The Moorish Wanderer

Five Score Years Later…

La Marche de l’Histoire” is perhaps the best Radio France Inter broadcasts – not nearly as great as its predecessor 2000 d’Histoire- but still; On March 9th Jean Lebrun invited Professor E. Berenson (NYU) to talk about Hubert Lyautey, conqueror, pacifier and first Resident General of the French Moroccan protectorate.

https://dl-web.dropbox.com/get/Lyautey_RFI.mp3?w=4e1d0679

you can download the entire broadcast on this weblink [mp3]

But my blogpost isn’t about Maréchal Lyautey. It is not even about French colonialism; I should say I have a declared interest in this; my entire higher education so far has been conducted under the French Grandes Ecoles system, and there is no doubt in my mind that until recently, my Weltschauung has been very French-centred. Education, cultural references, even my early reading list on Moroccan politics has been fashioned by French authors, historians or French-speaking references.If anything, me blogging in English is a kind of redemption from la Langue de Molière, and I don’t buy into the idea that Arabic as my natural lingua franca, Pan-arabism is just as dismal a cultural colonialism as the French influence.

former Sultan Abdelhafid posing as a gentleman farmer, carrying his nephew and future Hassan II (Source: Le Journal Hebdomadaire)

Sultan Abdelhafid signed the Fez treaty on March 30th 1912; Historians report that Saturday was rainy and grey – that day formalized Morocco’s loss of sovereignty. How it came to the Spanish-French protectorate has been pretty well established: high foreign debt, increasing foreign pressures to meddle with Imperial finances, and a traditionally weak central authority failing even to perform the basic -some might say sole- task of levying taxes, let alone suppress successfully Roguis and tribal uprisings all over the Cherifian empire. A succession of military defeats and weak sultans allowed French cavalry columns to egress North of the Sahel and West from the Moroccan-Algerian border, and a stylish, bloody shelling, then landing on the shores of the future Casablanca in 1907. Spaniards took advantage of

C.R. Pennell reports:

While French and Spanish troops nibbled at Moroccan territory, European creditors drained the treasury. Moulay Abdelhafid could not fulfil his bay’a by recovering the lost lands, nor by ending the debt.

The new Sultan needed money. He had recognised the Act of Algeciras, which has undermined his authorities, but customs dues alone were not enough. Abdelhafid needed foreign loans. Between January and April 1909 negotiations in Fez and in Paris produced a proposal to reorganize the Moroccan debt, at the price of increased French control over the Chaouïa and Oujda where only the fiction of Makhzen authority would be maintained.

That served Lyautey well, as he did not use brutal force to invade Morocco; he dubbed his strategy ‘oil slick’, which precluded slash and burn tactics the Spanish army was so keen on carrying out in the Northern part of Morocco. By 1912, the enthusiastic coalition that supported Abdelhafid’s bid for the Imperial throne waned: Chorfa and Ulamas, long exempted from tax duties,  refused to pay the Tartib (a non-Islamic tax) and so did the Guich tribes;

Abdelhafid was nominated under the conditions he would drive away the Christian aliens, he turned out to be their puppet, in 1910 Colonel Mangin was appointed to reorganise the Moroccan regular army, while French banks controlled all the receipts from the 227 Million francs foreign trade.

The idea of maintaining local elites and the Sultan wasn’t entirely Lyautey’s idea: Consul Gaillard pushed for a subtle indirect rule, whereby French troops were stationed in Morocco officially to restore the Sultan’s rule and protect his throne and his dynasty:

Article III: Le Gouvernement de la République prend l’engagement de prêter un constant appui à Sa Majesté Chérifienne contre tout danger qui menacerait Sa personne ou Son trône qui compromettrait la tranquilité de Ses Etats. Le même appui sera prêté à l’héritier du trône et à ses successeurs

(Fez Treaty – BO n°1 dated 11/01/1912)

France’s Premier R. Poincaré gave reason to Lyautey and Gaillard (promoted to the newly created Diplomatic Bureau of the Resident-General) over General Moinier (who was in favour of direct rule) and the attached legislation to the Fez treaty effectively put the Resident-Generalship under the authority of the Ministry of Foreign Affairs – not the War Ministry.

