The Moorish Wanderer

Education, Budget et Indicateurs de Succès

Posted in Dismal Economics, Morocco, Polfiction, Read & Heard by Zouhair ABH on October 6, 2013

Aussi étrange que cela puisse paraître, le problème de l’éducation au Maroc n’est vraiment pas une question de moyens. J’en veux pour exemple le lien entre la dépense publique d’éducation (en valeur absolue ou rapportée au PIB) et deux indicateurs d’intérêt, en l’occurrence le nombre d’étudiants par professeur, et le pourcentage de réussite au niveau supérieur.

L’hypothèse principale qui gouverne avec consistance nos choix de politique d’éducation est que de bons résultats seront obtenus en augmentant le budget alloué; après tout cas, il faut bien financer les écoles délabrées dont les images circulent régulièrement, notamment en montagne ou l’arrière-pays des régions rurales. Pourtant, l’évolution décrite ci-dessous montre que la dépense moyenne a augmenté depuis 1971.

L'évolution plus rapide du budget d'éducation (en comparaison avec celle du nombre d'élèves) suggère une augmentation tendancielle de la dépense par tête.

L’évolution plus rapide du budget d’éducation (en comparaison avec celle du nombre d’élèves) suggère une augmentation tendancielle de la dépense par tête.

Les dépenses d’éducation ont augmenté de 8.41% entre 1971 et 2011, alors que la population d’élèves n’enregistre que 3.53% sur la même période, cela signifie bien que la dépense par élève augmente bien (une moyenne annuelle de 5%) mais nous ne sommes toujours pas satisfaits du système éducatif marocain.

A vrai dire, une comparaison statique entre budget d’éducation et n’importe quel indicateur de performance scolaire est peu probante. Il nous faut donc observer si les trois indicateurs – dépenses, pourcentage de succès et ratio élèves/professeurs- exhibent des interactions mutuelles; on peut ainsi supposer par exemple, qu’une augmentation temporaire du budget d’éducation permet de payer plus de professeurs, abaissant ainsi le nombre d’élèves par encadrant pédagogique; cela aurait ainsi un impact positif sur les performances des élèves, ce qui implique donc une hausse du taux de réussite.

Schéma du lien entre dépenses d'éducation et indicateurs de performance.

Schéma du lien entre dépenses d’éducation et indicateurs de performance.

Après tout, c’est bien le schéma que tout un chacun imagine se réaliser. Sauf que l’hypothèse forte de ce raisonnement ne se vérifie pas dans les faits:

1/ Le taux de succès et le ratio élèves/professeur s’influencent mutuellement, ce qui suggère qu’au moins une partie de l’argument présenté plus haut se vérifie, avec comme en plus une influence mutuelle.

2/ L’évolution des dépenses d’éducation ne semble obéir à aucune considération pour les deux indicateurs. Elle exhibe même une tendance autonome à la hausse alors que les deux autres agrégats sont stables par rapport à leurs impacts respectifs. Ceci alors que l’effet de l’évolution budgétaire du ratio en classe, s’il est positif, n’est pas significatif, ce qui permet de penser qu’améliorer les conditions en salle de cours ne passe pas forcément par une augmentation du budget, et les augmentations historiques en dépenses d’éducation n’ont pas d’impact définitif sur cet indicateur ou sur le taux de réussite de la population éduquée.

Cela ne veut pas dire que toutes les ressources employées depuis 1971 ont été gaspillées: il y a des indicateurs positifs à considérer, comme l’amélioration substantielle du pourcentage de la population féminine inscrite dans le système d’éducation, ou de la réduction du taux d’analphabétisme relatif à la population masculine.

Le lien entre dépenses d'éducation et ratio en classe est clairement décroissant; la différence entre "bons" et "mauvais" candidats s'expliquant par l'écart entre le niveau théorique et empirique du nombre d'élèves par professeur.

Le lien entre dépenses d’éducation et ratio en classe est clairement décroissant; la différence entre “bons” et “mauvais” candidats s’expliquant par l’écart entre le niveau théorique et empirique du nombre d’élèves par professeur.

Cependant, l’observateur ne peut s’empêcher de s’interroger sur le peu d’impact d’évolution de ces dépenses sur les indicateurs retenus, surtout lors que le lien entre budget d’éducation et ratio en classes est calculé en comparaison inter-pays. Il s’avère ainsi que pour le niveau actuel de dépenses au Maroc, nous aurions dû être à un ratio de 14:1 (au lieu de 26:1) pas loin de la Finlande par exemple (11:1) pour le niveau actuel de dépense, voire dès le début des années 1990. Ce résultat obtenu pour un large échantillon de pays montre que sur ce point, il est probable que la moitié de la croissance du budget d’éducation n’ait pas servi à améliorer l’encadrement dans les établissements scolaire au Maroc, alors même que le Ministère d’Education est probablement l’un des rares départements du service public où l’efficacité (et le coût) est intensive en main d’œuvre.

