The Moorish Wanderer

Offre et Demande, L’effet de l’Indexation

Posted in Dismal Economics, Flash News, Moroccan Politics & Economics, Morocco, Read & Heard, The Wanderer by Zouhair ABH on September 21, 2013

“La hausse des carburants pourrait faire baisser le PIB selon le HCP” titre Yabiladi suite à la décision du gouvernement de lever partiellement la subvention aux hydrocarbures. Il est cependant plus adroit de dire que cette hausse de carburant ferait baisser le taux de croissance du PIB, plutôt que de le baisser en valeur absolue.

J’en profite pour mettre à jour des résultats que je discute dans un post précédent, et de mettre en évidence les résultats du HCP calculés en 2012 et ceux plus récents. Dans les deux cas, l’effet sur la croissance est suffisamment important pour réitérer que nos choix de croissance sur la décennie passée révèlent leur limite. Le coût économique et politique de cette décision n’est finalement que la somme actualisée des coûts de réforme en conjoncture favorable.

L’idée de décomposer les chocs domestiques par offre et demande permet par exemple d’isoler (correctement, on l’espère) les contributions respectives dans les fluctuations observées, ce qui permet dans un second temps de tirer ensuite quelques conclusions en matière de politique publique (budgétaire) La série de graphes ci-dessous propose une comptabilité initiale des chocs agrégés, comparés tour à tour avec le PIB empirique, le PIB lissé (c’est-à-dire sans choc quelconque) et les contributions respectives de l’Offre et de la Demande:

Décomposition des fluctuations du PIB par Offre/Demande Agrégées 1960-2011

Décomposition des fluctuations du PIB par Offre/Demande Agrégées 1960-2011

Les dix dernières années montrent d’abord que l’intensité des chocs cumulés a substantiellement diminué, en atteste l’évolution du PIB empirique comparé au lissage sur le premier graphe de la colonne à droite. D’un autre côté, on observe des comportements opposés entre offre et demande agrégées sur la même période: la première est vigoureuse (une croissance alimentée par la dépense gouvernementale et les crédits à l’économie) alors que la second est soit stable, soit en déclin (principalement à cause d’une productivité peu effective)

La principale question serait de comprendre pourquoi les chocs d’offres portent le PIB à un niveau largement supérieur à celui empiriquement observé. En d’autres termes, pourquoi les quelques 68 Milliards de dirhams de différence ne se sont pas matérialisés? La première question serait de mettre en contraste la demande agrégée qui a décliné sensiblement dès 2005-2006 (probablement une piste digne d’investigation en rapport avec la réforme fiscale appliquée les années suivantes) ce qui suppose un effet de transfert d’un agrégat vers un autre. Dans ce cas précis, le transfert se fait vers la demande (ou d’un effet de substitution d’effets de long terme à court terme)

Cette analyse cependant est incapable d’expliquer les fluctuations d’une période particulière, celle de 1975-1982. Si dans l’ensemble ces courbes (et le modèle qui les sous-tend) peuvent formuler une histoire adéquate, il est intéressant de prendre en compte explicitement l’évolution du pétrole et du phosphate (par exemple) dans la décomposition des chocs agrégés.

La relation entre prix d'hydrocarbures et dépenses gouvernementales suggère un palier influant ensuite sur les chocs agrégés.

La relation entre prix d’hydrocarbures et dépenses gouvernementales suggère un palier influant ensuite sur les chocs agrégés.

On reprend l’évolution annuelle des prix du pétrole en comparaison avec celle des dépenses publiques, une relation qui suggère une certaine hétérogénéité dans la composante secteur public de la demande agrégée, notamment le poste budgétaire de la caisse de compensation.

Il semble ainsi que l’effet-offre dans la consommation publique soit plus important que dans sa composante de demande, avec des répercussions négatives sur les déterminants à long terme dans l’offre agrégée.

L’écart significatif (se chiffrant à une dizaine de points de PIB) entre chocs ‘purs’ d’offre et l’observation empirique de la production de biens et services peut ainsi être imputé à un ajustement inter-temporel en faveur d’effets de court-terme: le budget préfère par exemple une impulsion stabilisant la demande sur le court terme, plutôt que d’observer un certain degré de neutralité, ou de soutenir les secteurs capables d’engendrer une productivité additionnelle.