But the reality of French rule was very Jacobin: military governors answered directly to General Lyautey, and civil comptrollers ranked second to the military establishment. Initially those arrangements were dictated by the urgency of dispatching a rapid-response force to the sporadic mutinies in the newly (re)created, 12,000 strong Moroccan army, and against the tribal M’hallas besieging Fez, Sefrou and Hajeb. Abdelhafid surrendered Morocco’s sovereignty (sold out, as a matter of fact), but the new Sheriff in town had to conquer a contentious land and wage a political fight with perpetually warring tribes. in Fez, Colonel Gouraud had to break the siege, while French columns were rushed to Souss and Marrakech to deal with Desert warriors led by Ahmed El Hiba.

The ‘Pacification’ officially ended in 1934, long after Lyautey had left the Resident-Generalship.

Réforme Fiscale: Quand “Elargir l’Assiette et Baisser les Taux” Prend un Nouveau Sens

Le choix des différents taux appliqués à l’Impôt sur le Revenu me semble déterminé plus par un raisonnement juridique qu’une démonstration économique – jusqu’à présent, je n’ai pas eu l’occasion de trouver un document du Ministère des Finances démontrant l’opportunité des choix de taux, ainsi que les revenus auxquels ces derniers sont appliqués. Mieux encore, il n’y a aucune étude publique justifiant de l’opportunité de l’ensemble des dépenses fiscales attachées à l’Impôt sur le Revenu, les exemptions, moratoires et autres ‘aménagements’ fiscaux n’ont toujours pas prouvé leur utilité, ou même l’impact que ces dernières peuvent avoir sur la comportement du contribuable.

Pour se faire une idée de la pression fiscale résultant de l’Impôt sur le Revenu, ses recettes représentent à peu près 3.8% du RNB. Grosso Modo, cela signifie que chaque ménage au Maroc paie près de 4,440 dirhams d’impôt; mais cette approximation rend peu compte de la réalité, puisque de larges populations n’y sont pas assujettis, alors que d’autres paient moins que le montant théoriquement exigible. Il est par exemple tout à fait compréhensible que les 10% des ménages les plus défavorisés soient exemptés d’IR – dû au faible 25,172 dirhams de revenu moyen propre à ce décile- les 10% les plus favorisés disposent d’un revenu supérieur à 427,931 dirhams (mais ne paient pas l’impôt sur le montant intégral); En réalité donc, la pression fiscale réelle sur les revenus est plutôt proche de 3.97%, c’est-à-dire 5,000 dirhams par ménage imposé. Cependant, même ce taux est peu crédible: comment expliquer l’écart important entre le taux marginal théorique de 38% et celui réel, de 1.16%?

L’explication est simple: il y a au Maroc une inégalité importante de distribution des revenus, et le système de taxation actuel ne fait que renforcer cette inégalité, avec un taux effectif plus important sur les classes médianes/moyennes; de plus, il faudra noter que de nombreux ménages disposant d’un revenu agricole important sont exemptés d’impôt, et disposent même d’une subvention fiscale généreuse propre à la source de leurs revenus.

<30,000 per annum: ……………exempté
[30,001 ; 50,000] per annum: ………..10%
[50,001 ; 60,000] per annum: ………..20%
[60,001 ; 80,000] per annum: ………..30%
[80,001 ; 180,000] per annum: ………34%
>180,000 per annum: ………………….38%

Ces tranches de revenus et les taux correspondants sont décorrélés de la distribution des revenus. Les taux à 30% sont par exemple les plus touchés, puisqu’ils correspondent aux revenus des classes médianes, celles touchant en moyenne 75,500 dirhams annuels. Après tout, ce n’est pas la classe moyenne qui saura profiter des différents dispositions du Code des Impôts et faire de l’optimisation fiscale. Ce sont bien les ménages exigibles du taux marginal de 38% qui en ont les moyens, et transforment ce taux en un bouclier fiscal.