Quelle recommandation pour améliorer le système éducatif au Maroc? Au vu des chiffres discutés plus haut, il est plus intéressant de s’intéresser aux résultats au sein de la population inscrite (notamment le taux de réussite) plutôt que de se fixer sur l’agrégat en l’absolu.

Corrélation Ratio Tx Succès Dépenses
Ratio 1 0,671 -0,322
Tx Succès 0,671 1 -0,032
Dépenses -0,322 -0,032 1

Cela veut dire que soit notre classe politique (toutes tendances partisanes confondues) doivent abandonner l’idée que nous réussirons à scolariser 90% d’une cohorte lorsque nous n’arrivons systématiquement pas à dépasser plus de 5% de la population qui arrive à présenter le Baccalauréat. On peut cependant discuter de la faisabilité d’amélioration du niveau des élèves déjà inscrits; autrement, promettre d’augmenter le budget d’éducation en l’absolu ne produit pas de résultats tangibles.

L’Equilibre de Chabat

Les petites guéguerres de coalition ne sont pas, pour une fois, une exception marocaine: le gouvernement britannique actuel trahit souvent l’inconfort des Libéraux-Démocrates et des Conservateurs à cohabiter, mais malgré tout leur majorité parlementaire continue à voter sa confiance, probablement jusqu’à la prochaine élection en 2015.

Au Maroc, le brouillard de guerre, propre à nos interactions politiques, transmet à l’observateur, même averti, une image d’instabilité permanente, surtout dans la relation à priori conflictuelle entre le Secrétaire Général du Parti de l’Istiqlal, Hamid Chabat, et le leader du PJD et Chef du Gouvernement, Abdelilah Benkirane.  Pourtant, il y a moyen de prouver que ni l’un, ni l’autre n’ont intérêt à pousser cette confrontation jusqu’au bout. Ce qui suit suppose que les deux politiciens sont über-rationnels, une hypothèse qui a prouvé être solide, au moins une fois.

Je reprends dans ce petit tableau ce que seraient les résultats de deux stratégies simples pour Chabat et Benkirane. Coopérer ou Non Coopérer.

Chabat
Benkirane Coopère Non-Coopère
Coopère C,D 0,A
Non-Coopère 0,0 -15,-A

Les valeurs a,c,d sont strictement positives, avec a>d (l’Istiqlal étant en position de force lorsque Benkirane concède sans coopération réciproque de la part de Chabat) Je reviendrais sur la valeur de -15 tout à l’heure. La stratégie d’équilibre est donc pour Benkirane et Chabat est pour Benkirane de “céder”, c’est-à-dire le couple (Benkirane Coopère, Chabat ne Coopère pas). C’est un équilibre car ni l’un, ni l’autre n’aura intérêt à en dévier.

C’est une mauvaise nouvelle en somme pour le PJD car les perspectives de gains sont asymétriques, comme on peut le constater dans les couples (0,0) et (0,A); l’Istiqlal n’est pas perdant lorsque il cède face à un PJD intransigeant, et il gagne plus que lorsque les rôles sont inversés. Cela ne signifie pas que M. Chabat peut dicter impunément les règles de négociation, mais des deux joueurs, il est le plus à même d’avoir une espérance de gain nul ou légèrement positif: certes, une sortie en opposition signifie perdre l’accès à différents postes lucratifs à distribuer à ses alliés (et rivaux potentiels) mais d’un autre côté, le gain attendu d’une renégociation de la distribution des maroquins ministériels est au moins égal ou supérieur aux pertes potentielles.

Le calcul n’est pas symétrique pour le Chef du Gouvernement, car s’il obtient effectivement plus de postes ministériels à distribuer, il a besoin de compléter la perte des sièges Istiqlaliens dans la chambre des représentants, et donc de trouver entre 15 et 31 sièges, selon le comportement des parlementaires individuels: sur les 305 sièges, 16 sont occupés par des petits partis, lesquels peuvent simplement s’abstenir (ils sont au fond indifférents à faire tomber un gouvernement ou à le maintenir) d’où le choix du gain négatif pour le PJD lorsque celui-ci et le PI ne coopèrent pas.

On peut pousser cette analyse un peu plus loin: l’utilité du PJD découle d’un équilibrage entre perdre des sièges parlementaires, et perdre des maroquins ministériels.