Il en résulte une situation assez particulière où les chocs de demande induits par la subvention de la consommation domestique ne débouchent pas sur une accélération de la vitesse de circulation de la monnaie, ou d’une croissance dans le niveau des prix. Cela est dû en contre-partie à la manière dont ces subventions sont injectées dans le circuit économique, qui a pour effet de pénaliser la productivité agrégée.

Mais revenons à la question initiale: l’indexation débouchera-t-elle vraiment sur une baisse d’activité – et donc du PIB? Très certainement: d’ailleurs, l’effet cumulé des chocs négatifs induits par cette décision et une mesure similaire annoncée l’année dernière prive la croissance du PIB d’un peu plus d’un point de croissance, et donc rend très peu probable la réalisation de l’objectif gouvernemental d’une croissance moyenne de 5.5% d’ici 2016.

L’intuition derrière cette réaction peut s’expliquer comme étant l’effet d’un ajustement dans les comportements des agents économiques, qui vont soit réduire leur capacité de production, soit leurs consommations, avec effets d’amplification et de transmission dans le circuit économique. La mesure d’un tel comportement peut ainsi être estimée par exemple par le degré de dépendance de l’économie marocaine aux sources d’énergie fossile (plus de 90% de la consommation d’énergie) ou de la capacité d’utilisation de l’appareil productif en fonction de l’intensité capitalistique de l’utilisation de ces sources d’énergie.

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Mai 1963: Un Demi Siècle d’Élections Parlementaires

J’avoue, je confesse une obsession (saine) pour les statistiques des élections parlementaires du Maroc. Probablement parce que celles-ci sont si difficiles à compiler, mais peut-être aussi parce qu’elles semblent tellement mises en doute que tout usage cartésien serait immédiatement rejeté en faveur d’une analyse descriptive tout à fait recevable, mais monopolisant le discours analytique de notre histoire moderne. Il est probable aussi que nos politologues soient arithmophobes, mais enfin, il serait intéressant d’observer ce que le Maroc a produit comme paysage électoral au lendemain du 17 Mai 1963. Sur ce point, il convient de féliciter le doyen de nos parlementaires: M. Abdelouhed Radi a été élu la première fois en 1963, et semble être reconduit sans interruption jusqu’à la dernière élection, en 2011. Il n’a pas encore battu le record de longévité enregistré dans des pays à tradition plus démocratique dans l’histoire moderne, mais il sera sur la bonne voie d’y parvenir, s’il décide de se représenter en 2016.

Un contexte historique: le bras-de-fer engageant l’Istiqlal-UNFP contre le Palais et ses alliés lors de la campagne de référendum en Décembre 1962 s’est soldé par la victoire du dernier camp et la mise en place de la première constitution du Maroc moderne. Des élections parlementaires sont prévues pour obtenir la première chambre élue (remplaçant l’Assemblée Nationale Consultative) et confrontent le FDIC (Front de Défense des Institutions Constitutionnelles) aux candidats de l’Istiqlal et de l’UNFP, ainsi que des indépendants. le FDIC rassemble notamment le MP (Mouvement Populaire) le Parti de la Choura (pourtant parti du Mouvement National) et le Parti Socialiste Démocratique fondé par le conseiller et confident du Roi Hassan II, Ahmed Guédira. Sans prendre en considération la performance électorale des candidats indépendants, on se propose de mettre en relation le taux de participation avec la taille de la circonscription (représentée par le nombre d’électeurs inscrits)

--------------------------------------------------------------
    Variable |    model1          model2          model3      
-------------+------------------------------------------------
alpha1       |
       _cons | -.00003192*     -.14638065*                    
-------------+------------------------------------------------
alpha2       |
       _cons |  5.438e-10*                                    
-------------+------------------------------------------------
beta         |
       _cons |  1.1772032***    2.2407248***                  
-------------+------------------------------------------------
    enrolled |                                 -6.339e-06     
       _cons |                                  .92950935***  
-------------+------------------------------------------------
Statistics   |                                                
        r2_a |  .33139627       .27745393       .16886769     
          r2 |  .41005553       .31995664       .21775783     
--------------------------------------------------------------
                      legend: * p<0.05; ** p<0.01; *** p<0.001