Est-il donc possible de créer un système de taxation alternative? Bien entendu. Ce système aura l’avantage d’être simple, progressif (et progressiste) facile à mettre en place et permet de réduire la taille de la bureaucratie nécessaire au traitement des déclarations d’impôts, ainsi que de faire le ménage dans les textes obscurs de loi et des circulaires administratives. Il n’y a qu’un seul point sur lequel la proposition en entier est fondée: les résultats obtenus de la distribution des revenus au Maroc doit être solide et statistiquement robuste. N’ayant pas accès aux données brutes, je baserais mes calculs sur les données publiées par le HCP sur la répartition des revenus en 2009.

la distance entre le revenu du ménage et le revenu médian sert à calculer le taux d'imposition spécifique

Permettez que je commence avec quelques ‘échauffements’ pour illustrer mon opinion. Pour des facilités de calcul, je suppose que la répartition des revenus des ménages au Maroc suit une loi normale avec une moyenne de 114,420 dirhams, et un écart-type échantillonné à 1,474 (la taille de l’échantillon correspondant à 1/1000 ème du nombre des ménages au Maroc, soit 6516) Les calculs sont facilités par les différents propriétés de la Loi Normale (dont la symétrie, entre autres)  ainsi, suivant la distance entre le revenu moyen (et médian) de 114,420 – le taux spécifique exigé du revenu de ce ménage sera calculé sur l’écart-type mesuré. Parce que les ménages aux revenus inférieurs à la médiane paient un taux effectif de 7%, nous nous proposons de générer une distribution normale équivalente N(7 ; 1) pour une distribution normale des revenus N(114,420 ; 1,474)

Nous remarquerons que dans ce cas de figure, les 1% les plus riches, disposant d’un revenu de 117,850 dirhams seront imposé à 9.3%, alors que les classes moyennes, plutôt proches des 114,420 dirhams, ne paient pas plus de 6.9% en impôts. Les revenus de l’IR générés dans cet univers passent donc des 28.96 Milliards prévus dans la Loi de Finances 2012, à 46.82 Milliards, avec une pression fiscale réelle de seulement 6.3% du Revenu National Brut, avec en prime une exemption des 651.600 ménages les plus défavorisés.

Cette augmentation importante des recettes fiscales est essentiellement justifiée par le fait que la distribution des taux coïncide parfaitement avec celle des revenus, permettant à l’impôt d’être plus équitable et plus efficace.

Exemple supplémentaire: un ménage recevant un revenu de 111,000 dirhams  devrait payer 4.68% soit:

w_{t}\pm \alpha_{t}\sigma=114,420

on utilise le coefficient de distance de l’écart-type en calculant le taux d’imposition spécifique:
t_{p}=7\%\pm\alpha_{t}

Un autre ménage recevant 117,000 dirhams de revenus devra payer 8.75%. Simple, rapide et facile à mettre en place. De plus, il est facile de démontrer que sous ce système, les ménages paient un taux effectif inférieur à l’impôt actuel: dans les deux cas, chacun des ménages devra payer respectivement 5,194 et 10,237 dirhams d’impôt, ce qui est largement inférieur à l’IR présent, de 20,450 et 22,580 dirhams respectivement.

(le code source ci-dessous permet de générer un échantillon aléatoire normal de 6,516 ménages)

#Income Distribution
#Phase 1: assume Income follows Normal Distribution
#Sample 1/1000 of total number of Households - HCP Census
n<-6516
I_M<-rnorm(n, mean=114420, sd= 1474)
hist(I_M, prob=TRUE)
quantile(I_M, probs = c(0.01,0.99,0.95, 0.25,0.5, 0.1, 0.05))
Tax_Norm<-rnorm(n, mean=0.07, sd=0.01)
quantile(Tax_Norm, probs = c(0.01,0.99,0.95, 0.25,0.5, 0.1, 0.05))

Cependant, le monde dans lequel nous vivons n’est pas Normé, Centré et Réduit. Il y a de telles inégalités de revenus que le ratio entre les revenus médian et moyen sont de 2 pour 1, un autre indicateur de ces disparités de revenus. J’essaierais donc de prévoir une estimation correcte de la distribution des revenus, en utilisant les Lois de Pareto et Exponentielles, et utiliser les résultats pour donner une estimation des recettes fiscales attendues du nouvel impôt sur le revenu.