U(x,y,p)=f(p\sqrt{x-15} + (1-p) \ln(33-y))

versus une neutralité fixe autour des valeurs particulières:

f(p16 + (1-p)6)

Deux aspects particuliers devraient être considérés: premièrement, la valeur de ces pondérations, et en second, le degré d’aversion au risque pour M. Benkirane face à cette incertitude; Car incertitude il y a: une fois la rupture avec l’Istiqlal consommée, le Chef du Gouvernement sera obligé de chercher à minimiser l’écart de majorité parlementaire dans les 15 sièges manquants – et donc à ne pas remplacer l’Istiqlal- ou de réduire le nombre de maroquins dont il dispose (ou ceux des alliés demeurés fidèles) au profit du nouvel allié (USFP, RNI, UC par leurs tailles respectives, le PAM étant en froid officiel avec le parti dominant)

U_Averse

Le graphe reprend donc un équilibre pour deux cas de figures: l’intersection des deux courbes correspond au cas où la fonction d’aversion au risque croise la courbe actuelle, et donne la valeur de la pondération ‘optimale’. Je me rends compte que je viens de compliquer excessivement un simple constat. Pour un même niveau d’utilité, plus M. Benkirane est averse au risque, plus il préfèrera négocier avec M. Chabat, ou de trouver rapidement un remplaçant ayant 30 sièges et plus. L’équilibre pour une fonction raisonnablement concave (traduisant une faible aversion au risque) se situent donc à  .55 – donc marginalement plus enclin à protéger sa prédominance en majorité parlementaire, même au prix d’une sortie de l’Istiqlal, plutôt que de céder et redistribuer les maroquins. Les valeurs sur l’axe des ordonnées ne sont pertinentes qu’en comparaison de la concavité de la fonction dans les deux cas de figures: lorsque f(.) en rouge est plus concave, la propension à privilégier une négociation de postes ministériels doit diminuer en dessous des .55 pour arriver au même niveau d’utilité que la valeur f(.) en bleu.

Pour résumer: M. Chabat a un avantage indéniable dans la négociation telle que reprise sur le tableau en haut, à savoir un gain espéré nul ou positif entre les deux stratégies de coopération ou non. Cela ne signifie pas pour autant qu’il est capable de dicter les termes de cette négociation. En effet, l’aversion de M. Benkirane au risque d’un remaniement, synonyme de déstabilisation de l’équilibre de la coalition à sa création est pondéré par le degré d’obstination qu’il montera dans sa quête à sécuriser la confiance de 153 sièges (scrutin local) à son gouvernement. Or même si la pondération intrinsèque met le curseur légèrement vers une attitude plus conciliatrice, la décision finale dépend vraiment de son aptitude à prendre le risque de forcer une crise de confiance en se privant des sièges de l’Istiqlal. Et il s’avère ainsi que si M. Benkirane est indifférent à l’incertitude engagée par les deux choix (neutre au risque) alors le curseur vers le maintien de sa majorité se déplace significativement vers la droite (s’approchant de 1) comme le montre la série des graphes en dessous (les deux graphes en haut plus le cas d’aversion nulle au risque)

Fort déplacement de la pondération au maintien de la majorité parlementaire en cas de neutralité au risque (p = .8)

Fort déplacement de la pondération au maintien de la majorité parlementaire en cas de neutralité au risque (p = .8)

Résultat des courses: M. Benkirane a suffisamment de crédibilité pour confronter les menaces de M. Chabat et continuer à conduire le gouvernement présent, remanié avec l’Istiqlal ou non, jusqu’aux prochaines échéances de 2016.

Mai 1963: Un Demi Siècle d’Élections Parlementaires

J’avoue, je confesse une obsession (saine) pour les statistiques des élections parlementaires du Maroc. Probablement parce que celles-ci sont si difficiles à compiler, mais peut-être aussi parce qu’elles semblent tellement mises en doute que tout usage cartésien serait immédiatement rejeté en faveur d’une analyse descriptive tout à fait recevable, mais monopolisant le discours analytique de notre histoire moderne. Il est probable aussi que nos politologues soient arithmophobes, mais enfin, il serait intéressant d’observer ce que le Maroc a produit comme paysage électoral au lendemain du 17 Mai 1963. Sur ce point, il convient de féliciter le doyen de nos parlementaires: M. Abdelouhed Radi a été élu la première fois en 1963, et semble être reconduit sans interruption jusqu’à la dernière élection, en 2011. Il n’a pas encore battu le record de longévité enregistré dans des pays à tradition plus démocratique dans l’histoire moderne, mais il sera sur la bonne voie d’y parvenir, s’il décide de se représenter en 2016.

Un contexte historique: le bras-de-fer engageant l’Istiqlal-UNFP contre le Palais et ses alliés lors de la campagne de référendum en Décembre 1962 s’est soldé par la victoire du dernier camp et la mise en place de la première constitution du Maroc moderne. Des élections parlementaires sont prévues pour obtenir la première chambre élue (remplaçant l’Assemblée Nationale Consultative) et confrontent le FDIC (Front de Défense des Institutions Constitutionnelles) aux candidats de l’Istiqlal et de l’UNFP, ainsi que des indépendants. le FDIC rassemble notamment le MP (Mouvement Populaire) le Parti de la Choura (pourtant parti du Mouvement National) et le Parti Socialiste Démocratique fondé par le conseiller et confident du Roi Hassan II, Ahmed Guédira. Sans prendre en considération la performance électorale des candidats indépendants, on se propose de mettre en relation le taux de participation avec la taille de la circonscription (représentée par le nombre d’électeurs inscrits)

