The Moorish Wanderer

ouvrage d’Immanuel Wallerstein : “Comprendre le monde : Introduction à l’analyse des systèmes-monde”

Posted in Uncategorized by Zouhair ABH on August 25, 2009

L’ouvrage n’est pas une critique au Capitalisme, mais il a le mérite d’essayer de “comprendre” le capitalisme, ce qui correspond à des interrogations : Comment? Pourquoi? Cela durera-t-il?
Synthèse : “Comprendre le monde : Introduction à l’analyse des systèmes-monde”par Immanuel Wallerstein.
Biographie de l’auteur :
Immanuel Wallerstein, Né à New York en 1930. Il obtient une licence à l’Université de Columbia en 1951, une maîtrise en 1954 et un doctorat en philosophie en 1959.
En 1971, il devient professeur de sociologie à l’Université Mc Gill à Montréal. Il travailla aussi comme directeur du centre Fernand Braudel pour l’Étude de l’Économie, des Systèmes historiques et des Civilisations. Il fut également le président de l’Association internationale de sociologie entre 1994 et 1998.
Thèse de l’ouvrage : La compréhension des évènements contemporains, tels que la mondialisation ou le terrorisme, ne peut être acquise que dans un cadre explicatif global, transcendant les traditionnels clivages géographiques, nationaux. Cette analyse synthétique ne pourra être le fruit d’un simple amalgame de disciplines dites “des sciences sociales”, mais bien d’une unique discipline regroupant tous les apports.
Concepts-clefs : définitions selon I. Wallerstein
Capitalisme : Processus historique se caractérisant par une accumulation illimitée du Capital.
Centre-Périphérie : notion développée par Raùl Perbisch pendant les années 1950 (Cf. Produit de Pointe)
Economie-Monde : vaste structure bureaucratique dotée d’une division axiale du travail.
Idéologie : ensemble cohérent qui forment un point de vue particulier. L’auteur distingue trois types d’idéologies politiques : Conservatisme, Libéralisme et Radicalisme.
Libéralisme : Idéologie opposée au Conservatisme à l’origine. Opposé à l’intervention de l’Etat dans l’économie, mais favorable à une évolution régulière –mais lente- du système social, par opposition à l’autre grande idéologie, le Radicalisme. Marché Libre : construction mathématique d’un type de marché “parfait”.
Mouvement Anti-systémique : Mouvements opposant une résistance au système-monde en son sein.
Produits de pointe : produits extrêmement rentables, conférant à leur(s) producteur(s) un relatif monopole, souvent l’apanage du “Centre”, par opposition aux produits bon marché, produit par la “périphérie”
Unidisciplinarité : L’unidisciplinarité renvoie à l’idée qu’aujourd’hui, la raison intellectuelle pour laquelle la distinction des sciences sociales serait caduque ; par conséquent, toute recherche devrait être considérée comme relevant d’une seule discipline, dite des sciences sociales historiques.
Influences : Après avoir étudié l’Afrique post-coloniale, il se spécialise dans l’étude de l’économie, particulièrement le capitalisme mondial. Ses références ont été :
– Karl Marx : I. Wallerstein adapte l’analyse marxiste au contexte contemporain, notamment en mettant l’accent sur les facteurs économiques (rapports de production), les facteurs idéologiques formant le système-monde capitaliste (superstructure), le principe de la plus-value et enfin la finalité du capitalisme (Accumulation illimitée des richesses)
– Fernand Braudel : en reprenant la notion d’”économie-monde”, pour en faire la base de sa propre analyse des systèmes-monde. L’objet de l’étude n’est plus un événement, mais une aire géographique ayant une histoire et une structure socio-économique définie.
Plan de synthèse :
– L’origine épistémologique de l’analyse des systèmes-monde
– L’origine historique du système-monde moderne ou le Capitalisme
– Caractéristiques du système-monde moderne : le Capitalisme
– Quel système-monde pour le futur
I. L’origine épistémologique de l’analyse des systèmes-monde : Immanuel Wallerstein, appelle à sortir de l’idée communément admise de l’étanchéité des savoirs. En effet, après avoir dressé un bref historique de la dichotomie entre “Sciences” (recherche du vrai) et les “Humanités” (recherche du bien, du beau), puis l’émergence des sciences sociales, leur tiraillement entre le “nomothétique” ou la tendance à vouloir formaliser, à dégager des lois universelles (donc à chercher des déterminismes) à travers une compilation chiffrée et l’”idéographique” analyse descriptive des faits et des phénomènes étudiés. Il critique la compartimentalisation qui atteint aussi les nouvelles sciences sociales : Economie, Politique, Société sont traitées respectivement par l’économiste, le politologue et le sociologue. Le présupposé de cette parcellisation des domaines d’études était que chaque phénomène a besoin d’une vision différente : “…Mais pourquoi trois disciplines pour étudier le présent ? Parce que l’idéologie libérale dominant le XIXème siècle définissait la modernité par trois sphères sociales distinctes […] On prétendait que ces trois sphères opéraient selon des logiques différentes et qu’il était préférable de les dissocier –dans la vie sociale et par conséquent, intellectuelle…” (Page 18) Or c’est précisément cette fragmentation des savoirs –essentiellement les sciences sociales- qu’Immanuel Wallerstein critique, car elle fait obstacle à la connaissance. Il veut y remédier en proposant “l’unidisciplinarité”. Inspiré par l’exemple Braudélien de l’économie monde, l’auteur fait le lien avec les travaux de la CEPAL et la théorie du centre/périphérie ; une théorie faisant la synthèse de l’économie et de la sociologie, et qui emprunte à la terminologie marxiste : Centre et Périphérie sont différents de part les procès de production (i.e. les rapports de productions) existant dans ces aires géographiques. C’est pendant les années 1950-1960 que l’idée d’analyse du monde comme un processus historique, systémique certes, mais s’inscrivant dans une sorte de dynamique fluide.
II. L’origine du système-monde moderne, le capitalisme
1. Origine et acteurs principaux

