The Moorish Wanderer

MAP, IDH et langue de bois

Comme disait Politis, la MAP fait son boulot. Elle le fait très bien d’ailleurs sauf que ce n’est pas réellement sa mission… Bof, on pourra toujours dire que la MAP, financée avec l’argent du contribuable marocain, a une mission (purement secondaire, n’est ce pas) d’objectivité dans ses publications ou ses reportages.


Fidèle à sa tradition surréaliste (point d’écriture automatique, c’est désormais le dadaïsme le plus pur), la MAP sort le texte suivant :

Le Maroc a réalisé plusieurs avancées sur la voie de la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD), mais ces progrès, pour importants qu’ils soient, ne sont pas reflétés dans l’Indicateur du développement humain (IDH) du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), de plus en plus critiqué de par le monde.’ Un grand bravo pour notre journaliste M. Réda Braim.


M. Ronald Janssen, cité par la dépêche, ne semble pas critiquer le principe de fonctionnement de l’IDH en lui-même. Pas à Princeton en tout cas. Remarquez, je ne suis pas de mauvaise foi, voici un article adoptant une approche plus rigoureuse dans la critique de la conception de l’IDH.

Quant à l’INSEE, un débat a eu lieu à propos de la publication des chiffres du chômage en 2008, donc si le directeur général de l’INSEE, M. Jean Philippe Cotis, [qui] a indiqué que “le Maroc progresse très vite et partage les mêmes préoccupations sociétales avec l’Europe et d’autres pays émergents comme le Brésil (cohésion sociale, formation du capital etc)”, ça n’est pas un argument d’autorité.

L’hypothèse derrière l’article de la MAP est diablement bien ficelée : le classement du Maroc (130ème, faut-il le rappeler, soit loin derrière le Botswana, l’Algérie ou encore la Syrie) étant basé sur un critère faussé, ou discuté, l’ensemble des conclusions de l’IDH sont à rejeter. Un sophisme de second degré.

L’argument de la MAP, se résume au point suivant : ‘Tout le monde convient que le PIB/Habitant n’est pas significatif dans la répartition de revenus dans un pays”, a-t-il expliqué (Lahlimi), précisant que “l’IDH ne pouvait être satisfaisant pour des pays qui ont le développement humain du Maroc et surtout le niveau de ses statistiques et leur capacité analytique’.

Une observation initiale, l’IDH est loin d’être un indicateur unique, et ce n’est certainement pas un simple rapport PIB/Habitant.

Avant de nous… étendre sur l’argumentaire foireux de la MAP, jetons un coup d’œil sur la note technique du calcul de l’IDH ; On remarque que la définition de la note technique, décompose l’IDH en trois critères qu’on peut supposer

· La qualité et durée de vie en amélioration, mesurée par l’espérance de vie à la naissance.

· Le savoir : mesuré par le taux d’alphabétisation et l’intégration aux secteurs de production

· Un niveau de vie décent, calculé par le rapport de PIB réel par habitant, en Parité de Pouvoir d’achat

Un détail peut être sur le dernier critère : corrigé en PPP, le rapport du PIB réel par habitant donne une idée sur la productivité individuelle, ainsi que de la taille du revenu dont dispose le facteur travail dans une économie donnée. Parler, dans ce cas là, d’indicateur frustre relève plutôt de la mauvaise foi. (On retrouve cependant des critiques plus méthodiques, comme dans les publications de l’OCDE)

C’est dommage, j’aurais bien voulu avoir un document répertoriant les ‘plusieurs avancées sur la voie de la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) dixit Makhzen A la Presse.


Bon, ce qui devait être une vanne MAPiste s’est vite transformé en une charge féroce et nihiliste contre cette institution respectable.

à la MAP, la reconnaissance d’un nihiliste sincère.


En parlant des Objectifs du Millénaire pour le Développement, on lit que le Maroc, parmi d’autres pays, doit :

· Réduire l’extrême pauvreté et la faim

· Assurer l’éducation primaire pour tous

· Promouvoir l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes

· Réduire la mortalité infantile

· Améliorer la santé maternelle

· Combattre le VIH/sida, le paludisme et d’autres maladies

· Préserver l’environnement

· Mettre en place un partenariat mondial pour le développement

Aujourd’hui, il ya possibilité de vérifier ce que Maroc a réalisé comme objectifs. Qui veut commenter ?