--------------------------------------------------------------
    Variable |    model1          model2          model3      
-------------+------------------------------------------------
alpha1       |
       _cons | -.00003192*     -.14638065*                    
-------------+------------------------------------------------
alpha2       |
       _cons |  5.438e-10*                                    
-------------+------------------------------------------------
beta         |
       _cons |  1.1772032***    2.2407248***                  
-------------+------------------------------------------------
    enrolled |                                 -6.339e-06     
       _cons |                                  .92950935***  
-------------+------------------------------------------------
Statistics   |                                                
        r2_a |  .33139627       .27745393       .16886769     
          r2 |  .41005553       .31995664       .21775783     
--------------------------------------------------------------
                      legend: * p<0.05; ** p<0.01; *** p<0.001

Model3 est une simple régression linéaire du taux de participation sur la population enregistrée

tx participation = \alpha reg + \beta + \epsilon

Model2 est une régression log-linéaire similaire, sauf qu’il s’agit du log népérien de la population enregistrée

tx participation = \alpha \log(reg) + \beta + \epsilon

Model1 est une régression quadratique du taux de participation sur la population votante.

tx participation = \alpha_1 reg + \alpha_2 reg^2 + \epsilon

On pourra observer que l’estimation quadratique du taux de participation est la plus efficace, d’abord pour la solidité des résultats statistiques évoqués plus haut, mais surtout parce qu’elle donne une estimation précise de la vitesse à laquelle le taux de participation décline au fur et à mesure que le district/province augmente en taille d’électeurs enregistrés.

Probablement une coïncidence, mais les circonscriptions 'médianes' s'avèrent être celles de Tétouan, Nador & Taza, celles ayant le plus voté pour les indépendants

Probablement une coïncidence, mais les circonscriptions ‘médianes’ s’avèrent être celles de Tétouan, Nador & Taza, celles ayant le plus voté pour les indépendants

Il n’est d’ailleurs pas surprenant d’apprendre ainsi que les populations enregistrées sont les plus importantes dans les districts urbains, lesquels exhibent non seulement un taux de participation plus faible que la moyenne nationale, mais aussi avec des taux de rejet de bulletins plus élevés aussi (une explication offerte par Bernabé de Garçia étant la disponibilité de moyens couplé à la compétitivité plus élevée pour les sièges urbains) mais ceci n’est pas surprenant: ce qui l’est par contre, c’est la remarquable stabilité de cette relation entre taille de district et participation enregistrée. Une option offerte serait d’introduire la dimension du taux d’urbanisme par circonscription (lequel est proprement aléatoire à priori aux chances d’enregistrement des électeurs, mais lequel a un effet sur le taux de participation)

Ces résultats varient beaucoup des districts gagnés par les partis d’Opposition (Istiqlal + UNFP) et ceux de la coalition gouvernementale: les résultats présentés plus bas montrent peut-être une composition beaucoup plus hétérogène (et paradoxalement ayant une prétention plus robuste à être représentatif de l’électorat marocain) de la relation entre taux de participation et taille de circonscription (qui s’inversera au fur et à mesure que le paysage politique se fixera, y compris géographiquement)

Légende: FDIC (Jaune) UNFP (Mauve) Istiqlal (Rose) Indépendants (Vert)

Le découpage sur la carte électorale actuelle ne correspond pas exactement aux résultats circa 1963, mais la distribution des votes ne varie que marginalement.  Légende: FDIC (Jaune) UNFP (Mauve) Istiqlal (Rose) Indépendants (Vert)

Le lien que nous pouvons faire entre les élections en 1963 et celles contemporaines de 2011, et les futures consultations est direct: la démocratie représentative est un arbitrage constant entre l’existence de circonscriptions assez larges pour déjouer les stratégies de fraude de certains candidats, et la mesure exclusive qu’utilisent régime, participants et détracteurs pour jauger de la santé de cette démocratie représentative. De grandes circonscriptions résultent irrémédiablement de taux de participations décroissants.

D’un point de vue statistique, les résultats en 1963 montrent que l’électorat marocain était réellement politiquement divisé: certes, le FDIC aura réussi à contrôler 49% des sièges de la nouvelle chambre (et avec l’aide des 6 députés indépendants, la majorité absolue était acquise) mais la distribution des majorités parlementaires dans les différentes provinces reflète cette hypothèse de division: les majorités des candidats UNFP, Istiqlal et FDIC ne sont pas statistiquement significatives (respectivement 9.500, 8.650 et 10.400 voix) et quelque part le théorème de l’électeur médian se vérifie: réécrire l’histoire en allouant les 144 sièges hypothétiquement sur la base d’un scrutin majoritaire à un seul tour (un modèle britannique en définitive) donne une carte électorale beaucoup homogène mais certainement plus divisée que le résultat historique, d’où l’importance des circonscriptions votant pour les candidats indépendants, et leur localisation géographique:

Candidat Sièges
FDIC 44
PI 44
UNFP 42
Indépendants 14
Somme 144

Certes, n’importe quelle combinaison entre les partis majoritaires pouvait s’octroyer une majorité absolue (dans les 60%) mais on ne peut sous-estimer le rôle important que pourrait jouer le groupe indépendant comme équilibriste entre probablement une alliance UNFP-Istiqlal ou un gouvernement minoritaire FDIC soutenu par certains éléments Istiqlaliens. D’autant plus que le soutien pour les candidats indépendants était concentré au Nord (entre Taza et Tétouan) une région à l’histoire récente houleuse (par rapport à 1963) et un premier exemple des années de plomb à venir, sûrement.

Que peut-on donc conclure des résultats de Mai 1963? Probablement que le scrutin électoral en lui-même ne représentait rien, une triste constatation et prémonition de l’impotence de l’institution parlementaire marocaine. C’est vraiment une occasion manquée: malgré toutes les limitations constatées à l’époque le Maroc était presque équitablement partagé: le camp progressiste UNFPiste, les légalistes Istiqlaliens, et les monarchistes consolidés dans le FDIC. Nous aurions pu profiter de cette ligne claire de démarcation (représentée par le votant médian pour le candidat indépendant) pour introduire une réelle démocratie parlementaire. Le contexte de guerre froide, et peut-être la rupture de confiance irrévocable suite au décès de Mohamed V entre le mouvement national et la Monarchie, ont en décidé autrement.

Pour une lecture contemporaine des élections (et la source de certains résultats) l’Annuaire d’Afrique du Nord rapporte des éléments additionnels à considérer.

Résultats Statistiques:

    Variable |  Model_Oppo      Model_Govt  
-------------+--------------------------------
alpha1       |
       _cons |  .00006663      -.00005952     
-------------+--------------------------------
alpha2       |
       _cons | -1.029e-09       1.253e-09     
-------------+--------------------------------
constant     |
       _cons | -.33776981        1.354882**   
-------------+--------------------------------
Statistics   |                                
          r2 |  .12604783       .66791841     
        r2_a | -.09244021       .50187761     
----------------------------------------------
      legend: * p<0.05; ** p<0.01; *** p<0.001

Who Vote(d) Progressive in Morocco?

I have recently come across some detailed figures on this website, most importantly the complete set of results from the 2011 legislative elections per province, and I wonder how they got hold of these (apparently Attajdid newspaper published them in full)

the story behind those figures is damning to the left: they have lost their historical stronghold a long time ago, and I can recall one statistical evidence that provides a sad indictment to the sorry state of progressive politics in Morocco: in 2007, USFP candidates garnered 2301 votes in Aïn Chok. In 2011, they managed to pull 2304, even as turnout jumped from 22,125 to 41,195. There is a large probability the same people turned out to vote USFP, even as parties like PJD and MP doubled their respective votes from respectively 7,493 and 3,067 to 20,849 and 6,579. This is from a city where UNFP and the progressive parties before 1997 usually carried 37% of the votes, an average of 86,000 votes per election since 1963. In 2011, the total votes in Casablanca for all competing left-wing parties was around 29,500 (6.1% for the Casablanca metropolitan area) an abysmal performance matched only by the 1977 elections, when neither USFP, PPS or UNFP/UMT managed to carry a seat there.

Historically however, the total score of popular vote garnered by all progressive-affiliated political parties is very close to PJD’s feat: PJD carried 22.8% of the popular vote, some 1,080,914 votes, and all left-wing political parties carried on average 1,135,281 votes. It would be interesting to identify those areas that have voted (or still vote) progressive since 1963. Perhaps the evidence shown later would confirm the urgent need to unify all of these political parties into one big tent. The chief benefit of a broad coalition is electoral maths: one party, or at least one cohesive coalition means the perverse effect of the Moroccan ballot system would be alleviated somewhat: two competing left-wing candidates are cancelling each others out. In 2007, the vote was split evenly between USFP and the PSU-PADS-CNI alliance in Essaouira: though both got a seat each, their combined 17,540 votes (out of 66,740) could have most likely carried a third seat from the 4 slots. In 1997, the aggregate progressive vote in Marrakesh was second only to Istiqlal, leaving behind RNI (73,777) and MP (50,800) but because it was fragmented between USFP, PPS and OADP, their electoral performance didn’t amount to much.

There is one instance where electoral cooperation produced impressive results: in 1993, USFP and Istiqlal stood with joint candidates, a strategy that yielded Koutla‘s highest performance ever since it was first formed in 1970: 36.2% with scores as high as 79% in Mohammedia, Essaouira (61.26%) and Alhuceimas (58.1%) Casablanca and Rabat-Salé averaged 56% of popular votes.