Comment sait-on que la distribution des revenus au Maroc suit une loi de Pareto? Premièrement, il s’agit d’observer la fonction de distribution cumulative construite à partir des données publiques de déciles. Le graphe ci-dessous prouve bien que la répartition des revenus au Maroc est très inégalitaire et par conséquent se prête bien à une estimation par la Loi de Pareto.

Parts cumulatives des revenus par déciles (HCP)

L’intérêt de l’exercice est d’utiliser l’information publique sur la part du RNB par décile, et après avoir généré la distribution aléatoire correspondante, et d’y faire correspondre un taux d’imposition continu et discriminatoire – dans le sens où chaque revenu a un taux d’IR unique y correspondant. Tout le monde y gagne, car l’impôt alternatif exerce une pression moindre sur les ménages, mais en même temps augmente les recettes perçues par le Trésor.

Comme les revenus sont extrêmement dispersés (de 25,000 à 427,000 dirhams) nous nous proposons d’utiliser une propriété pratique de la distribution Pareto en utilisant la Loi Exponentielle à la place, car elle permet en effet de représenter plus facilement l’intervalle de revenus disponibles.

Puisque nous considérons un échantillon à 1/1000 de la population totale, le revenu maximum est de 1.18 Million dirhams – le ménage le plus riche dans notre échantillon, pour ainsi dire- et nous vérifions aussi que les “1%” les plus favorisés jouissent d’un revenu d’au moins 520,600 dirhams, illustrant la propriété inégalitaire de la distribution des revenus, dans l’échantillon et dans la population totale.

Enfin, nous constatons que le revenu médian de l’échantillon est de 79,500 dirhams, ce qui donne une bonne approximation du revenu médian réel de 75,500 dirhams.

Le calcul qui suit génère des taux d’imposition suivant une loi Exponentielle correspondante, et donc:

(le code ci-dessous génère un échantillon aléatoire de 6,516 ménages suivant une distribution Exponentielle)

#Phase 2: generation Exponential Income distribution
n<-6516
#Sample as previous: 1/1000 of total number of Households
I_Exp<-rexp(n, rate = 1/114420)
summary(I_Exp)
quantile(I_Exp, probs = c(0.01,0.99,0.90, 0.25,0.5, 0.1, 0.05))
Tax_Exp<-rexp(n,rate=1/7)
summary(Tax_Exp)
quantile(Tax_Exp, probs = c(0.01,0.99,0.90, 0.25,0.5, 0.1, 0.05))

Nous nous retrouvons donc avec des résultats intéressants: les 1% de ménages les plus affluents paient un Impôt sur le Revenu de 31.47%, taux qui reste inférieur au taux nominal existant. Les ménages médians, ceux qui gagnent 79,500 dirhams paient un taux de 4.73%; le même calcul peut s’appliquer à des revenus différents. Pour un ménage touchant 86,000 dirhams, le taux spécifique sera 5.72%. Pour faire le calcul, il s’agit simplement d’observer la probabilité à laquelle un revenu w_{t} puis utiliser la probabilité obtenue pour calculer le taux correspondant dans la distribution générée de l’IR synthétique – et les revenus générés sont tels qu’une exemption des 10% les plus défavorisés est non seulement faisable, mais n’a aucun impact de taille sur les conclusions. Prenons l’exemple d’un ménage touchant 75,500 dirhams; ces derniers paieront près de 4,873 dirhams, un montant inférieur aux 10,325 dirhams qu’ils sont supposés payés sous le code existant. De plus, les ménages les plus fortunés, ceux qui touchent 173,918 dirhams paient près de 10.91% en taux d’impôt, soit 18,978 dirhams, moins que les 41,900 dirhams du Code des Impôts.