(carte disponible sur wikipedia, en l’état)

Lachgar-al’-opportuniste

Posted in Moroccan ‘Current’ News, Moroccanology, Polfiction by Zouhair ABH on January 19, 2010

Avant de commencer de chambrer Lachgar (gentiment, hein, l’homme est ministre maintenant, faut pas gâcher sa joie). Pour son double discours, quelques données à compiler. No offense aux militants de l’USFP, ce n’est pas personnel.

Driss Lachgar est avocat. En 2007, il ne réussit pas à se faire élire à la circonscription de Rabat-Chellah. A cette époque (et même actuellement), l’USFP vit une crise grave qui menace d’éclater –ou de faire éclater le Parti-. Lachgar se distingue très rapidement par un appel au retour de l’USFP au retour à l’opposition. Membre du Bureau Politique, il déclare par voie de presse que l’USFP ne peut pas s’allier avec le PJD. L’interview est même publiée sur le site de l’USFP, on y lit :

ALM : On parle de plus en plus de la possibilité d’une alliance entre l’USFP et le PJD. Qu’en est-il réellement ?
Driss Lachgar : Nos alliances sont claires et évidentes. Elles ne peuvent être possibles qu’avec la majorité gouvernementale. Le PJD fait partie de l’opposition et chacun de nous à un rôle différent à jouer. Il est de ce fait impossible, que ce soit pour le PJD ou pour l’USFP, qu’on travaille ensemble. Ceci est en fait inimaginable. Les bases d’une telle alliance sont inexistantes, sauf si l’un des deux partis change de positionnement.’ (La majorité gouvernementale, à l’époque se composait de l’Istiqlal, de l’USFP, le PPS, le RNI, le MTD (jusqu’en août 2009).

Lachgar se ravise, et participe même à une double entrevue avec Mustapha Ramid et le Journal Hebdomadaire. Les deux désignent un même adversaire quelques mois avant les Communales de Juin 2009, le PAM. Extrait :

En vérité, ce n’est pas un rapprochement électoraliste.[…] Je vais aller plus loin. Le rapprochement entre le PJD et l’USFP a commencé après 2007, sans rencontres ni réunions. Consultez le site de l’USFP et celui du PJD concernant l’évaluation des élections de 2007. Vous constaterez que les deux évaluations sont à peu près similaires. On aurait dit qu’elles ont été élaborées par une même commission. On y trouve les mêmes remarques sur le déroulement du scrutin, sur le rôle de l’administration, sur l’utilisation massive de l’argent et des notables. […]

Avant sa nomination, Lachgar était connu pour son attachement au retour de l’USFP à l’opposition. Plus maintenant, car ‘ce qui a changé, c’est que les élections ont transformé le paysage politique actuel, et tout acteur politique se doit de prendre en considération ces changements, et les intégrer dans son analyse, et dans ses positions.’ (Interview avec Alawsat)

La question qui se pose est : pourquoi tout ce tapage pour le retour à l’opposition ?

– une manière de dire au pouvoir : ‘wana, fin 7e9i ?’ (toute blague mise à part).

– un message du Makhzen au peuple marocain : ‘voyez, même les plus virulents de mes opposants finissent par passer le cou dans le collier -ou le joug- makhzénien’

– un changement réel et dramatique du Maroc, quelque chose comme la fameuse crise cardiaque des années 1980-1990, qui a obligé Lachgartor à se porter la rescousse ?

Quoi qu’il en soit, il est loin le temps du jeune et du vieux Lachgar…

La réforme Constitutionelle n’aura pas lieu

Posted in Moroccan ‘Current’ News, Moroccan Politics & Economics, Moroccanology by Zouhair ABH on January 16, 2010

Sa Majesté a déclaré, en l’occasion du la fête du Trône en Juillet 2009 :

“Dans la mesure où la Monarchie constitue la clef de voûte des constantes nationales, Nous avons veillé à l’ériger en Monarchie citoyenne, en Nous attachant à consolider l’Etat de droit et des institutions et à renforcer la démocratie participative, la bonne gouvernance et la politique de proximité. Parallèlement, Nous nous sommes employés à faire prévaloir les règles d’équité à l’égard des femmes ainsi que des couches sociales et des régions défavorisées.
Nous l’avons confortée dans son essence comme Monarchie agissant en parfaite symbiose avec toutes les composantes de la nation, transcendant les tendances politiques et catégorielles, et résolue à assumer les responsabilités de commandement et d’impulsion qui incombent au Trône, lequel est le dépositaire des causes suprêmes de la patrie et des citoyens, et le catalyseur du progrès.”