Wallerstein fait remonter l’origine du système-monde moderne au XVIème siècle. Si au début de ce siècle, le système-monde était circonscrit géographiquement, cette date coïncide avec le début du colonialisme, qui allait aider à la propagation du système-monde capitaliste. De par de son influence géographique et qui a été un facteur important dans l’extension du système-monde moderne (le capitalisme) car : “Les Capitalistes ont besoin d’un vaste marché” (Page 45) et seul le colonialisme, en asservissant les populations non-européennes, a pu garantir cette étendue géographique. Le système-monde moderne fédère toutes les différences en un point commun. Liant son concept à la contribution de Braudel, Wallerstein le système-monde moderne comme une économie-monde capitaliste : S’il est vrai que l’économie-monde“rassemble une grande variété de cultures et de groupes humains, qui parlent différentes langues et qui n’ont pas les mêmes habitudes de vie…” (Page 44) le lien à établir tient en ceci qu’une économie-monde – aux cultures hétérogènes et aux structures politico-sociales disparates- n’a de sens d’existence que dans une division du travail efficace. Le capitalisme a été à l’origine d’une efficacité encore plus grande de cette division du travail en la canalisant vers sa finalité, à savoir l’accumulation illimitée des richesses. Enfin, le bon fonctionnement du système-monde est assuré par des acteurs comme les Etats, mais aussi les entreprises, “les ménages élargis”. Mais aussi le(s) marché(s).
2. Le “mythe du Marché libre”
Le Marché est ce qui fait du système-monde moderne sa spécificité –et longévité- : échanger des marchandises et des biens est une activité millénaire, mais la spécificité du système-monde moderne est d’en avoir fait la pierre angulaire de l’accumulation illimitée des richesses. A travers l’histoire, Les producteurs se sont souvent fait défenseurs du “marché libre”. Immanuel Wallerstein démonte en même temps le mythe consacré par le courant marginaliste, à savoir le modèle de la concurrence pure et parfaite, qui n’est que la justification théorique des revendications capitalistes. En effet, d’après cette analyse économique à long terme, l’équilibre du marché sera tel que le profit global dans une branche sera nul ou tendra vers zéro. Or d’après l’auteur, il n’en est rien : “… un niveau de profit aussi faible rendrait le jeu du capitalisme absolument sans intérêt pour les producteurs et supprimerait ainsi les bases sociales de ce système.” (page 47) Les producteurs ont donc besoin de marché partiellement libres. De ce fait, la position la plus convoitée sur un marché est bien entendu le monopole. Cette situation dominante ne pouvant exister indéfiniment –du fait d’externalités au premier rang de laquelle on placera l’Etat- il existera néanmoins un monopole sur les biens innovants –donc les nouveaux marchés-. Le capitalisme n’est finalement qu’un déplacement du monopole d’un type de produit (procès de fabrication) à un autre. Le Marché joue aussi un rôle de régulateur social : L’accumulation illimitée de la richesse étant la finalité du capitalisme, un mécanisme de sanction des “déviants” est automatiquement mis en place ; Ce même mécanisme joue en faveur de ceux qui auront réussi dans cette quête. Le rôle central que joue le marché est important pour la suite, car il conditionne une grande partie des comportements des agents constituant le système-monde.
Le Système-monde : acteurs et spécificités
1. Les Etats