De même, les recettes fiscales de ce nouveau système d’impôt s’élèvent à près de 46.4 Milliards, bien plus que les 28.96 Mds du PLF 2012. Encore une fois, la pression fiscale relative au RNB, ou même au PIB n’est pas sensiblement affectée, soit 6.49% en tout.

Pure Income Tax: a Rate for Everyone

Posted in Dismal Economics, Moroccan Politics & Economics, Morocco, Polfiction, Read & Heard by Zouhair ABH on March 23, 2012

I suspect lawyers got the better of economists when it comes to the proper rates that apply to Income Tax rates. income brackets are determined somewhat arbitrarily -I haven’t come across any MINEFI stating otherwise yet- and all exemptions, tax breaks, loopholes and other regulations are yet to prove their usefulness, both as a policy instrument and as an incentive to influence taxpayers’ behaviour.

As it stands now, Income tax represents 3.8% of total GNI; roughly speaking, that means every household in Morocco pays some 4.440 dirhams in taxes – which is quite absurd, since a lot of these do not pay it actually, and another bunch is getting away with it; while it is understood the poorer 10% do not pay income tax due to their very low average annual income – some 25,172 dirhams, the wealthiest 10% earn an average of 427,931 dirhams per annum. So in effect, the real average tax payment is closer to 3.97% or 5,000 dirhams per household. But even that amount of money is phony; how can one explain the high discrepancy in the 38% marginal rate, the average 3.97% and the real marginal rate of 1.16%?

The is simple: there is an incredible inequality in household income distribution, and the present tax system is intrinsically unfair, as it lays a heavier burden on the middle/median incomes relative to the higher ones, and finally, there are many wealthier individuals with Agricultural Business whose taxes are negative, i.e. subsidized in their income. Indeed, the present tax code presents (urban) taxpayers with the following rates:

<30,000 per annum: ……………exempted
[30,001 ; 50,000] per annum: ………..10%
[50,001 ; 60,000] per annum: ………..20%
[60,001 ; 80,000] per annum: ………..30%
[80,001 ; 180,000] per annum: ………34%
>180,000 per annum: ………………….38%

which does not compute with income distribution, since the actual IR rates tend to hit the middle class harder – and by middle class I mean the 75,500 dirhams these households earn annually, and many of these cannot get away with the various loopholes and breaks the tax code allows for, thus creating an actual tax break for the 38% marginal rate.

Is it possible to provide an alternative tax system then? Sure. It would have the advantage of being simple, progressive and easier to carry out, because rates would adjust themselves automatically. There is one little caveat though: the statistical evidence from income distribution has to be solid and significant. Since I do not have access to the detail, I would venture some results based on the public data HCP released regarding income distribution in 2009.

Let me first start with some doodling with some simple assumptions – just to get my point across. Let’s assume income distribution is normally distributed with the present mean 114,420 dirhams, and (sampled) deviation of 1,474. Computations are therefore easier to run with custom tax rates: depending on how far a household’s income falls from the average 114,420, they have to pay a commensurate tax rate computed with the same normal distribution; since the average income rate households in Morocco below the median threshold are supposed to pay is 7%, then we can match Normal income distribution N(114,420 ; 1,474) with an equivalent Normal income tax distribution N(7 ; 1) in this simple setting, the wealthier 1% with an income of 117,850 dirhams and above would pay at least 9.3% income tax, while the middles classes, those close to the average 114,420 dirhams would pay no more than 6.9%. Under this scheme, and following this income distribution, tax receipts would increase from existing 28.96 Bn dirhams to 46.82 Bn dirhams, with an overall income fiscal pressure of 6.3% of total Gross National Income. and we still get to exempt the poorest 651.600 households from income taxes. The windfall profit from the scheme is essentially motivated by the fact that income and tax distributions have been matched with the same random parameters, hence insuring perfect fairness in taxation, cutting red tape and making sure every individual has a clear understanding of the tax system.