Model3 est une simple régression linéaire du taux de participation sur la population enregistrée

tx participation = \alpha reg + \beta + \epsilon

Model2 est une régression log-linéaire similaire, sauf qu’il s’agit du log népérien de la population enregistrée

tx participation = \alpha \log(reg) + \beta + \epsilon

Model1 est une régression quadratique du taux de participation sur la population votante.

tx participation = \alpha_1 reg + \alpha_2 reg^2 + \epsilon

On pourra observer que l’estimation quadratique du taux de participation est la plus efficace, d’abord pour la solidité des résultats statistiques évoqués plus haut, mais surtout parce qu’elle donne une estimation précise de la vitesse à laquelle le taux de participation décline au fur et à mesure que le district/province augmente en taille d’électeurs enregistrés.

Probablement une coïncidence, mais les circonscriptions 'médianes' s'avèrent être celles de Tétouan, Nador & Taza, celles ayant le plus voté pour les indépendants

Probablement une coïncidence, mais les circonscriptions ‘médianes’ s’avèrent être celles de Tétouan, Nador & Taza, celles ayant le plus voté pour les indépendants

Il n’est d’ailleurs pas surprenant d’apprendre ainsi que les populations enregistrées sont les plus importantes dans les districts urbains, lesquels exhibent non seulement un taux de participation plus faible que la moyenne nationale, mais aussi avec des taux de rejet de bulletins plus élevés aussi (une explication offerte par Bernabé de Garçia étant la disponibilité de moyens couplé à la compétitivité plus élevée pour les sièges urbains) mais ceci n’est pas surprenant: ce qui l’est par contre, c’est la remarquable stabilité de cette relation entre taille de district et participation enregistrée. Une option offerte serait d’introduire la dimension du taux d’urbanisme par circonscription (lequel est proprement aléatoire à priori aux chances d’enregistrement des électeurs, mais lequel a un effet sur le taux de participation)

Ces résultats varient beaucoup des districts gagnés par les partis d’Opposition (Istiqlal + UNFP) et ceux de la coalition gouvernementale: les résultats présentés plus bas montrent peut-être une composition beaucoup plus hétérogène (et paradoxalement ayant une prétention plus robuste à être représentatif de l’électorat marocain) de la relation entre taux de participation et taille de circonscription (qui s’inversera au fur et à mesure que le paysage politique se fixera, y compris géographiquement)

Légende: FDIC (Jaune) UNFP (Mauve) Istiqlal (Rose) Indépendants (Vert)

Le découpage sur la carte électorale actuelle ne correspond pas exactement aux résultats circa 1963, mais la distribution des votes ne varie que marginalement.  Légende: FDIC (Jaune) UNFP (Mauve) Istiqlal (Rose) Indépendants (Vert)

Le lien que nous pouvons faire entre les élections en 1963 et celles contemporaines de 2011, et les futures consultations est direct: la démocratie représentative est un arbitrage constant entre l’existence de circonscriptions assez larges pour déjouer les stratégies de fraude de certains candidats, et la mesure exclusive qu’utilisent régime, participants et détracteurs pour jauger de la santé de cette démocratie représentative. De grandes circonscriptions résultent irrémédiablement de taux de participations décroissants.

D’un point de vue statistique, les résultats en 1963 montrent que l’électorat marocain était réellement politiquement divisé: certes, le FDIC aura réussi à contrôler 49% des sièges de la nouvelle chambre (et avec l’aide des 6 députés indépendants, la majorité absolue était acquise) mais la distribution des majorités parlementaires dans les différentes provinces reflète cette hypothèse de division: les majorités des candidats UNFP, Istiqlal et FDIC ne sont pas statistiquement significatives (respectivement 9.500, 8.650 et 10.400 voix) et quelque part le théorème de l’électeur médian se vérifie: réécrire l’histoire en allouant les 144 sièges hypothétiquement sur la base d’un scrutin majoritaire à un seul tour (un modèle britannique en définitive) donne une carte électorale beaucoup homogène mais certainement plus divisée que le résultat historique, d’où l’importance des circonscriptions votant pour les candidats indépendants, et leur localisation géographique:

Candidat Sièges
FDIC 44
PI 44
UNFP 42
Indépendants 14
Somme 144

Certes, n’importe quelle combinaison entre les partis majoritaires pouvait s’octroyer une majorité absolue (dans les 60%) mais on ne peut sous-estimer le rôle important que pourrait jouer le groupe indépendant comme équilibriste entre probablement une alliance UNFP-Istiqlal ou un gouvernement minoritaire FDIC soutenu par certains éléments Istiqlaliens. D’autant plus que le soutien pour les candidats indépendants était concentré au Nord (entre Taza et Tétouan) une région à l’histoire récente houleuse (par rapport à 1963) et un premier exemple des années de plomb à venir, sûrement.

Que peut-on donc conclure des résultats de Mai 1963? Probablement que le scrutin électoral en lui-même ne représentait rien, une triste constatation et prémonition de l’impotence de l’institution parlementaire marocaine. C’est vraiment une occasion manquée: malgré toutes les limitations constatées à l’époque le Maroc était presque équitablement partagé: le camp progressiste UNFPiste, les légalistes Istiqlaliens, et les monarchistes consolidés dans le FDIC. Nous aurions pu profiter de cette ligne claire de démarcation (représentée par le votant médian pour le candidat indépendant) pour introduire une réelle démocratie parlementaire. Le contexte de guerre froide, et peut-être la rupture de confiance irrévocable suite au décès de Mohamed V entre le mouvement national et la Monarchie, ont en décidé autrement.

Pour une lecture contemporaine des élections (et la source de certains résultats) l’Annuaire d’Afrique du Nord rapporte des éléments additionnels à considérer.

Résultats Statistiques:

    Variable |  Model_Oppo      Model_Govt  
-------------+--------------------------------
alpha1       |
       _cons |  .00006663      -.00005952     
-------------+--------------------------------
alpha2       |
       _cons | -1.029e-09       1.253e-09     
-------------+--------------------------------
constant     |
       _cons | -.33776981        1.354882**   
-------------+--------------------------------
Statistics   |                                
          r2 |  .12604783       .66791841     
        r2_a | -.09244021       .50187761     
----------------------------------------------
      legend: * p<0.05; ** p<0.01; *** p<0.001

Fiat justitia Ruat Caelum

Posted in Morocco, The Wanderer, Wandering Thoughts by Zouhair ABH on July 28, 2012

Doom-sayers have one additional thing to crow about: the abysmal – I might say plainly insulting, certainly brazenly shameless – performance of our Head of Government in his Al Jazeera interview. I say that with all the respect I have for that high office, because neither the journalist nor the interviewee did honour to their respective roles, but that’s quite another matter.

The concept of doom-sayer encompasses both sides of the argument in our national conversation: pro-reform argue the lack of genuine change will spell doom on the enchanted kingdom, while the others put forward the idea of the present omniscient monarchy as the last barrier standing between our civilized society, and chaos, inaptly captioned ‘Siba‘. Strangely enough, I find the danger not in the doomsday scenario, but rather in this perpetual sense of decline, and a feeling that no matter what one wants to and can do, things will always be the same.

I am referring to a je-ne-sais-quoi atmosphere of wait-and-see, which has nothing peculiar about the Moroccan society, but I felt it strongly in my interactions with fellow citizens. I usually build my opinions on statistics and facts -admittedly rigged or biased, but this is stronger than anything else. Perhaps the sight of piles of garbage has helped a bit, too.

The notion of decline is always hard to grasp, and it is harder to gauge in a society where opinion polls are rare, and so uncommon that their findings have to be treated with the utmost caution. But from my little urban neighbourhood and immediate circle of friends and acquaintances, I can sense a certain disappointment, even a resignation before the inevitable decline of… nothing really. Perhaps it was the false hope of a rising movement, and the second political re-alignment that failed to deliver, or even live up to expectations.

