The Moorish Wanderer

De Combien Dépend Réellement l’Economie Agricole de la Pluviométrie? 2/3

Posted in Dismal Economics, Moroccan Politics & Economics, Morocco, Read & Heard by Zouhair ABH on April 24, 2013

L’objet du post est d’étudier de près les différences entre agriculture moderne et de subsistance. Certainement pas sous l’angle du spécialiste de l’économie agricole (que je ne suis pas) mais plutôt en considérant les objectifs principaux du Plan Maroc Vert. L’idée ici est de trouver une suite de résultats théoriques simulés, permettant principalement de répondre aux questions:

– L’objectif annoncé du PMV étant de moderniser l’agriculture marocaine, peut-on donc anticiper un mouvement de convergence de ce secteur vers le reste de l’économie domestique?

– Une fois ce concept de convergence admis, quels seront les effets sur la volatilité de la production agricole, et son impact subséquent sur le PIB dans son ensemble?

– Dans le secteur agricole lui-même, quels sont les évènements attendus pour observer une convergence des deux secteurs moderne et traditionnel?

– Une fois l’analyse coût/opportunité réalisée, peut-on soutenir que le PMV augmentera le bien-être général?

Pour ce faire, on se propose de donner à chacun des deux secteurs agricoles (moderne et traditionnel) la même fonction de production, mais dont les déterminants de combinaison sont légèrement différents, avec:

M_t = A_t^M K_t^\alpha H_t^\beta L_t^{1-\alpha-\beta} pour le secteur agricole moderne

et

S_t = A_t^S K_t^{\alpha'} H_t^{\beta'} L_t^{1-\alpha'-\beta'} pour le secteur traditionnel (ou de subsistance)

la production agricole sectorielle dépend donc de la combinaison de facteurs de capital K (machines, mécanisation des travaux du sol, etc…) de la main d’œuvre H, et du terrain L. A côté, on admet un facteur de productivité  A, lequel capture l’effet de changement de technologie (comme l’introduction de nouvelles semences, ou de nouvelles machines agricoles) ou d’évènement aléatoires inconnus (pluviométrie, changement de température, etc.)

Le premier obstacle est d’estimer les coefficients de ces deux fonctions de productions, car il n’existe pas de données publiques assez détaillées pour le faire. Cependant -et c’est là que es hypothèses osées commencent- on peut déduire quelques relations d’identités en comparant ces coefficients entre les deux secteurs: en supposant qu’une exploitation agricole a besoin d’une superficie assez importante pour être moderne, et en séparant les deux secteurs moderne et de subsistance à partir d’une SAU de 10 hectares, on peut donc calculer le rapport d’utilisation de chacun des facteurs de production, donnant ainsi les valeurs convoitées, établies dans le tableau ci-dessous (les paramètres prime sont à chercher dans la ligne ‘Agriculture de Subsistance’, \delta est le résidu, notation utilisée pour des raisons d’économie d’espace)

Secteur \alpha \beta \delta
Subsistance 31,32% 66,27% 2,42%
Moderne 62,63% 33,73% 3,64%

On observe ainsi que l’agriculture moderne est largement capitalistique, c’est à dire dépendant plus des machines et matériel utilisés dans des terrains plus larges. Il y a même un effet miroir dans les technologies de production, une première  Voici donc un premier résultat qui pourrait éventuellement mettre en doute un des objectifs du Plan Maroc Vert, ou en tout cas porter la contradiction à la troisième question plus haut.

En effet, il est attendu que le secteur agricole créera 1.5 million d’emplois dans la prochaine décennie – une création qui sera très certainement portée par le secteur de subsistance, puisque toute augmentation de main d’œuvre dans les exploitations modernes est économiquement injustifiée, à moins d’altérer profondément les distributions des divers facteurs de production, ce que le Plan ne semble pas inclure. Par altération structurelle, j’entends par exemple une réforme agraire, ou plus concrètement, une limitation de la taille maximale d’une exploitation agricole, laquelle forcerait donc pour les surfaces les plus importantes, un rééquilibrage d’utilisation des facteurs de production, en faveur du facteur travail.

Tendance du PIB agricole en écart par rapport au reste des activités économiques

Tendance du PIB agricole en écart par rapport au reste des activités économiques

De plus, supposer une convergence intra-secteurs, puis une convergence du secteur agricole vers le reste de l’économie est très improbable: si effectivement l’économie marocaine dépend de moins en moins de l’agriculture, c’est qu’il y a une raison particulière pour cela: le découplage de celle-ci est plus dû à sa croissance chaotique qu’autre chose. l’écart croissant tel que rapporté dans le graphe ci-dessus (observons les deux courbes de tendance s’éloignant l’une de l’autre aux dépend de l’indice de production agricole) est une preuve que le secteur agricole, loin de s’intégrer au reste de l’économie domestique, est en train de se découpler de celle-ci. Ceci implique que l’agriculture marocaine aura autant de difficultés à assurer une convergence intra-sectorielle, ne serait ce que par la différence structurelle, et fondamentalement en faveur d’un secteur moderne mécanisé et peu dépendant de la main d’œuvre, telle que rapportée dans le tableau de coefficients plus haut.

 

 

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