Application: under this scheme, a household earning 111,000 dirhams would have to pay 4.68%  income tax, such:

w_{t}\pm \alpha_{t}\sigma=114,420

and thus using the level of confidence to compute the custom income rate:
t_{p}=7\%\pm\alpha_{t}

another household earning 117,000 would thus pay a 8.75% income tax rate. Simple, quick and easy to implement. In each case, households with comparative incomes would pay respectively 5,194 and 10,237 dirhams, which is still far below the respective taxes of 20,540 and 22,580 dirhams they would have to pay under the present tax code.

#Income Distribution 
#Phase 1: assume Income follows Normal Distribution
#Sample 1/1000 of total number of Households - HCP Census
n<-6516
I_M<-rnorm(n, mean=114420, sd= 1474)
hist(I_M, prob=TRUE)
quantile(I_M, probs = c(0.01,0.99,0.95, 0.25,0.5, 0.1, 0.05))
Tax_Norm<-rnorm(n, mean=0.07, sd=0.01)
quantile(Tax_Norm, probs = c(0.01,0.99,0.95, 0.25,0.5, 0.1, 0.05))

But we do not live in a Gauss-Laplace world; there are such high income inequalities that mean and median household income in Morocco are at a 2:1 ratio, yet another indicator of the disparities. As a matter of fact, I did point out -in a rather hurried manner- that the best estimate for income distribution across Moroccan households is the well-known Pareto distribution. I will try to provide a correct estimator this time, and from then on apply the proposed tax policy instrument;

Cumulative share of decile households (HCP)

How do we know income distribution in Morocco is indeed a Pareto distribution? Well, the first item to look at is the cumulative distribution function built from the published data; the graph gives compelling evidence that indeed income distribution is Pareto – which is not great news since it means high discrepancies in income across households, and subsequently unfair tax brackets embedded in the tax code.

The object of interest here is indeed income share per decile, and the basic idea is to match it up continuously with custom tax rates, hence eliminating tax brackets and all loopholes to the benefits of all: government receipts increase, and a pure tax rate ‘discrimination’ (discrimination in the sense that every individual has only to pay its own, intrinsic tax rate) allows for a lower tax burden compared to the present tax system. Everybody gains from it. Luckily enough, there is little to estimate; what is more, the properties of the Exponential distribution allow for some computations to run smoothly;

since we are considering a 1/1000 sample, the maximum income in this case is 1.18 Million dirhams – the richest household in this sample, so to speak. We check easily that the minimum income earned at the 1% level is 520,600 dirhams, while the median sample is 79,500 dirhams – which in line with the real-life data (75,500 dirhams)

The next batch of computations is pretty straightforward, we need income tax rates to match income distribution with its own Exponential distribution, and so:

#Phase 2: generation Exponential Income distribution
n<-6516
#Sample as previous: 1/1000 of total number of Households
I_Exp<-rexp(n, rate = 1/114420)
summary(I_Exp)
quantile(I_Exp, probs = c(0.01,0.99,0.90, 0.25,0.5, 0.1, 0.05))
Tax_Exp<-rexp(n,rate=1/7)
summary(Tax_Exp)
quantile(Tax_Exp, probs = c(0.01,0.99,0.90, 0.25,0.5, 0.1, 0.05))

And so we end up with interesting results: the richest 1% have to pay some 31.47% income tax – which is still below the nominal existing rate, and the median rate 4.73% for those earning around 79,500 per annum. The same computations apply equally to different incomes: for a household earning 86,000 dirhams, the custom rate would be 5.72%. All you have to do is look at the probability value at which household income wt lies, then match it up with the corresponding rate – with perhaps an exemption for the bottom 10%. Households below 420,000 dhs income would benefit from this scheme: median income households of 75,500 dirhams would pay about 4,873 dirhams compared to the 10,325 dirhams they would pay under the present tax system. As a matter of fact, even households earning 173,918 dirhams would pay 10.91%, i.e. 18,978 dhs which is still below 41,900dhs they would pay under the existing tax code.