Perhaps my definition of ‘progressive’ is too biased: after all, it fails to account for the extra-parliamentary opposition, all those political parties with definite views on the parliamentary system (including PSU since February 2011). But I guess the best analogy to describe the state of the Moroccan left is that of the informal sector: the activity is out there, but because it operates beyond the legal framework, the correct appraisal of the sector’s contribution to legal GDP becomes difficult, if not impossible to perform. Left-wing parties operating outside the mainstream political competition (the electoral process, so to speak) contribute to the Moroccan political life, but because they refuse to submit to the only viable performance indicator around, i.e. elections, they do not influence mainstream politics. Polling is not a thriving business in Morocco yet, so general elections since 1963 are so far the only correct indicator as to how popular progressive and liberal ideas are with the Moroccan electorate. Official figures, electoral official figures in particular are hotly gainsaid by many in the opposition, and in many instances, their accusations are founded. This is an inevitable caveat: to talk about Moroccan elections in a serious fashion is to use official figures, and these are not always accurate. Still, in the absence of an alternative, one has to make do.

the progressive vote “migrates” away from large metropolitan districts to smaller, more rural seats (even a couple in the Sahara) especially since 1993

UNFP/USFP, FFD, PPS, PSD, CNI, PT, PADS, OADP/GSU/PSU, PS, PGVM are all left-wing parties (with explicit references to values of socialism or progress in their respective denominations) with a history of electoral campaigning and for most of them, at least one gained seat since their foundation. Together, they have held between 19.6% and 22.5% of parliamentary seats and 22.8% of popular votes since 1963. Nonetheless, the geographical distribution of their parliamentary caucus has changed a lot over the years. True, the Casablanca-Rabat-Agadir formed much of the middle-class stronghold upon which parties like UNFP, then USFP built their political strength, but there are other places where support has been random: Alhuceimas is the best example of a “swing province”: in 1963, no vote were cast in favour of UNFP, even as USFP and PPS carried about 25% of the votes in 1977, and 22% of all the votes went progressive in 2007, only to swing dramatically to other allegiances in 2011, with only 11.8% of the votes going to USFP, PPS and other competing political parties.

The electoral map shows steady patterns in the progressive vote, both disturbing and hopeful: Casablanca, Mohammedia and Rabat are no longer leaning left, and Agadir itself is becoming less prone to give its votes to the USFP-PSU/PADS/CNI tandem. In fact, these traditional strongholds of middle-class, unionised public service workers have been crumbling since 1993, before the Alternance Consensuelle: the nationwide performance of left-wing Koutla (USFP, OADP, PPS, PSD) in 1997 was around 36.5% of popular vote, but the breakdown per metropolitan areas shows a steep decline, obviously offset by gains from new constituencies in the South and rural hinterlands: Abdelwahed Radi carried around 43,100 votes in his Kenitra constituency for instance. The disturbing part is that mainstream progressives (USFP, PPS and perhaps FFD before 2011) have seen their core parliamentary seats shift from Rabat (7 out of 8), Casablanca (14 out of 31) to other places (the South mainly) leaving the already ambitious MPCD-turned-PJD ample room to fill in the void (in 1997, MPCD already held 6 seats in metropolitan Casablanca). The depressing part is the seemingly delibrate strategy by all left-wing parties (including the Democratic Alliance, with a strong showing in the Ouad Dahab district in 2007) not to take the battle to their former urban stronghold: Casablanca, Rabat, even Agadir are now lost battle to the USFP as well as smaller parties, should PSU or PADS ever go back into parliamentary elections. The obvious advantages to such strategy are easy to enumerate: the required number of votes to carry a seat are much higher in Casablanca than they are in, say Beni Hssen, or Guelmim. There is a clear-cut trend for both the governmental and democratic left in shifting their core votes (and seats) from urban to peripheral-urban and rural seats: their share in parliamentary caucuses has been constant since 1993, which belies the fact that left-wingers are no longer effectively representing their cherished public, the urban middle and working classes: these have been lost around 1993 already.

In many instances, the fact that up to 5 competing left-wing candidates are fighting each other off over 3 slots makes it a pyrrhic victory to however emerges. Sidi Bennour is a great example of how a united left can prevail: in 2007, the Democratic Alliance (PSU/PADS/CNI) garnered 10,559 votes, about as much as USFP as one can see:

