire en politique comme étant la pénalité en termes d’image médiatique, et de détérioration de la confiance que placent les membres de l’Istiqlal dans les décisions de leur chef, ainsi que l’affaiblissement de sa position si le menace ne donne pas les résultats escomptés, et se retrouve obligé à renégocier des portefeuilles ministériels moins nombreux et/ou moins prestigieux. Suivant son aversion au risque entraîné par cette incertitude, M. Chabat pourra ou non choisir de mettre à exécution sa menace.

Aversion_Chabat

Il s’avère ainsi, comme le montre le graphe ci dessus, que plus M. Chabat est averse à cette confrontation, plus il est paradoxalement incité à participer d’une stratégie d’escalade, simplement parce que ses pertes seront mitigées lorsque ses menaces sont crédibles (ce que les médias semblent relayer allègrement) Le même comportement peut être attendu si M. Chabat cherche explicitement une confrontation, auquel cas la crédibilité de la menace n’est plus à démontrer. Les deux cas divergent cependant sur la vitesse à laquelle la crédibilité de la stratégie de retrait se mesure en réduction de pénalité en cas de réalisation.

Et c’est là la conclusion du second argument qui me pousse à croire que l’Istiqlal n’est pas foncièrement crédible dans ses velléités de retrait du gouvernement: à moins de supposer un degré infini d’impatience, la sortie du gouvernement dès 2013 signifie un minimum de 3 ans en opposition, où M. Chabat sera pauvre en prébendes qu’il accorderait à ses alliés et rivaux pour asseoir sa suprématie. Dans ce contexte, la seule option viable serait de tabler sur une défaite importante du PJD en 2016 – ce qui est sans compter sur l’écart important en voix que l’on peut recenser.

PJD’s “Pocket Landslide”

Posted in Flash News, Intikhabates-Elections, Morocco, Read & Heard, Tiny bit of Politics by Zouhair ABH on December 8, 2012

A little over one year after PJD‘s victory, it would be interesting to look at what is already their electoral legacy, or indeed the lack of real appreciation of how important it is. Not matter how past electoral results come under criticism, they have been de facto the law of the land – whatever the real results following the 2002 elections, all parties agreed to the official results, and these have been validated as such. And it would be better, I think, if this criticism was laid aside, especially since the 2002 election did give PJD a clear win, were it not for the diluting proportional ballot.

Majorities are 'easier' to form when the ballot system weighs in pluralities in districts

Majorities are ‘easier’ to form when the ballot system weighs in pluralities in districts

In general terms, I describe a method that points to majority-based ballot system as a good indicator of how political parties can improve their probabilities of forming a government by themselves, thus delivering stable governments and even more stable parliamentary majorities.

PJD’s victory in 2011 was a pocket landslide because the party was 65 seats short of an absolute majority – even if it was well ahead of its nearest competitor. A majority-based ballot system could have delivered the absolute majority they needed. Their feat was only matched by the joint USFP-PI 1993 campaign. Unfortunately for PJD, they are in a coalition with parties directly (and adversely) affected by any re-districting, or majority-based ballot system. (read here the theoretical argument against coordinated effort among political parties)

This is how I compute these majorities: for a particular district, all of the seats are allocated to the party with a plurality of votes. The simplest, crudest rule of politics – and poker: winner takes all. On the basis of this principle, the electoral map since 1963 is radically changed. I further consolidated party performances by aggregating split-offs – which leads to 13 big ‘partisan conglomerates’ – and these results tell a story: a consolidated political competition over parliamentary control allows for larger probabilities of reaching an absolute majority (in the cases of seats open for local ballot) and these contradict the final outcomes observed over the past couple of elections; for one, the 1997 Alternance would have been led by Istiqlal instead of USFP, and 2002, not 2011 would have been PJD’s coronation. But then again, efficiency is not Morocco’s forte.

These results can then be compared against the probabilities of each party to get a majority of the votes. These probabilities are computed on the basis of past electoral results – with increasing weightings for more recent electoral campaigns. And I am pleased that up to 92% of the historical results are explained by the following, rather simple linear model: V(\max_{i,j})=\sum\limits_{p_{k,i,j}}^n\alpha_k \mathbb{E} \left[V(P_{k,i,j})\right]+\epsilon_{k,i,j}

where \alpha_k the estimated probability for a party k to get the plurality in a district i. These parameters need not sum over 1, because there are a lot of cross-party historical votes. This confirm my earlier claim about PJD’s robust position on its 2016 prospects, as well as the need to go for a majority-based system – some parties have clearly more chances to get the majority, while others do not (those have been taken out of the fitting because of the statistical insignificant results)

