The Moorish Wanderer

5% d’inflation – ou comment justifier le dégonflement du PJD face à la Caisse de Compensation

Posted in Dismal Economics, Flash News, Moroccan Politics & Economics, Morocco, Read & Heard by Zouhair ABH on February 20, 2012

Ce bref post en Français est motivé par le fait que ce gouvernement, et surtout la composante PJD, semble bénéficier (injustement) d’une certaine candeur de la part des médias spécialisés dans l’actualité économique, alors même que la compétence des départements ministériels à gérer les problèmes épineux relatifs à l’économie est peu discutée. De plus, l’incompétence ambiante sur les bancs de l’opposition (incompétence dans le sens d’un manque de hargne couplée à la maîtrise de la complexité d’investigation qu’est le travail parlementaire) fait qu’à chaque vote du Projet de Loi de Finances, les erreurs et autres politiques hasardeuses du gouvernement ne seront pas discutées sérieusement, ni exposées devant l’opinion publique – ajoutant à l’avantage indu dont jouit l’exécutif en l’institution qu’est le Ministère des Finances. Au contraire, on donnerait au PJD et au gouvernement l’opportunité de monopoliser le narratif et l’orienter vers les sujets confortable: lutte contre la corruption, politique de promotion de la “morale”, etc… afin de masquer ce qui apparaît comme un aveu de faiblesse à porter le fer là où il le faut: débusquer les rentes et les exemptions fiscales inéquitables (la somme des dépenses fiscales prévues pour 2012 atteint 33 Milliards, soit près des 3/4 du déficit actuel) réformer la compensation (près de 6% du PIB) pour la faire bénéficier à ses récipiendaires véritables, et enfin assainir le Budget Général.

*Shotgun* "KA-BOOM" (Photo: l'Economiste)

Le déficit prévu pour 2012 avoisine les 5.6% du PIB suivant le dernier bulletin de la Trésorerie Générale du Royaume, loin de la limite de 3% promise dans le programme électoral du parti de M. Benkirane.De plus, la dette publique suivant les projections d’emprunts et de service de dette pour l’année 2012 atteint les 54% du PIB; Et malgré tout, cet article sur l’Economiste semble traduire l’hésitation du porte-parole PJD sur les affaires économiques, Dr Najib Boulif, à réformer dans le fond la Caisse de Compensation; Autant cette hésitation est compréhensible, autant l’usage de statistiques effarantes est regrettable; pire, arguer du refus de baisser la charge de compensation des 45 Milliards (Décembre 2011) par un effet automatique sur les tensions inflationnistes, à hauteur de 5% – des 1.1% observés en début d’année 2012. Serait-ce un mensonge pour faire passer la couardise du gouvernement?

La citation rapportée par l’Economiste mentionne:

plusieurs options se présentent, dont certaines sont radicales, comme la suppression de la compensation et le passage à la vérité des prix». Immédiatement, les prix des produits subventionnés connaîtront une hausse brutale. Ainsi, la bouteille de gaz coûtera 142 DH au lieu de 40 actuellement, et le sucre 10,80 DH (au lieu de 5,80 DH). Cela devrait se traduire par une inflation de 5% et le glissement d’une grande partie de la classe moyenne vers la catégorie de la population vulnérable. Difficile de choisir cette orientation dans un contexte social tendu.

En gros, cela signifie que les prix de la bouteille de gaz et du paquet de sucre augmenteront respectivement de  255% et 86%, avec pour effet d’une augmentation brutale de l’inflation de 1.1% (Janvier 2012) à 5%.

Or l’étude du HCP menée auprès des ménages en 2001 puis en 2006 permet de mesurer plus ou moins précisément l’élasticité-prix par rapport à ces deux classes de revenus. Une fois le calcul effectué, l’application mise à disposition sur le site du HCP permet de calculer précisément l’impact direct de ces hausses sur l’IPC (le nouvel indice des prix qui a remplacé l’ancien ICV en 2006) Il faut noter néanmoins que le HCP ne publie que des données relatives à l’élasticité-revenu, d’où la nécessité de retraiter ces résultats pour avoir une approximation de l’élasticité prix.

Les coefficients d’élasticité synthétisent le comportement de consommation et déterminent la réaction de la demande d’un bien suite à toute modification du revenu et/ou des prix, et permettent par la suite de classer les biens et services en différentes catégories en fonction de la valeur de leurs élasticités.
Selon le niveau de l’élasticité-revenu, trois cas sont distingués :
▪ L’élasticité-revenu est supérieure à 1 : c’est le cas des biens de luxe dont la consommation varie à un rythme dépassant celui du revenu.
▪ L’élasticité-revenu est comprise entre 0 et 1 : c’est le cas des biens nécessaires dont la demande augmente à un rythme inférieur à celui du revenu.

(HCP – Elasticité Revenu des Ménages)

Les résultats sont comme suit:

Sucre: 0.54

Gaz (Chauffage, éclairage eau et dépenses d’énergie): 0.89

Nous constatons bien que ces deux biens sont nécessaires; Maintenant, considérons les coefficients budgétaires alloués à ces deux classes de produits; d’après la nomenclature adoptée pour le calcul de l’PIC, les dépenses moyennes de consommation en Sucre et Gaz sont représentent respectivement 1.6% et 5.7% de la dépense de consommation moyenne. Si l’on considère que ces dépenses sont autant de portions du revenu allouées, cela signifie qu’en 2011, un ménage moyen aura consommé en moyenne 69.000 dirhams, dont 1.100 dirhams pour le sucre et 3.900 pour le gaz et assimilés. Une augmentation des prix telle qu’indiquée dans l’article mentionné plus haut, et en prenant en considération les élasticités-revenus pour ces deux produits, un ménage rationnel augmentera le pourcentage alloué de sa consommation pour la maintenir à son niveau initial – une propriété motivée par l’élasticité historiquement constante entre l’évolution des prix et celle de la consommation des ménages; le résultat en est que pour un niveau de consommation équivalent, les pourcentages alloués seront désormais respectivement 2.34% (faisant passer le coefficient alimentaire de 39.3% à 40.5%) et 13%. Le résultat, suivant les calculs HCP, et une augmentation du taux d’inflation inférieure à ce qui est prévu, puisqu’elle passe de 1.1% telle qu’observée en Janvier 2012, à 0.9%.

Le fait est que les tensions inflationnistes sont à chercher autres part, dans la rubrique des “Autres Biens et Services”, Restaurants, Hôtels, etc. Mais le chiffre d’une inflation totale de 5% soutenue sur l’ensemble des 12 prochains mois est peu plausible, pas selon les statistiques officielles elles-même.

One Response

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  1. […] news about the new Budget Bill, and the sneak peek does not seem to be all that enticing; in fact, it just confirms my earlier claim the PJD-led government has buckled on the Compensation Fund, even as it benefits the privileged few […]


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