This has little to do with the economics really; for sure, the economic stagnation -I don’t know how to describe it otherwise – is only the expression of a malaise, though no one dares enough to take the lead, and lance the boil. I would like, if I may, list some of the aspects of it.

The economic decline: in fairness, there is no particular ‘golden age’ I can relate to personally, or anyone from a previous generation. The past two decades are, for the better, and perhaps especially for the worse, the product of ten years of a painful structural adjustment program, whose dividends, in the final analysis, did not fully pay off, if not at all, according to the World Bank itself. Growth is weak, and its gains consolidate the wealth and power on the top. Growth factors are idle, non-productive, and as they say, “the world does not owe as a living”; unfortunately, we are enjoying while we can. The few sunspots are only there to remind us of their exact role as such in an otherwise stagnant economy.

Society: there is a crisis of morals. Perhaps crisis and morals are too strong words to be used in the context of the consensus-seeking society that is Morocco, but the ongoing debate, regardless of how many people are involved in it, shows the deep divides in the society, and how unlikely these are to be healed, paradoxically in a consensus-seeking society. The crisis of morals is that perpetual back-and-forth movement between beloved but obsolete traditional mechanisms, and the enticing but unpredictable new ways of life. I am afraid this is caricature of reality, but the most recent serious survey -from the 50-year anniversary report- shows a tidal wave of a de facto individualism, but one that coexists (not always peacefully) with more traditional structures and solidarities. The crisis of morals, in this sense, means the transitory models takes too much time, and fails to produce new social interactions, and only succeeds in piling on things in a very heterogeneous environment that refuses to accepts that heterogeneity.

The political arena has hopefully been the most patent example of that decline: a vile mixture of shop-floor populism, kleptocracy and gerontocracy, our political personnel has long lost any sense of realities. That quote from Kypling: “Power without responsibility, the prerogative of harlots throughout the ages” can be applied aptly to Moroccan politicians (activists are a different breed however) unfortunately, the same politicians also participate in undermining themselves by belittling their own role in the political process. No one should be surprised at the low turnout during elections, or how despised the once-noble elected office is now.

And there comes the latin maxim I used as a title: “Fiat justitia Ruat Caelum“, “Let Justice be Done though the Heavens Fall”. What we need is a consensus-breaking, cavalier attitude to customs. That argument put forward by our Head of Government and (Elected) Chief Executive is precisely what I am talking about: the deal he was offered is simple, “leave special interests alone or they will bring this country to a halt”. When a politician with only 107 seats and untrustworthy allies leads a heterogeneous government coalition, that seems like the end of the road. And even if he did have the pre-requisite of a 198-strong super-caucus, there is still that major roadblock that is the SGG, our Cabinet Office. And yet we need an elected executive, backed by an equally fearless legislative body ready to go big and adopt grim-trigger strategy, thuggish, abrasive, whatever, just Let Justice and Reforms be Done though the whole of Morocco Fall.

From a purely economic and political point of view, it has a lot to do with political courage, which everybody in Morocco lacks, including the most radical fringes of the Left. Each and every one of the pro-reform partners have their own taboos and dogma to worship, and these are not necessarily in the long-term interest of the community. The example of tuition-free university system is symptomatic of the Left’s failure to address coherently the problem of public service goods.

To lance the boil of perpetual decline means taking on tough decisions: reforming the compensation fund as well as the penal code. Introducing agrarian reform as well as legislation on heritage and gender equality. I sometimes buy into the argument that economic problems rank first in order to sort out our consensus-made mess, but I am wrong. In fact, we (the Left) should take on all of these problems at once. And this is the beauty of it: reforms will take place even if it splits this country in half – because it won’t. The apparent fragility of the ‘Moroccan Experience’ has proved to be much more resilient than any one has anticipated, perhaps it is time single-minded politicians (I would prefer them to come from the Left, but Thatcherites/Reaganauts are welcomed as well) go the whole hog and test it to its limit.

