The Moorish Wanderer

La Baisse de l’Investissement Public est une ENORME ERREUR

Posted in Dismal Economics, Flash News, Moroccan Politics & Economics, Morocco, Read & Heard by Zouhair ABH on April 6, 2013

Et ce malgré le faible taux chronique d’engagement des investissements publics. Par principe, une politique d’austérité ne s’attaque pas aux dépenses d’investissement, particulièrement lorsque celles-ci sont structurellement à faible croissance en comparaison avec les dépenses de fonctionnement du budget.

Ce n'est pas la première fois que le budget d'investissement a été révisé à la baisse, mais l'écart entre investissement & fonctionnement se creuse depuis 1980

Ce n’est pas la première fois que le budget d’investissement a été révisé à la baisse, mais l’écart entre investissement & fonctionnement se creuse depuis 1980. (graphe RDH50)

Pourquoi le gouvernement procède malgré tout? Il semblerait que l’annulation du taux d’engagement soit motivé plus par une volonté de réduire le chiffre du déficit budgétaire plus qu’autre chose. Une mesure cosmétique, car elle ne touche pas au déficit primaire (la différence entre recettes fiscales et assimilées d’une part, et les dépenses de fonctionnement de l’autre)

En termes d’impact sur le PIB, une réduction de 15 Milliards d’investissements publics correspond à une baisse de 25% de ceux-ci, soit un impact immédiat de près de 70 points de base en moins sur la croissance anticipée. A titre de comparaison, lever 15 Milliards avec une consolidation fiscale impliquant 7 Milliards en augmentation d’impôts sur la consommation et 8 Milliards en diverses économies sur les dépenses de fonctionnement permettent de réaliser un manque à gagner de croissance de seulement 20 points de base.

Mais pourquoi donc? deux questions à vrai dire se posent: quel est l’objectif réel du gouvernement, et pourquoi l’impact de l’investissement sur le PIB est-il plus important que l’impact de la taxe sur la consommation, alors que l’agrégat de consommation contribue plus à la croissance?

La première question est d’ordre politique, les préférences du gouvernement penchant vers une mauvaise réponse à une bonne question. La taille du déficit en elle-même n’est pas le problème: après tout, si le gouvernement se décide d’avancer avec une politique de consolidation sur toutes les composantes du budget exceptée la caisse de compensation, alors le déficit structurel ne sera que très marginalement affecté. Comme précisé plus haut, même s’il s’agit d’une augmentation de facto du taux de réalisation des investissements publics, l’impact sur le déficit primaire, la capacité du gouvernement à payer ses factures par ses revenus propres est nul, alors même que c’est la cause du problème.

La deuxième question est incorporée dans les mécanismes de transmission des chocs exogènes importés ou domestiques: les habitudes de consommation sont plus stables que celles de la FBCF, d’où une inélasticité plus prononcée.

Réaction du PIB et de la Consommation à la réduction de l'Investissement Public

Réaction du PIB et de la Consommation à la réduction de l’Investissement Public

2 Responses

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  1. hakikaéco said, on April 9, 2013 at 12:26

    de grace,
    15 milliards de dirhams d’investissement public, ça représente 1,8% du PIB. le réduire ( en exécution) sur une année ou plusieurs, ça engendre une baisse de la demande agrégée d’autant, et donc l’impact immédiat sur le PIB d’autant sur la période. c’est très au delà de vos 0,7% (5,7 Mdhs) sur la croissance anticipée ou effective. à moins de considérer que l’effet va se règler sur 3 à 4 ans ( les anticipations des agents privés au Maroc sont primaires voire grégaires). Et, dans mon chiffrage, je ne compte pas l’effet indirect ( négatif) des anticipations du privé ( ménages et enreprises) qui vont réduire eux aussi leurs dépenses de consommation et d’investissement ( équivalence ricardienne à l’envers). l’impact( réel) est très recessif et l’impact sur le déficit budgétaire est moindre. les officiels vont découvrir le vrai niveau du muliplicateur budgétaire ( très supérieur à 1 comme partout dans les pays en crise)

    • Zouhair Baghough said, on April 9, 2013 at 15:58

      Bonjour, Merci pour votre commentaire!

      la baisse de .7 point est à chercher dans l’écart par rapport au taux de croissance potentiel, plutôt que la croissance elle-même. Mais vous avez raison, ce que je calcule est l’effet instantané de la décision – sur une année, le manque à gagner sur la croissance est plutôt dans 1.6%. Je rajoute un graphe
      Si on raisonne en termes de d’anticipations des agents primaires, je crois que l’effet adverse sur la consommation sera très faible (l’arbitrage du revenu permanent) certainement sur la FBCF vu que le pourcentage d’investissement public reste important.

      La question du déficit est plus ambigüe: tout dépend du traitement des dépenses gouvernementales: je crois qu’en endogénisant les dépenses publiques, l’impact sur le déficit est proche de ce qu’anticipe le gouvernement.

      Très bonne discussion!


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