      Source |       SS       df       MS              Number of obs =     153
-------------+------------------------------           F(  6,   147) =  292.75
       Model |  5.1894e+10     6  8.6491e+09           Prob > F      =  0.0000
    Residual |  4.3430e+09   147  29544400.6           R-squared     =  0.9228
-------------+------------------------------           Adj R-squared =  0.9196
       Total |  5.6237e+10   153   367564886           Root MSE      =  5435.5
------------------------------------------------------------------------------
         max |      Coef.   Std. Err.      t    P>|t|     [95% Conf. Interval]
-------------+----------------------------------------------------------------
     pnd_pam |   .2806256   .0863479     3.25   0.001      .109982    .4512693
     rni_ind |   .4540341   .1007729     4.51   0.000     .2548834    .6531848
    mpdc_pjd |   .5029201   .0445715    11.28   0.000     .4148364    .5910038
          pi |   .3938989   .0974869     4.04   0.000      .201242    .5865558
     fdic_mp |   .2368222   .0761314     3.11   0.002     .0863687    .3872757
   unfp_usfp |   .3958337   .0742675     5.33   0.000     .2490639    .5426035
------------------------------------------------------------------------------

As one can see, the next elections tend to favour PJD (with an estimated 50.2% chance of getting a vote majority on all seats – quite different from getting a majority of seats) although there are a couple of contenders, and an even stiffer competition between say RNI vs USFP, RNI vs PI, and finally, USFP vs PI. As for PAM, my estimate is they are not likely to get anywhere close to a serious contender for governing party.

In essence, PJD’s electoral legacy would be that of ‘breaking the mould’ of opposition parties: strong enough to have a large caucus, but too weak to force censure motions, and definitely unable to form a government on their own right. It would be a breakthrough legacy if PJD could force through an electoral reform that seeks to improve the chances of a one-party government. True, this would mean PJD is most likely to stay in office for the next decade, but this is about representative democracy.

Data description: seats are allocated to each district per each electoral districting. All of the seats are allocated to the party with a plurality of votes. Parties are merged afterwards when applicable.

 

L’Etrange Budget 2012: quand les impôts ne suffisent plus plus à payer le train de vie de l’Etat

Posted in Dismal Economics, Flash News, Moroccan Politics & Economics, Morocco by Zouhair ABH on March 19, 2012

La montagne a grondé, et a accouché d’une souris. En examinant de plus près les documents du PLF 2012, le Budget proposé par la nouvelle coalition gouvernementale dirigée par Abdelilah Benkirane a été dépensier, et surtout, trahit un décalage important entre la rhétorique enflammée des ministres PJD quant à la lutte contre le gaspillage et le détournement des deniers publics, et l’explosion de ces même dépenses. Pire, le prix à payer pour acheter la paix sociale a été sous-estimé, sur tous les horizons temporels. La question que je me pose est donc la suivante: comment ce gouvernement saura-t-il confronter les décisions douloureuses de consolidation fiscale qui se poseront plus tard, alors même qu’il recule devant une restriction plus modérée des dépenses à son premier budget?

Ce que le populisme moralisateur nous promet.

Le ministre du Budget, M Driss Azami Idrissi déclarait devant le Parlement le 16 Mars dernier:

لقد تمت صياغة مشروع قانون المالية لسنة 2012 في بعده المالي على أساس حصر مستوى العجز في 5 بالمائة مقابل 6.1 بالمائة سنة 2011، وذلك في سياق تنفيذ إلتزامات البرنامج الحكومي بخصوص العمل على الرجوع التدريجي لنسبة عجز الميزانية في حدود 3 بالمائة من الناتج الداخلي الخام في أفق 2016

Nous pouvons donc déduire, sans risque de nous tromper, que le déficit moyen que ce gouvernement inscrira dans les prochaines Lois de Finances d’ici 2016 sera certainement supérieur à 3%, et donc supérieur à la moyenne observée depuis vingt ans (avec ou sans les recettes de privatisations encaissées). De plus, cette projection contredit l’engagement du parti chef de coalition de réaliser un déficit moyen de 3% d’ici 2016. Dans le premier cas, nous avons un objectif de 3% d’ici la fin de la législature – et donc une moyenne supérieure à 3%- et dans le second cas, une promesse de réaliser une moyenne de 3%, et donc des chiffres de déficit bien inférieurs à ce que le gouvernement s’engage à atteindre.