Again, receipts from the new tax system under this scheme would top the existing receipts to 46.4Bn dirhams, way more than the, again, existing 28.96Bn, with no prejudice to the overall fiscal pressure relative to GDP or GNI.

the boost in fiscal receipts is mainly due to the tax discrimination effect described above – and the elimination of a host of loopholes and tax breaks do contribute as well.

Welfare: is the Price to pay THAT high for the deficit?

First off, I happened to read some feedback from RNI’s La Pasionaria Mbarka Bouaida (who is no longer Member of Parliament) on the 2012 Budget Bill, and she had that weird comment on the Welfare expenditure embedded in the budget:

Ce projet de loi de finances a une forte dimension sociale, pensez vous que le gouvernement a les moyens de ses ambitions sociales ?

Tant que le nouveau gouvernement n’attaque pas les réformes de fond comme la refonte de la caisse de compensation, la réforme fiscale, la problématique de l’emploi public et privé… il ne pourra pas tenir ses engagements sociaux. En l’absence de ces réformes, le déficit commercial va dépasser les 200 MMDH ; la croissance ne dépassera pas les 3%, les réserves de changes sont ramenées à 4 mois d’importation tant qu’il n’y a pas de mesures de relance.

and I was wondering whether the budget actually has a lot of money in store for welfare programs; Most of these are categorized under ‘Special Treasury Funds’ (CST) and from what I can tell, that’s all in all 7.8 Bn dirhams. That’s 2.26% of the total Budget expenditure, and 21% of total deficit. When one takes a harder look at budget lines, the cost of welfare does not account for a lot in terms of deficit, Public Service borrowings and other costs of opportunity that might justify the abysmal budget our representatives have been presented with.

if the budget is indeed putting an emphasis on welfare, then it is badly distributed

The expenditure on ‘welfare’ departments has not increased a lot; Education and Health are the biggest contributors to the Budget welfare programs, and they have scored respective increases of 6,9% and 10.7% year-on-year. Not a lot there too, considering the 18.3% of overall Budget increase.

Unless one consider the Compensation Fund to be a welfare program by itself, which is a bit of joke, considering how it benefits at 85% about 600,000 households – I just don’t see many households benefiting from 7.600 dhs, and it doesn’t seem like it has any effect in bringing inflation to the current 1.1%. The deficit, in short, is not due to the welfare programs, but to the reluctance to tackle subsidies and carry out real fiscal reform.

L’Etrange Budget 2012: quand les impôts ne suffisent plus plus à payer le train de vie de l’Etat

Posted in Dismal Economics, Flash News, Moroccan Politics & Economics, Morocco by Zouhair ABH on March 19, 2012

La montagne a grondé, et a accouché d’une souris. En examinant de plus près les documents du PLF 2012, le Budget proposé par la nouvelle coalition gouvernementale dirigée par Abdelilah Benkirane a été dépensier, et surtout, trahit un décalage important entre la rhétorique enflammée des ministres PJD quant à la lutte contre le gaspillage et le détournement des deniers publics, et l’explosion de ces même dépenses. Pire, le prix à payer pour acheter la paix sociale a été sous-estimé, sur tous les horizons temporels. La question que je me pose est donc la suivante: comment ce gouvernement saura-t-il confronter les décisions douloureuses de consolidation fiscale qui se poseront plus tard, alors même qu’il recule devant une restriction plus modérée des dépenses à son premier budget?

Ce que le populisme moralisateur nous promet.

Le ministre du Budget, M Driss Azami Idrissi déclarait devant le Parlement le 16 Mars dernier:

لقد تمت صياغة مشروع قانون المالية لسنة 2012 في بعده المالي على أساس حصر مستوى العجز في 5 بالمائة مقابل 6.1 بالمائة سنة 2011، وذلك في سياق تنفيذ إلتزامات البرنامج الحكومي بخصوص العمل على الرجوع التدريجي لنسبة عجز الميزانية في حدود 3 بالمائة من الناتج الداخلي الخام في أفق 2016