SIDI BENNOUR OULED FREJ (226,379 voters)
======================================================
Party                                Votes   %  Seats
------------------------------------------------------
Constitutional Union                 7,990  10.5    -
Independence Party                   9,737  12.8    1 
National-Democrat Party - Covenant  10,006  13.1    1 
National Rally of Independents       3,305  04.3    -
Party of Progress and Socialism      4,804  06.3    -
Popular Movement                     9,700  12.7    -
Socialist Party                      4,292  05.6    -
Socialist Union of Popular Forces   10,297  13.5    1 
Union PADS–CNI–PSU                  10,559  13.9    1 
Others                               5,534  07.3    -
------------------------------------------------------
Total                               76,224          4

and yet if both USFP and PSU/PADS/CNI managed to stand with one common list, they would have carried the third seat away from Istiqlal. Another interesting feature of the Sidi Bennour district is the turnout, down 10,670 from 2007 (76,224) to 2011 (65,554). Boycott, in that particular case showed clearly as those  AGD voters preferred not to go to the polling stations. There are 4 seats opened for the left down there simply because they can mobilise around 20,000 voters out of a 193,000. Obviously, they do not have the Rhamna juggernaut at their disposal: in 2007, the so-called independents under Fouad Ali Himma’s leadership carried all 3 seats for the Rhamna district with a whooping majority of 41,265 to a total number of voters around 56,755, a super-majority of 35,187.

regional contribution to historical average: populous regions still contribute more

I mentioned earlier that the historical trend in voting pattern bore depressing features. There are however signs of potential comeback: first, the aggregate vote in urban rings shows as a strong second or third. There is great potential however in smaller cities: Essaouira, Sidi Bennour of course, and other districts usually concentrated in Marrakech-Tensift-Haouz and Souss-Massa. The aggregate vote shows more than often potentially an additional seat should all progressive candidates stood on coalition platforms. In parliamentary arithmetics, that translates into a dozen additional seats from marginals (including PJD’s) and around 5 more with the national ballot automatic transmission effect.

A Koutla of the left can be achieved, and from what I have seen since 1997, there are around 30 districts (meaning, around 45 seats) where at least one party does not carry enough votes to cross the legal threshold for campaign reimbursement. A rational strategy would be to strike a deal in coordinating their choice of candidates, if indeed these parties cannot agree on a ready-made coalition platform.

But then again, as long as the old rivalries persist among all components of the Moroccan left, there is little hope a strong progressive parliamentary party will emerge and present itself as a viable alternative to the Makhzen as well as the PJD.

Pure Income Tax: a Rate for Everyone

Posted in Dismal Economics, Moroccan Politics & Economics, Morocco, Polfiction, Read & Heard by Zouhair ABH on March 23, 2012

I suspect lawyers got the better of economists when it comes to the proper rates that apply to Income Tax rates. income brackets are determined somewhat arbitrarily -I haven’t come across any MINEFI stating otherwise yet- and all exemptions, tax breaks, loopholes and other regulations are yet to prove their usefulness, both as a policy instrument and as an incentive to influence taxpayers’ behaviour.

As it stands now, Income tax represents 3.8% of total GNI; roughly speaking, that means every household in Morocco pays some 4.440 dirhams in taxes – which is quite absurd, since a lot of these do not pay it actually, and another bunch is getting away with it; while it is understood the poorer 10% do not pay income tax due to their very low average annual income – some 25,172 dirhams, the wealthiest 10% earn an average of 427,931 dirhams per annum. So in effect, the real average tax payment is closer to 3.97% or 5,000 dirhams per household. But even that amount of money is phony; how can one explain the high discrepancy in the 38% marginal rate, the average 3.97% and the real marginal rate of 1.16%?

The is simple: there is an incredible inequality in household income distribution, and the present tax system is intrinsically unfair, as it lays a heavier burden on the middle/median incomes relative to the higher ones, and finally, there are many wealthier individuals with Agricultural Business whose taxes are negative, i.e. subsidized in their income. Indeed, the present tax code presents (urban) taxpayers with the following rates:

<30,000 per annum: ……………exempted
[30,001 ; 50,000] per annum: ………..10%
[50,001 ; 60,000] per annum: ………..20%
[60,001 ; 80,000] per annum: ………..30%
[80,001 ; 180,000] per annum: ………34%
>180,000 per annum: ………………….38%

which does not compute with income distribution, since the actual IR rates tend to hit the middle class harder – and by middle class I mean the 75,500 dirhams these households earn annually, and many of these cannot get away with the various loopholes and breaks the tax code allows for, thus creating an actual tax break for the 38% marginal rate.

Is it possible to provide an alternative tax system then? Sure. It would have the advantage of being simple, progressive and easier to carry out, because rates would adjust themselves automatically. There is one little caveat though: the statistical evidence from income distribution has to be solid and significant. Since I do not have access to the detail, I would venture some results based on the public data HCP released regarding income distribution in 2009.

Let me first start with some doodling with some simple assumptions – just to get my point across. Let’s assume income distribution is normally distributed with the present mean 114,420 dirhams, and (sampled) deviation of 1,474. Computations are therefore easier to run with custom tax rates: depending on how far a household’s income falls from the average 114,420, they have to pay a commensurate tax rate computed with the same normal distribution; since the average income rate households in Morocco below the median threshold are supposed to pay is 7%, then we can match Normal income distribution N(114,420 ; 1,474) with an equivalent Normal income tax distribution N(7 ; 1) in this simple setting, the wealthier 1% with an income of 117,850 dirhams and above would pay at least 9.3% income tax, while the middles classes, those close to the average 114,420 dirhams would pay no more than 6.9%. Under this scheme, and following this income distribution, tax receipts would increase from existing 28.96 Bn dirhams to 46.82 Bn dirhams, with an overall income fiscal pressure of 6.3% of total Gross National Income. and we still get to exempt the poorest 651.600 households from income taxes. The windfall profit from the scheme is essentially motivated by the fact that income and tax distributions have been matched with the same random parameters, hence insuring perfect fairness in taxation, cutting red tape and making sure every individual has a clear understanding of the tax system.