Il s’agit d’être très prudent quant à la question des déficits: tôt au tard le gouvernement sera obligé de les payer, et cela signifie une augmentation des impôts ou une baisse de dépenses; et le risque ici est que le déficit sera tellement important, que les réductions de dépenses, et les augmentations d’impôts toucheront une grande partie des ménages et entreprises marocains. Et dans ce cas précisément, le déficit annoncé dans le nouveau PLF 2012 a atteint 32 Milliards dhs, 35 Milliards lorsque les recettes de privatisations de sont pas prises en considération.

A noter que le déficit n’est pas le seul problème: le solde primaire se chiffre à +68 Milliards de dirhams. A première vue, c’est une bonne nouvelle; cependant, le solde primaire inscrit au Budget 2011 se chiffrait à 74 Milliards; plus préoccupant encore, le solde primaire réel -c’est-à-dire sans prendre en considération les recettes d’emprunt- se chiffre à  un déficit de 900 Millions dhs. Les recettes fiscales seules ne suffisent pas (plus) à payer les salaires des fonctionnaires, les factures d’électricité et de gasoil, les stylos et papiers utilisés par l’administration. En clair, les recettes ordinaires ne suffisent plus à payer le fonctionnement normal du gouvernement. Nous constatons là un échec patent dans le fonctionnement de l’administration; alors que les recettes fiscales sont supposées d’abord servir une certaine politique de redistribution, voilà qu’elles ne sont même pas suffisantes à couvrir le fonctionnement administratif de la machine bureaucratique.

Pour un gouvernement qui prétend combattre le gaspillage des dépenses publiques, il est extraordinaire de noter une augmentation annuelle de 23.5%, dont 8% dans les dépenses de matériel. Les économies promises par le Ministre de l’Enseignement Supérieur, Mr Lahcen Daoudi, de l’ordre de 5 Millions de dirhams dans son département, se sont transformées en augmentation des dépenses de l’ordre de 3 Milliards dhs.

Il a fallu prévoir un emprunt s’élevant jusqu’à 65 Milliards, dont 20 Milliards qui seront levés à l’international – et vraisemblablement payés à un taux d’au moins 6% (considérant les rendements exigés sur l’Euro-obligation émise par le Ministère des Finances en 2010) la crise des années 1980 a commencé ainsi: des emprunts régulier et croissants, le prix que ce gouvernement est prêt à payer pour obtenir la paix sociale, semble-t-il, a été mal calculé: la justification officielle du déséquilibre est, nous disent les ministres du MINEFI, le financement de la Caisse de Compensation. Mais alors, où est la réforme tant promise? Et surtout, où est la justification quantitative à pomper 40 Milliards du budget (soit 12% du Budget, 5.4% du PIB) les redistribuer aux plus riches, et au final se trouver avec un taux d’inflation de 2.5%, soit 0.7 points en dessus de la tendance observée durant la décennie passée, et surtout, plus du double du taux observé en 2011.

La composante PJD du gouvernement, si vivace lorsqu’il s’agit de dénoncer la corruption et la décadence morale gangrénant le Maroc, est remarquablement timide quant il s’agit de la plus grande injustice infligée à près de 6 Millions de familles marocaines: leur faire payer la consommation des 600,000 ménages les plus riches, leur faire subir une augmentation des prix, et hypothéquer l’avenir de leurs enfants avec une dette publique galopante.

“Landslide Benkirane”

Posted in Flash News, Intikhabates-Elections, Moroccan ‘Current’ News, Morocco by Zouhair ABH on November 27, 2011

A Landslide in Morocco should be construed as an exceptional result compared to earlier elections: at no point in time since 1963 has an opposition party managed to scrap one-third of all seats by itself. “Administrative Parties” (usually dubbed pressure-cooker parties) did better, but they consistently enjoyed strong or discreet support from the Administration. PJD has outperformed Istiqlal and USFP when they were both in opposition. Such a victory, clearly on the merits, needs to be given credit for.

Who's the Captain Of the Gang then?

According to the latest results on invalidated ballots (around 20%) PJD should -but these are not official figures- carry some 1.3Mln votes. And that alone means a lot: USFP -Istiqlal in their best days, managed to set a precedent to PJD’s feat only one time, and that was in 1993. And there were two of them.

First off, I need to atone for my own predictions: RNI and their A8 allies did not come ahead of the polls. PJD tripled their caucus when I was expecting them to merely double it; in my wildest expectations, I was considering a PJD conference of 80 seats on both local and national ballots. And they have done so well, it has left the next party well behind by half the number: 107 to PJD vs 60 to Istiqlal. That’s unheard of when it comes to a former opposition party switching to government benches.