Cette déclaration signifie une seule chose : une réforme constitutionnelle n’est pas dans les projets immédiats du pouvoir. Le concept de monarchie exécutive ne laisse pas beaucoup de place –ni de pouvoir- aux autres entités politiques, en premier lieu le Parlement ou le Gouvernement. Le contexte actuel est celui d’un seul acteur politique, monopolisant toutes les sources de légitimités (historique, et religieuse notamment), toutes les attributions de pouvoir, et enfin, les initiatives. L’objet du débat n’est pas tant de critiquer cet état de fait, mais de noter que cette concentration de pouvoir se fait au détriment du projet clairement annoncé par le Monarque de démocratiser la pratique politique au Maroc, on peut en effet lire lors du discours d’investiture de la Chambre des représentants en Octobre 2009 :

“Nous procédons à l’ouverture de cette année législative, au terme d’un processus électoral ayant conduit au renouvellement des Conseils des collectivités locales, des collèges des Chambres professionnelles et des salariés, ainsi que du tiers de la Chambre des Conseillers.
Cependant, pour importantes qu’elles soient, ces échéances ne représentent qu’une étape dans une construction démocratique que Nous poursuivons assidûment, et que nous entendons développer résolument, quelles que soient les difficultés de ce parcours.”

Ce discours, et bien d’autres, montrent que formellement, le pouvoir accepte l’idée d’une société marocaine démocratique.

En comparant les critères universels de démocratie, c’est-à-dire, en s’appuyant sur des travaux académiques, on se retrouve en face de plusieurs contradictions.

Définir un régime démocratique au sens normatif n’a aucun sens (Ryan, 1970), par contre, on peut dresser une liste de critère (une batterie de tests). D’une manière générale, le sens propre de la démocratie tourne autour de la souveraineté populaire (sens étymologique) et sens intrinsèque (égalité politique des citoyens).

On retrouve cet esprit dans la constitution marocaine, notamment dans l’article 2 de la constitution (1996) : “La souveraineté appartient à la Nation qui l’exerce directement par voie de référendum et indirectement par l’intermédiaire des institutions constitutionnelles”. Dans le texte de référence en tout cas, la source de légitimité est d’abord populaire.

L’autre critère adopté pour qualifier la nature démocratique d’un régime consiste en une évaluation du degré de contrôle dont dispose le corps électoral (et idéalement le Peuple) et, pour Beetham :

“The first principle [popular control] is underpinned by the value that we give to people as self-determining agents who should have a say on issues that effect their lives; the second [political equality] is underpinned by the assumption that everyone (or at least every adult) has an equal capacity for self determination, and therefore an equal right to influence collective decisions, and to have their interests considered when they are made”. En d’autres termes, le corps des citoyens a le droit de demander des comptes aux dirigeants (la question de leur élection ne se pose pas encore). Dans la même constitution cependant, nous notons que l’article 19 stipule que : “Le Roi, Amir Al Mouminine. Représentant Suprême de la Nation, Symbole de son unité, Garant de la pérennité et de la continuité de l’Etat, veille au respect de l’Islam et de la Constitution. Il est le protecteur des droits et libertés des citoyens, groupes sociaux et collectivités

L’article 23 est encore plus explicite : “La personne du Roi est inviolable et sacrée“.


Nous nous trouvons du coup face à une contradiction de taille : alors que la notion de démocratie suppose le principe de responsabilité, l’institution monarchique, de par les dispositions constitutionnelles, s’affranchit de tout contrôle de la part de la part de quiconque ; Sur ce critère en tout cas, la démocratie marocaine est incomplète.

La justification officielle du statut de sacralité découle, outre de la fonction de Commandeur des Croyants (Amir Al Mouminine) et de sa descendance chérifienne, la notion interprétée de Beya, qui refuse à la aama (le commun du peuple) le droit de discuter les décisions de l’Imam.