Application: under this scheme, a household earning 111,000 dirhams would have to pay 4.68%  income tax, such:

w_{t}\pm \alpha_{t}\sigma=114,420

and thus using the level of confidence to compute the custom income rate:
t_{p}=7\%\pm\alpha_{t}

another household earning 117,000 would thus pay a 8.75% income tax rate. Simple, quick and easy to implement. In each case, households with comparative incomes would pay respectively 5,194 and 10,237 dirhams, which is still far below the respective taxes of 20,540 and 22,580 dirhams they would have to pay under the present tax code.

#Income Distribution 
#Phase 1: assume Income follows Normal Distribution
#Sample 1/1000 of total number of Households - HCP Census
n<-6516
I_M<-rnorm(n, mean=114420, sd= 1474)
hist(I_M, prob=TRUE)
quantile(I_M, probs = c(0.01,0.99,0.95, 0.25,0.5, 0.1, 0.05))
Tax_Norm<-rnorm(n, mean=0.07, sd=0.01)
quantile(Tax_Norm, probs = c(0.01,0.99,0.95, 0.25,0.5, 0.1, 0.05))

But we do not live in a Gauss-Laplace world; there are such high income inequalities that mean and median household income in Morocco are at a 2:1 ratio, yet another indicator of the disparities. As a matter of fact, I did point out -in a rather hurried manner- that the best estimate for income distribution across Moroccan households is the well-known Pareto distribution. I will try to provide a correct estimator this time, and from then on apply the proposed tax policy instrument;

Cumulative share of decile households (HCP)

How do we know income distribution in Morocco is indeed a Pareto distribution? Well, the first item to look at is the cumulative distribution function built from the published data; the graph gives compelling evidence that indeed income distribution is Pareto – which is not great news since it means high discrepancies in income across households, and subsequently unfair tax brackets embedded in the tax code.

The object of interest here is indeed income share per decile, and the basic idea is to match it up continuously with custom tax rates, hence eliminating tax brackets and all loopholes to the benefits of all: government receipts increase, and a pure tax rate ‘discrimination’ (discrimination in the sense that every individual has only to pay its own, intrinsic tax rate) allows for a lower tax burden compared to the present tax system. Everybody gains from it. Luckily enough, there is little to estimate; what is more, the properties of the Exponential distribution allow for some computations to run smoothly;

since we are considering a 1/1000 sample, the maximum income in this case is 1.18 Million dirhams – the richest household in this sample, so to speak. We check easily that the minimum income earned at the 1% level is 520,600 dirhams, while the median sample is 79,500 dirhams – which in line with the real-life data (75,500 dirhams)

The next batch of computations is pretty straightforward, we need income tax rates to match income distribution with its own Exponential distribution, and so:

#Phase 2: generation Exponential Income distribution
n<-6516
#Sample as previous: 1/1000 of total number of Households
I_Exp<-rexp(n, rate = 1/114420)
summary(I_Exp)
quantile(I_Exp, probs = c(0.01,0.99,0.90, 0.25,0.5, 0.1, 0.05))
Tax_Exp<-rexp(n,rate=1/7)
summary(Tax_Exp)
quantile(Tax_Exp, probs = c(0.01,0.99,0.90, 0.25,0.5, 0.1, 0.05))

And so we end up with interesting results: the richest 1% have to pay some 31.47% income tax – which is still below the nominal existing rate, and the median rate 4.73% for those earning around 79,500 per annum. The same computations apply equally to different incomes: for a household earning 86,000 dirhams, the custom rate would be 5.72%. All you have to do is look at the probability value at which household income wt lies, then match it up with the corresponding rate – with perhaps an exemption for the bottom 10%. Households below 420,000 dhs income would benefit from this scheme: median income households of 75,500 dirhams would pay about 4,873 dirhams compared to the 10,325 dirhams they would pay under the present tax system. As a matter of fact, even households earning 173,918 dirhams would pay 10.91%, i.e. 18,978 dhs which is still below 41,900dhs they would pay under the existing tax code.

Again, receipts from the new tax system under this scheme would top the existing receipts to 46.4Bn dirhams, way more than the, again, existing 28.96Bn, with no prejudice to the overall fiscal pressure relative to GDP or GNI.

the boost in fiscal receipts is mainly due to the tax discrimination effect described above – and the elimination of a host of loopholes and tax breaks do contribute as well.