The Moorish Wanderer

Austérité Zombie?

Posted in Dismal Economics, Flash News by Zouhair ABH on October 24, 2013

l’esprit du PLF 2014 aurait dû s’imposer dès 2012. Il est désormais clair que les divers choix qui ont gouverné la politique économique du Maroc depuis les quinze dernières années ont montré leurs limites. L’option d’austérité budgétaire, sous une forme modérée et relativement peu coûteuse a été repoussée en faveur d’un pari, ou plutôt le fol espoir que la conjoncture mondiale se redresserait rapidement en 18 mois.

Mais l’esprit d’une consolidation budgétaire ne se réalise pas dans le détail des chiffres du Budget. La diminution programmée de l’investissement public, si elle n’est pas exceptionnelle en soi, choque cependant par l’ampleur de l’économie annoncée, près de 10 Milliards dhs en comparaison avec 2013, alors même que les dépenses de fonctionnement augmentent de 6 Milliards en comparaison avec l’année passée. deux-tiers de cette augmentation a pour origine une augmentation assez importante du budget du Ministère de l’Education Nationale, probablement une réponse au discours royal de l’été dernier.

Dans l’ensemble, la distribution de l’augmentation des dépenses de fonctionnement parmi les départements ministériels a été d’une grande inégalité: quatre départements réalisent plus de 90% de la hausse prévue pour l’année fiscale 2013, comme on peut le voir sur le tableau ci-dessous, en comparaison avec les départements ayant contracté le plus leurs budgets respectifs pour la même période:

Département ∆ Mds %∆ Totale
Min. Education 4 057 62,66%
Min. Santé 1 046 16,16%
Défense Nationale 586 9,05%
Min. Agriculture 324 5,01%
Min. Justice 301 4,65%
Min. Equipement 150 2,32%
Min. Urbanisme -22 -0,34%
Min. Gouvernance -38 -0,58%
Miin. Intérieur -107 -1,65%
Min. Emploi -217 -3,35%
Min. EnsSup -538 -8,31%

Ces aménagements ne permettent cependant pas de camoufler l’hypothèse d’une détérioration continue du solde ordinaire, ou encore de la capacité propre des recettes ordinaires (fiscales) à faire face aux dépenses de fonctionnement de l’Etat: un déficit modéré d’un peu plus d’un milliard de dirhams est prévu pour le PLF 2014, alors que les vingts dernières années offraient un excédent moyen de 7 milliards de dirhams. Cela signifie que seul un gel des dépenses de fonctionnement aurait pu générer un excédent proche de la moyenne historique.En l’absolu, c’est précisément ce qui découle de la variation des dépenses de fonctionnement du budget général. Or ce résultat  ne saurait être obtenu que si l’hypothèse d’une économie équivalente de 3 à 4 Milliards de dirhams sur la Caisse de Compensation est réalisée à travers, notamment, le système d’indexation. Autrement, le reste des postes de dépenses enregistrent presque exactement une variation contraire de l’économie espérée.

Le choix semble avoir été un compromis en défaveur des dépenses d’investissement, dans un effort pour maintenir sous contrôle le déficit budgétaire. La baisse programmée de 17.4% de l’investissement public était le prix à payer pour diviser par deux le déficit budgétaire, afin de le ramener aux alentours de 3.8% du PIB.

Pour l’instant, il serait intéressant de suivre les débats en commission parlementaire quant aux divers changements de régime en TVA et en IS, en matière de dépenses fiscales (qui enregistrent une baisse de 2 Milliards, soit potentiellement autant en rentrées fiscales) ou les changements introduits dans le PLF lui-même.

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