Dans ce contexte de confusion des légitimités (légitimité populaire et légitimité dynasto-religieuse), le parachèvement d’un Etat démocratique passe essentiellement par une réforme constitutionnelle, qui éclaircit les sources et les hiérarchies des légitimités (et subséquemment, de la répartition des pouvoirs). La redistribution des pouvoirs, qui obéit uniquement à une logique de clarification, est ensuite interprétée en fonction du projet politique –ou de la teneur idéologique- de tel ou tel parti politique.

Sans faire de récapitulatif exhaustif, il serait intéressant de considérer les axes chronologiques suivants :

1956-1960 : le vide constitutionnel qui a suivi les accords du 3 Mars 1955 et du 7 Avril 1956 a permis l’expression d’un projet d’assemblée constituante auprès de certains membres du Mouvement National au Maroc (M. Belhassan Ouazzani, Mehdi Ben Barka, Allal El Fassi, etc…) et à l’Etranger (A. Khattabi). Cette période marquée d’attentisme de la part de la monarchie, connaît l’existence d’institutions démocratiques, mais sans véritable constitution (Gouvernements et Assemblée Nationale Consultative)

1962-1992 : La première consultation référendaire du Maroc indépendant se déroule dans un contexte politique tendu : L’histoire de ce qui a été présenté comme le ‘Complot de 1960’ dénotait d’une confrontation tantôt ouverte, tantôt souterraine, entre le Palais et l’Aile gauche de l’Istiqlal qui deviendra l’UNFP. Jusqu’en 1992, les forces politiques légales, héritières du Mouvement National (c’est-à-dire la Koutla des années 1970 et celle de 1991) ont présenté régulièrement des mémorandums de réforme constitutionnelle (on remarque que la revendication de la Constituante a été abandonnée), sans succès, l’essentiel du pouvoir est concentré entre les mains de la Monarchie qui n’hésite pas à rappeler brutalement sa primauté dans le champ politique marocain. On constatera que pour les grands partis du type Istiqlal ou USFP, la revendication constitutionnelle passe au second plan, et devient de plus en plus une sorte d’épouvantail agité de temps à autre, même du côté du PJD. D’autres formations politiques moins importantes, d’un autre côté, sont plus enclines à faire de la réforme constitutionnelle une condition nécessaire pour la rénovation de la pratique politique.

Depuis 1992 : contexte international (fin de la Guerre Froide) et le coût important des opérations dans le Sahara obligent la monarchie à opérer des ouvertures en 1992, en concédant une délégation limitée des prérogatives royales. La dernière décennie du XXème siècle est aussi celle de l’émergence d’une nouvelle revendication constitutionnelle. la gauche du spectre politique L’OADP (puis le PSU) et Annahj Addimocrati (lequel réclame une constituante) notamment. Du côté de la mouvance islamiste semi-légaliste, Al Adl adopte des positions de principe similaires à celles d’Annahj.

A part les éléments les plus ‘radicaux’ (par rapport au reste du spectre politique traditionnel), la demande de réforme constitutionnelle semble une bizarrerie politique, ou une tentative ponctuelle de capture d’initiative de discours.


Ceci étant, poser les termes d’une réforme constitutionnelle, donc un transfert d’une partie des prérogatives royales, suppose que la nouvelle autorité bénéficiaire satisfasse aux conditions nécessaires que sont la compétence (technique et politique), la probité morale et intellectuelle et la culture du sens du service public. Force est de constater que dans l’immédiat, la majorité de la classe politique marocaine n’est pas apte a assumer la transition constitutionnelle. Il s’agit d’ailleurs d’un des arguments avancés pour retarder ou vider l’idée de la réforme constitutionnelle.

Mythomanie Aprement Protoclaire… la MAP

Posted in Moroccan ‘Current’ News, Moroccan Politics & Economics, Moroccanology by Zouhair ABH on January 11, 2010

Il m’arrive souvent de visiter le site de la MAP (Maghreb Arab Press). C’est une source d’information intéressante. Pas toute l’information bien sûr, mais avec la MAP, on est sûr d’être en possession du dernier discours de Sa Majesté, des communiqués officiels et des comptes-rendus des activités gouvernementales et royales. Par contre, quand il s’agit de commenter l’actualité, il faut le dire, les journalistes MAPistes sont résolument attachés à leur école surréaliste.