That is why I would call it a landslide: in an electoral map that prevents any single political party to win over an absolute majority, a roadblock of sorts further strengthened with the ballot system, PJD was most unlikely to carry a majority of seats.

So a majority landslide is not what has taken place; it was rather a sudden change of political leadership, with PJD overtaking serious competitors and rising to prominence, with a very strong 7% nationwide swing (a figure that needs to be confirmed once popular votes figures are released); PJD has, it seems, taken seats from almost every other competitor while holding to their owns; I cannot recall, so far, a single PJD seat falling to someone else. Elections have been open, fair and accepted as such by may International Observers. They were not perfect or up to international standards – some 8Mln disenfranchised Moroccan citizens do not have a say, simply because they did not register. But so far, the trend observed since 2002 is vindicated: the administration tampers with elections no longer.

PJD, for its landslide, still needs to govern with allies: PJD triumphant (but oddly enough, not triumphalist) leader A. Benkirane said his party was considering Koutla parties first, and all parties next to form a coalition but the ‘one’, a transparent pique directed to arch-enemy PAM.

Where did PJD win over all of these seats? As far as partial results are concerned, primary gains are centred around existing safe PJD seats: PJD Greater Casablanca delegation was 7-seats strong (out of 29) it has evolved, with district boundaries redrawing and adjusted gains, to at about half of the new 34 opened seats. That’s a net gain of a dozen seats, commensurate gains have also been gained in Marrakesh (formerly a PAM/RCU-controlled district) and Tangiers; smaller gains have been registered in Chichaoua (gained from PAM) Fès, plus a couple of seats in Settat, Skhirat, and more importantly, Laayun and Oued Dahab returned PJD’s first representatives South of Agadir.

Negotiations are already on the way for PJD to attract allies, with Koutla so far favoured as the new junior partner, and PAM officially announcing their decision to be the new Leader of the Opposition.

Overall, we are confident the next parliament will look as follows:

Results according to Maghreb Agence Press - Official News Agency

“Landslide Benkirane” is of course a reference to the United States Presidential Elections of 1964 (Johnson-Humphrey vs Goldwater-Miller)

Party Logos Like You Have Never Seen Them Before (or not)

Just some stuff to mess around with and enjoy some well-deserved time-off with Party logotypes.

PAM - Mater from "Cars" 3D Cartoon

PAM and Mater are both sidekicks. they’re there for the show; there might be some goodwill in them, but the action -and thus the attached attention to it- definitely is happening somewhere else. Plus, you know, he might look 3D and all, but at the bottom of it, both Mater and PAM are fundamentally old hands really.

Green Lantern - PJD

God-given powers indeed to Green Lantern! A small party (formerly MPDC) rises from nowhere to fame and popularity, thanks to mysterious green powers (green, incidentally, is the generic colour associated to political Islamism). Frankly, I wouldn’t mind seeing Abdelilah Benkirane dressed in green tights, wearing a mask and holding the Green Lantern in one hand, and smashing his way through with beams from the Green Ring on the other. That would be quite a sight to see.

Guns'n'Roses - USFP

A well-known grown who performed well in the early and mid-1990s, but Guns’n’Roses lost it a bit over the years; just the same for USFP, ageing and unable to reform, and somehow engaging lately in some Chinese Democracy with Abdelouahed Radi re-enlisting as a Representative candidate.

RNI - Twitter

too easy a comparison, but hey, what do you know? As the elections closed in on, a motley of young RNI activists (I should say operatives, these are professional mob, y’know) have flocked to twitter and flooded it with #DixitMezouar and other funny hashtags. Oh, and just like with Twitter, RNI’s manifesto takes place in less than 140 characters. Well done.

Tria - MP

There is nothing like good wheat and flour. MP is as delicious as pasta from Tria. Pity no MP leader looks like Tria’s mascot: bulky, large moustache and endowed with some degree of bonhomie and humour -pretty much like Super Mario, but a Chef instead of a Plumber. Instead they ended up with a soulless technocrat who can barely manage a smile – or a new idea, to that matter.

Wafa Bank - PT

The old Wafa Bank logo (pre merger) kind of suits PT party for only one reason: Abdelkrim Benâatik was a Bank employee before joining up politics. That’s pretty much the only viable similarity I can come up with at the time.

UC - Ferrari

I might have been too indulgent with the party in comparing them to Ferrari. I was first set on Lux battery white horse. But then again, from all parties going downhill ever since they have left office, a bit of polish to an otherwise void-like party wouldn’t do any harm.