The Moorish Wanderer

Hello Keynes!

Posted in Dismal Economics, Moroccan Politics & Economics, Morocco, Read & Heard by Zouhair ABH on April 17, 2013

Le Maroc dans sa totalité a un gros problème, probablement plus gros que la question de la caisse de compensation, ou la réserve de devises, ou même le déficit de la balance de paiement: c’est la nature même des sources de la croissance qui sont en cause. Et il faut aussi dire qu’il y a eu une remarquable stabilité dans notre propre modèle de croissance, peut-être aussi de développement.

Décomposition du PIB par Composantes d'Offre/Demande

Décomposition du PIB par Composantes d’Offre/Demande

la référence à Keynes est un peu malhonnête car la croissance des pays de l’OCDE post-1945 s’est accompagnée d’une réduction sans précédent des inégalités sociales jusqu’au milieu ou la fin des années 1970. Au Maroc, le tableau est radicalement différent, car sur la base des résultats présentés plus loin, nous aurons réussi à compiler les mauvais aspects d’une croissance Keynésienne, et nous continuons à le faire, mais sous d’autres formes.

Les graphes plus haut décomposent le PIB par sa réaction à des chocs de demande (consommation, dépenses gouvernementales, par exemple) et d’offre (effet de productivité, principalement) et proposent des éléments supplémentaires à la simple énumération des contributions des agrégats de la comptabilité nationale: certes, la consommation finale des ménages aura contribué 2/3 de la croissance enregistrée durant les 50 dernières années, mais son effet n’est pas restreint à un rapport de croissance – il y a aussi l’effet ‘pur’ de la demande domestique sur la croissance.

L’économie marocaine aura développé une structure privilégiant la consommation finale plutôt que des activités productives; ce n’est pas plus mal, et malgré tout, la consommation rapportée au PIB est en déclin (encore que la vitesse de décroissance est plus faible que le rythme théorique) cependant, notre économie domestique aurait enregistré des taux de croissance plus élevés si la dépendance à la consommation – à la demande domestique, en somme, était plus faible, ou en tout cas, si les chocs induits par la demande étaient de moindre magnitude – le rapport de la volatilité de ces chocs est de 1 à 3 en faveur des composantes de demande, un résultat mettant en doute la validité d’une intervention du gouvernement dans la subvention de la consommation, telle qu’incarnée par la Caisse de Compensation.

Faible contribution de la demande dans l'Indice des Prix

La Composante de Demande converge plus vite vers le niveau des Prix

Cette analyse s’applique aussi pour l’indice des prix, et voici un résultat extrêmement intéressant: il est souvent avancé que la brusque levée des subventions entraînerait une hausse des niveaux de prix (donc de l’inflation) mais on néglige souvent de distinguer les origines des effets inflationnistes anticipés. Ce résultat, à priori contradictoire avec l’observation évoquée plus haut, est expliqué principalement par les inégalités de consommation, en l’occurrence la distribution de celle-ci auprès des ménages.

Une minorité de ménages aisés contrôlant un pourcentage disproportionné de la consommation agrégée est peu susceptible d’entraîner une pression croissante sur le niveau des prix (par simple effet de taille, surtout) et pourtant leurs habitudes de consommation ont un impact autrement plus important sur la contribution de l’agrégat à la croissance du PIB; il s’avère ainsi que les fruits de la croissance sont principalement concentrés auprès de ces ménages, lesquels ont des habitudes de consommation ayant peu d’incidence sur le niveau des prix, en tout cas dont les effets sont peu persistent sur le temps.

D’un autre côté, la persistance des chocs d’offre sur le niveau des prix est un sujet autrement plus préoccupant, car ceux-ci sont supposés être plus averses au risque, ou en tout cas peu générateurs d’inflation – et pourtant, ils le sont. Il suffit d’imaginer que ceux-ci ont une consommation intermédiaire inflationniste (une dépendance croissante aux dérivés d’hydrocarbures, par exemple) et que l’absence d’incitations à diversifier le coût de la consommation intermédiaire est une piste à explorer.

Cette analyse en somme n’est pas exempte de critiques, il n’en reste pas moins que certains mythes doivent être dénoncés, et surtout, il serait temps aussi de faire le bilan de toute une génération de politiques publiques, lesquelles auront échoué à faire d’activités d’exportations (ou d’investissements productifs) le moteur de croissance.

One Response

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  1. […] profite pour mettre à jour des résultats que je discute dans un post précédent, et de mettre en évidence les résultats du HCP calculés en 2012 et ceux plus récents. Dans les […]


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