Tenez, un exemple : Amnesty International a sorti un rapport sur le sort des recommandations de l’IER. Un rapport assez dur -et avec raison- envers la situation des droits de l’homme au Maroc, et surtout, un reproche quant à la négligence dont fait preuve le Maroc pour l’application des recommandations de l’IER (Instance Equité et Réconciliation), je cite :

“Since the early 1990s, there have been efforts to “turn the page” on past human rights violations through the release of hundreds of political prisoners and prisoners of conscience, the introduction of some legal and institutional reforms and the financial compensation of a number of victims of human rights violations and their families.
The IER, which was mandated to enquire into gross human rights violations that occurred between 1956 and 1999 particularly enforced disappearance and arbitrary detention with the aim of ensuring that such violations are never repeated, gave birth to hopes that a genuine effort was under way to address the legacy of the past. Its creation signalled that there was strong political will at the highest level of the state to improve the human rights situation in Morocco and Western Sahara. Indeed, the IER’s work was unprecedented in acknowledging the Moroccan government’s responsibility for committing grave human rights violations in the past and in seeking to provide redress for its many victims.

[…] However, four years after the IER finished its work, the expectations raised by this groundbreaking initiative – the first and sole such effort in the Middle East and North Africa region – have not been fully met. Of particular
concern is the failure of the Moroccan authorities to fully comply with their international obligations in granting victims of human rights violations their rights to truth, justice and adequate reparation.”

Rendons à César ce qui est à César : Amnesty reconnaît de bonne foi la nouveauté de l’IER, et de son expérience unique dans la région MENA, mais dans le même temps, elle fustige l’échec des autorités marocains à appliquer les recommendations de l’IER.

Du côté de la MAP, rien de pareil, sur cette dépêche, on pouvait lire :

“Londres – La création de l’Instance Equité et Réconciliation (IER) a traduit une forte volonté au plus haut niveau de l’Etat de promouvoir la situation des droits de l’homme au Maroc, a indiqué l’organisation internationale de défense des droits de l’homme, Amnesty International (AI, basée à Londres). La mise en place de l’IER en 2003 et l’action entreprise par l’instance ont marqué “une rupture symbolique” avec le passé, a dit AI dans un rapport sur l’action de l’instance.
L’IER, qui a été chargée d’examiner les violations des droits de l’homme commises entre 1956 et 1999, a suscité des espoirs que des efforts réels étaient consentis en vue de régler l’héritage du passé, note l’organisation, soulignant “l’action sans précédent” de l’IER en vue d’identifier et régler ces violations.
“La situation des droits de l’homme a changé d’une manière profonde” à travers le Maroc, relève encore Amnesty, rappelant les principales recommandations de l’Instance.
L’organisation, qui a qualifié de “pionnière” l’initiative de mettre en place l’IER, a relevé que cette dernière représente “le premier et l’unique effort du genre dans la région du Moyen-Orient et de l’Afrique du nord
“.

On a surtout l’impression que les journalistes de la MAP n’ont lu que la première page d’un rapport de 196 pages. A ce propos, le site de l’IER a discrètement retiré le document final (ou plutôt la synthèse du rapport final, ce dernier n’a pas été rendu public).

Vous trouverez la synthèse ici, deux pages de recommandations bien modérées qui n’ont jamais été appliquées. à la MAP, on ne semble pas en être conscient. Feu Benzekri doit se marrer de tristesse dans sa tombe…

A Reddish Tone

Posted in Moroccan Politics & Economics, Moroccanology, Polfiction by Zouhair ABH on January 7, 2010

Before I start digressing on my intimate political beliefs, I would like to share a thought :

I think we missed an essential point in 1955 when Sultan Mohamed Ibn Youssef came back from his exile. We didn’t have a constituent assembly or convention to put on paper the kind of regime the newly independent Morocco wanted. Instead, a quite revolutionary social contract –the beya-, but with no real binding obligations from both sides, only from one. And since 1956, the same regime stood, no matter what the late Hassan II, or Mohamed VI would have said, we still are basically in the same constitutional turmoil, with overlapping spiritual and temporal powers, which is not very democratic. The official speech claims Democracy for Morocco since 1956, I can hardly see any real delegation of power to the people’s representative… But that is another tale.

Ideological quibbles are pathetic, point taken. My last post made things even worse apparently, making me the chief commie of the PSU, which does flatter me, but obviously does not serve the Party (yep, by now, one should have guessed that I am not the official spokesperson, expressing merely my individual opinion.