Nous pouvons donc déduire, sans risque de nous tromper, que le déficit moyen que ce gouvernement inscrira dans les prochaines Lois de Finances d’ici 2016 sera certainement supérieur à 3%, et donc supérieur à la moyenne observée depuis vingt ans (avec ou sans les recettes de privatisations encaissées). De plus, cette projection contredit l’engagement du parti chef de coalition de réaliser un déficit moyen de 3% d’ici 2016. Dans le premier cas, nous avons un objectif de 3% d’ici la fin de la législature – et donc une moyenne supérieure à 3%- et dans le second cas, une promesse de réaliser une moyenne de 3%, et donc des chiffres de déficit bien inférieurs à ce que le gouvernement s’engage à atteindre.

Il s’agit d’être très prudent quant à la question des déficits: tôt au tard le gouvernement sera obligé de les payer, et cela signifie une augmentation des impôts ou une baisse de dépenses; et le risque ici est que le déficit sera tellement important, que les réductions de dépenses, et les augmentations d’impôts toucheront une grande partie des ménages et entreprises marocains. Et dans ce cas précisément, le déficit annoncé dans le nouveau PLF 2012 a atteint 32 Milliards dhs, 35 Milliards lorsque les recettes de privatisations de sont pas prises en considération.

A noter que le déficit n’est pas le seul problème: le solde primaire se chiffre à +68 Milliards de dirhams. A première vue, c’est une bonne nouvelle; cependant, le solde primaire inscrit au Budget 2011 se chiffrait à 74 Milliards; plus préoccupant encore, le solde primaire réel -c’est-à-dire sans prendre en considération les recettes d’emprunt- se chiffre à  un déficit de 900 Millions dhs. Les recettes fiscales seules ne suffisent pas (plus) à payer les salaires des fonctionnaires, les factures d’électricité et de gasoil, les stylos et papiers utilisés par l’administration. En clair, les recettes ordinaires ne suffisent plus à payer le fonctionnement normal du gouvernement. Nous constatons là un échec patent dans le fonctionnement de l’administration; alors que les recettes fiscales sont supposées d’abord servir une certaine politique de redistribution, voilà qu’elles ne sont même pas suffisantes à couvrir le fonctionnement administratif de la machine bureaucratique.

Pour un gouvernement qui prétend combattre le gaspillage des dépenses publiques, il est extraordinaire de noter une augmentation annuelle de 23.5%, dont 8% dans les dépenses de matériel. Les économies promises par le Ministre de l’Enseignement Supérieur, Mr Lahcen Daoudi, de l’ordre de 5 Millions de dirhams dans son département, se sont transformées en augmentation des dépenses de l’ordre de 3 Milliards dhs.

Il a fallu prévoir un emprunt s’élevant jusqu’à 65 Milliards, dont 20 Milliards qui seront levés à l’international – et vraisemblablement payés à un taux d’au moins 6% (considérant les rendements exigés sur l’Euro-obligation émise par le Ministère des Finances en 2010) la crise des années 1980 a commencé ainsi: des emprunts régulier et croissants, le prix que ce gouvernement est prêt à payer pour obtenir la paix sociale, semble-t-il, a été mal calculé: la justification officielle du déséquilibre est, nous disent les ministres du MINEFI, le financement de la Caisse de Compensation. Mais alors, où est la réforme tant promise? Et surtout, où est la justification quantitative à pomper 40 Milliards du budget (soit 12% du Budget, 5.4% du PIB) les redistribuer aux plus riches, et au final se trouver avec un taux d’inflation de 2.5%, soit 0.7 points en dessus de la tendance observée durant la décennie passée, et surtout, plus du double du taux observé en 2011.

La composante PJD du gouvernement, si vivace lorsqu’il s’agit de dénoncer la corruption et la décadence morale gangrénant le Maroc, est remarquablement timide quant il s’agit de la plus grande injustice infligée à près de 6 Millions de familles marocaines: leur faire payer la consommation des 600,000 ménages les plus riches, leur faire subir une augmentation des prix, et hypothéquer l’avenir de leurs enfants avec une dette publique galopante.