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Five Score Years Later…

La Marche de l’Histoire” is perhaps the best Radio France Inter broadcasts – not nearly as great as its predecessor 2000 d’Histoire- but still; On March 9th Jean Lebrun invited Professor E. Berenson (NYU) to talk about Hubert Lyautey, conqueror, pacifier and first Resident General of the French Moroccan protectorate.

https://dl-web.dropbox.com/get/Lyautey_RFI.mp3?w=4e1d0679

you can download the entire broadcast on this weblink [mp3]

But my blogpost isn’t about Maréchal Lyautey. It is not even about French colonialism; I should say I have a declared interest in this; my entire higher education so far has been conducted under the French Grandes Ecoles system, and there is no doubt in my mind that until recently, my Weltschauung has been very French-centred. Education, cultural references, even my early reading list on Moroccan politics has been fashioned by French authors, historians or French-speaking references.If anything, me blogging in English is a kind of redemption from la Langue de Molière, and I don’t buy into the idea that Arabic as my natural lingua franca, Pan-arabism is just as dismal a cultural colonialism as the French influence.

former Sultan Abdelhafid posing as a gentleman farmer, carrying his nephew and future Hassan II (Source: Le Journal Hebdomadaire)

Sultan Abdelhafid signed the Fez treaty on March 30th 1912; Historians report that Saturday was rainy and grey – that day formalized Morocco’s loss of sovereignty. How it came to the Spanish-French protectorate has been pretty well established: high foreign debt, increasing foreign pressures to meddle with Imperial finances, and a traditionally weak central authority failing even to perform the basic -some might say sole- task of levying taxes, let alone suppress successfully Roguis and tribal uprisings all over the Cherifian empire. A succession of military defeats and weak sultans allowed French cavalry columns to egress North of the Sahel and West from the Moroccan-Algerian border, and a stylish, bloody shelling, then landing on the shores of the future Casablanca in 1907. Spaniards took advantage of

C.R. Pennell reports:

While French and Spanish troops nibbled at Moroccan territory, European creditors drained the treasury. Moulay Abdelhafid could not fulfil his bay’a by recovering the lost lands, nor by ending the debt.

The new Sultan needed money. He had recognised the Act of Algeciras, which has undermined his authorities, but customs dues alone were not enough. Abdelhafid needed foreign loans. Between January and April 1909 negotiations in Fez and in Paris produced a proposal to reorganize the Moroccan debt, at the price of increased French control over the Chaouïa and Oujda where only the fiction of Makhzen authority would be maintained.

That served Lyautey well, as he did not use brutal force to invade Morocco; he dubbed his strategy ‘oil slick’, which precluded slash and burn tactics the Spanish army was so keen on carrying out in the Northern part of Morocco. By 1912, the enthusiastic coalition that supported Abdelhafid’s bid for the Imperial throne waned: Chorfa and Ulamas, long exempted from tax duties,  refused to pay the Tartib (a non-Islamic tax) and so did the Guich tribes;

Abdelhafid was nominated under the conditions he would drive away the Christian aliens, he turned out to be their puppet, in 1910 Colonel Mangin was appointed to reorganise the Moroccan regular army, while French banks controlled all the receipts from the 227 Million francs foreign trade.

The idea of maintaining local elites and the Sultan wasn’t entirely Lyautey’s idea: Consul Gaillard pushed for a subtle indirect rule, whereby French troops were stationed in Morocco officially to restore the Sultan’s rule and protect his throne and his dynasty:

Article III: Le Gouvernement de la République prend l’engagement de prêter un constant appui à Sa Majesté Chérifienne contre tout danger qui menacerait Sa personne ou Son trône qui compromettrait la tranquilité de Ses Etats. Le même appui sera prêté à l’héritier du trône et à ses successeurs

(Fez Treaty – BO n°1 dated 11/01/1912)

France’s Premier R. Poincaré gave reason to Lyautey and Gaillard (promoted to the newly created Diplomatic Bureau of the Resident-General) over General Moinier (who was in favour of direct rule) and the attached legislation to the Fez treaty effectively put the Resident-Generalship under the authority of the Ministry of Foreign Affairs – not the War Ministry.