Begone; the glorious era of intellectual glamour, communists are -if any left- history’s dust. I might be referring to a period I actually never lived in, and subsequently, I might be idealizing it too much, though the older readers might remember their wild college years (that is, before shut up or lifted by the police…) This is the chance to justify my garish, old-fashion political beliefs.

What happened people? Can’t we dream of a better world? To be frank, various post-1917 experiences were hardly practical experiences of a better world: I cannot sanely advocate that North Korea, former USSR, former Maoïst China, former Democratic (?) Kampuchea and many other regimes where communists, or tried to achieved communism. Actually, an unfortunate mix of human unbound wickedness and fanatic utopist behaviour made so-called communists mass-murderers. On the other hand, one has to be aware of the full range of facts before one could form a definite opinion on the matter. First and foremost, what is Communism ?

* Abolition of private ownership of means of production (i.e. machinery)

* Abolition of classes: Proletariat vs Bourgeoisie

* The Motto: “From each according to his ability, to each according to his needs” becomes reality

* Work is no longer a tedious assignment

* Science and Progress rule societies

Ok, it is a bit of a utopia (and perhaps, an impossible utopia if I may digress), though one has to pinpoint the finer aspects of these basic principles:

The abolition of private ownership has been long caricaturized as something that goes like: “communism means sharing your clothes, house, wife…“.(the latter is not a joke, someone I knew did point it out…)

Ridiculous statements, none of those goods (I am excluding female companion from the lot) are means of production. If one was to read carefully the Communists Manifesto (I won’t get you to read ‘Das Kapital‘, the book is simply monstrous), they would understand that: “We see then: the means of production and of exchange, on whose foundation the bourgeoisie built itself up, were generated in feudal society. At a certain stage in the development of these means of production and of exchange, the conditions under which feudal society produced and exchanged, the feudal organization of agriculture and manufacturing industry, in one word, the feudal relations of property became no longer compatible with the already developed productive forces; they became so many fetters. They had to be burst asunder; they were burst asunder.” Now, things did grow more complex since the 19th century, and such simplistic criterion is somewhat obsolete. Nonetheless, there is a matter of social regulation at stake. Immanuel Wallerstein is no Marxist, but as a leading authority in sociology, the man pointed out –and quite cleverly I have to stress- that capitalism is usually tempted by rent, rather than risky profit. The core argument for liberalism is that property is the sole motive that drives human being seeking their wealth; subsequently, one has to make way for private property.

I do not have a problem with that, unless this very same property creates a rent situation, which inevitably leads to exploitation and alienation, and that, I cannot tolerate

Means of productions are not targeted per se, which was quite an improvement on the Luddism movement that sought destruction of machinery. They have to be shared, and the classic Marxist theory views them as possible tools for submission of human work under capitalism, but as tools of human progress under socialism and communism.

The only way to avoid the problem is therefore to make production means collective, as shared private ownership makes work alienation virtually impossible. The same structure fostered modern capitalism: equity shareholders have collectivized their wealth, and they do get larger return. I believe economic theory did not dug deeper in the benefits of workers shares (cooperatives for instance), and, why not, a whole new model could be built on collective ownership of Capital. Theoretically, the primary accumulation would grow at a smaller rate, but the average growth would not deviate significantly, leading to a steady growth (I still need the mathematical tools to prove it, though I guess it makes sense.)

– Abolition of classes: I am definitely fan of this one. Not only Morocco is class-divided, but these very divisions are clanic and tribal; one has just to look at the wealthy families’ genealogies, their historical and geographical respective backgrounds, and one could find remarkable patterns and homogeneity. Classes and tribes overlapped, which makes any violent action to abolish classes a bloody civil war (Morocco is already living a discreet one, a historical bequest from pre-1912 Makhzen). However, what I believe to be abolition of classes is actually a paraphrase of Bourdieu and Elias’ works on symbolic capitals: the ruling classes distinguish themselves by showing symbols of wealth: money and cars for the bling-bling ones, and fine arts, erudition for others. This use of symbols is to be symbolically put down; Money does build up classes, but symbols give them their characteristic shapes. Abolition of classes does not mean abolition of inequality. It is a sad comment on humankind achievement, but it cannot be addressed. However, Rawles theory seems relevant here to be considered as a suitable criterion.

“From each according to his ability, to each according to his needs” : The very foundations of Social Security : I don’t like the consensus among mainstream economists, that turn the blind eye on the very serious –dangerous is not an overstatement- assumption of the Ricardian equivalence following which, government expenditure are just re-allocation of private resources, which prevent an economy from reaching the equilibrium state. A whole lot of immaculate economic models lie on this hypothesis, a useful argument to undermine projects such as Social Security, Wealth Taxes, Universal Medical Care, Social Services, etc…

The famous motto appeals to emotions as well as rational thinking: in a community. The emotion part is quick to deal with (though some d***heads might argue that people should get on their backsides and look for an honest day work…) the rational part is equally simple, as long as one gets themselves out of the classical utilitarian homo economicus paradigm. I wanted to write something about Lenin, but I fear the task is too difficult and too onerous to be performed, so I shall devote another post to it in the fullness of time.

There remains the question of ‘Reform vs Revolution’; I did mention that I seek pacific ways to change things, that is, through elections and political education (call it propaganda or whatever you like). The Cambridge Dictionary defines Revolution as ‘a change in the way a country is governed, usually to a different political system and often using violence or war’. Ok, the often part does not me justice, but I am fiercly convinced other ways are possible. (I recommend this excellent course at the MIT History department) I shall conclude this part by clarifying one other thing: a revolution in Morocco does not necessarily mean a Republic overthrowing the Monarchy, but it certainly does mean a genuine constitutional monarchy overthrowing the Makhzen bureaucracy. In other terms, being a revolutionary in Morocco is therefore to push for constitutional reforms, through peaceful means, but with the wit to make sure that reactionary forces stay out of touch.
The remaining principles are not specifically communists, and Scandinavian societies did achieve it without any reference to Marx or else

What about the Liberals and the Makhzenian lot?

The Liberal chap is a bit of an enigma. This lot is well-educated, urban middle class with little or no knowledge of political issues. Max Weber might describe them as follow: The honest man in the street that believes genuinely in liberty and Democracy for Morocco, but tend to consider that it could be achieved with the least disagreeable political confrontation, or perhaps, with no confrontation at all (the term confrontation takes here a harmless connotation). They have a somewhat blurred vision of post-1956 Morocco. Anyway, a “wait-and-see” posture on political matters.

I shall come back to this idea of confrontation. With crude generalization (helpfully supported by the Wallerstein criterion), liberals are more or less bound to push for reforms, but not too much. Constitutional reform, once a radical claim, is now overtly discussed by liberals (ranging from moderate islamists to neo-liberal friedmannites), but in broader term, and its true spirit –profound redistribution of powers- is smudged by bien-pensant intellectual hollowness, leaving Radicals like myself stewing in their anger and looking like fools

In Moroccan context, Liberal intellectuals are the pre co-opted ones (by the Makhzen, that is), and represent this transition Makhzen tactics implement before absorbing the ex- (radical) intellectual. Some former political prisoners, often well-educated and of broad-minds, believed they could ‘change the system from within’. I shan’t bore you with a list, though some of them were members of the radical left

I don’t blame the liberal for their cautiousness, who wouldn’t ? Why should I endure costly sacrifices (and I hope, only time and money) for a cause that has little chance to be achieved? All I can hope for is that they keep on their sympathy to the radicals.

The Makhzenian fellow is even trickier: an even more heterogeneous population (by now, you might have noticed that I, too, made blunt generalizations) ranging from the Hassan II nostalgic, to the neo-makhzenians that believe sincerely –oh, what a tragedy- that the present regime is scoring democratic reforms under the Royal leadership. And there is quite a leap in this range. On the other hand, the level of commitment to the Makhzen is a close function to the benefits it distributes. One has to keep in mind that the machine alternates sanctions and rewards, in a typical arbitrary fashion. Actually, the very concept of ‘commitment’ in Moroccan history is very vague, as Moroccan loyalty is more a sort of a Brownian motion. In strict Makhzenian context, elite families had to ways to go: keep on with their wealth by serving the strongest, or lose everything forever if on of their lot had the unfortunate demise to bet on the wrong side. The present regime differs very little from that a century ago –with, perhaps, some modern updates-, and their obedient elite are not loyal, it is servile.

If you don’t want to be libeled as ‘Radical’, that is fine, though just think about it : claiming constitutional reforms requires a bit of baldness