But the reality of French rule was very Jacobin: military governors answered directly to General Lyautey, and civil comptrollers ranked second to the military establishment. Initially those arrangements were dictated by the urgency of dispatching a rapid-response force to the sporadic mutinies in the newly (re)created, 12,000 strong Moroccan army, and against the tribal M’hallas besieging Fez, Sefrou and Hajeb. Abdelhafid surrendered Morocco’s sovereignty (sold out, as a matter of fact), but the new Sheriff in town had to conquer a contentious land and wage a political fight with perpetually warring tribes. in Fez, Colonel Gouraud had to break the siege, while French columns were rushed to Souss and Marrakech to deal with Desert warriors led by Ahmed El Hiba.

The ‘Pacification’ officially ended in 1934, long after Lyautey had left the Resident-Generalship.

Is anyone thinking about 2016?

Posted in Moroccan Politics & Economics, Morocco, Read & Heard, The Wanderer by Zouhair ABH on March 5, 2012

It seems not. A year seems to be a long time in Moroccan politics, and all across the political spectrum, politicians and activists do not seem to take a step back an look at the big picture, even the most experienced and respected of those.

Winners and Losers, but ultimately losers for failing to provide Moroccans with a vision.

Fouad Abdelmoumni, a respected Human Rights activists and a father-figure (of sorts) with the Feb20 movement, expressed short-sightedness in his analysis regarding the future of this government. He claims:

Enfin, les prochaines semaines nous montreront si ce gouvernement est conscient qu’il joue sa survie, celle d’un parti majeur et celle du pays. La crise va bientôt peser de tout son poids, et le Maroc n’a que le choix d’en sortir par le haut, à travers la démocratie, l’effort et les solutions courageuses, sous peine de sombrer à plus ou moins brève échéance dans les frustrations et la confrontation. Il convient surtout de ne pas oublier que les anciens expédients par lesquels le Maroc a pu tenir (répression, corruption, division des opposants, monopole de l’information…) sont révolus, et que la rue ne manquera pas de demander des comptes dès la fin de la “période de grâce” du gouvernement.

And I suspect many activists are thinking the same thing: that PJD-led government coalition, just like the Constitutional Referendum and Parliamentary Elections are a patch to contain the growing social resentment against repression, nepotism and the like. That may be true, but still, it does not absolve the movement -and the Moroccan left- from building a truly comprehensive pro-democracy platform, or at least to provide clear-cut, unambiguous set of principles to which a majority of Moroccans can relate to.

The mainstream political spectrum also seems to be lacking their own political Weltanschauung: can anyone state precisely how USFP, or PAM, or UC stand on specific issues as well as broad principles? In fact, screw broad principles, as they bear little meaning in Moroccan politics: PAM defines itself as a left-leaning party with a former CDG Sovereign fund CEO and technocrat Mustapha Bakkouri, and USFP, a member of the Socialist Internationale, has been a lifelong partner of conservative and crypto-islamist Istiqlal within the Historic Koutla, now a junior partner with the PJD-led government. As for the government, the mere fact a coalition is in cahoots until 2016 makes it sure no viable strategy is devised anywhere near 2016; in fact, it is very likely to be “2016 and bust”.

Since principles bear little significance to party politics in Morocco, only precise, comprehensive sets of policy agenda can be useful in defining the dividing lines of Moroccan politics. As for how parties view themselves in the next couple of years, mum’s the word; and I suspect this is due to their refusal to commit to a long-term vision. And there are basically two ways to go to explain it: lack of vision or excessive caution. Either way, it does not serve the public well.

What’s a vision for 2016? And Isn’t the date itself an example of political short-sightedness? Indeed. But the centrepiece of representative democracy is the rough-and-tumble of political campaigning induced by elections. And these usually trigger timely commitments from representatives and political leaders – perhaps we should consider elections every two years: 4 years of a full parliament intertwined with 4 years of local/regional elections.

Until they can come up with a comprehensive -and I insist on that term COMPREHENSIVE- agenda in all areas of pubic policy, they will have to focus on specific issues, preferably away from identity and culture stuff, like… the veil for instance; I’d rather prefer the public discourse go: “They will tax you back to the stone ages” vs “Tax breaks for the rich, additional burden for the middle classes”