La définition Weberienne est la plus à même de nous rapprocher de l’idée que se fait l’auteur d’une telle entité : “l’État est une entreprise politique à caractère institutionnel dont la direction administrative revendique avec succès dans l’application de ses règlements le monopole de la contrainte physique légitime sur un territoire donné”. Immanuel rattache à l’existence d’un Etat une reconnaissance mutuelle : Un Etat n’a d’existence réelle que lorsque les autres Etats le reconnaissent de facto : Une proclamation d’Etat qui n’est pas positivement sanctionnée par ses pairs est inconditionnellement : l’exemple du Biafra entre 1967-1970 est édifiant : Reconnue par des pays peu influents, souffrant de l’hostilité de la majorité des grandes puissances, la république du Biafra ne fit pas long feu. L’autonomie –au sens de l’action extérieur, comme les revendications des Etats sont limitées par des accords internationaux. Ces mêmes traités garantissent aussi l’existence des Etats, dans le grand système inter étatique qu’est le système-monde moderne.
Question malicieuse de l’auteur : qui, de Louis XIV ou l’actuel Premier Ministre de la Suède, a le plus de pouvoir ? Un Etat fort –au sens de Wallerstein- n’est pas celui du monarque absolu, mais plutôt celui qui est capable de faire respecter ses décisions, via une bureaucratie efficace ; Un Etat n’est donc pleinement considéré comme tel que lorsqu’il arrive à imposer sa légalité à l’intérieur et à l’extérieur de ses frontières.
2. Les Entreprises
Les acteurs principaux du Marché, les entités chargées de la production, et par là, à la quête perpétuelle du profit. Les Entreprises entretiennent des relations ambiguës avec les autres acteurs, notamment les Etats. En effet, ce sont ces derniers qui déterminent les “règles du jeu” au sein de leurs territoires : Quels biens peuvent être exportés, importés, quelles entreprises peuvent entrer sur le marché national. Les entreprises ont beau jeu de réclamer l’application de la maxime de Quesnay “Laissez faire, laissez passer” elles n’en sont pas convaincues, car cela nuira à leurs propres privilèges sur leurs propres marchés. Les entreprises tentent donc des pressions sur les Etats pour que ceux-ci prennent position en faveur d’entreprises à l’intérieur du marché (nationales) ou à l’extérieur (étrangères) Il n’y a donc pas de neutralité étatique. Le terme générique d’entreprises ne doit pas faire croire à une homogénéité des entreprises : Immanuel Wallerstein n’y fait pas allusion directement –voire n’en parle pas en tant qu’observation- mais en faisant la distinction entre le bien produit pour l’autoconsommation : on parle ici des toutes petites unités productives, par extension, les petites entreprises : “une marchandise simple est un bien produit au sein d’un groupe, mais vendu sur un marché[…] c’est ce qu’on appelle souvent le travail en free lance” (page 58)
3. Les Ménages
Dépassant l’analyse marxiste, Immanuel Wallerstein ne parle plus de “prolétaire” comme individu isolé, mais comme faisant partie d’un sous-ensemble, le “ménage élargi”. Le ménage élargi n’est pas, contrairement au seul prolétaire, dépendant de la force de travail ; Bien au contraire, il regroupe divers types de revenus : Travail du prolétaire certes, mais aussi rente, vente de marchandises simples, prestations sociales, apports en nature… les ménages bénéficient de ces 5 types de revenus. Ces ménages ont aussi des relations avec les autres acteurs, notamment les entreprises ; En effet, les salariés des ménages mettent à disposition des entreprises leur force –intellectuelle ou physique- de travail, et en échange, l’entreprise leur rétrocède –via le salaire ou en vendant les marchandises produites- une partie du fruit de leur travail. Cet échange –que les marxistes considèrent inégal- masque un rapport quasiconflictuel : les entreprises veulent une garantie quant à une disponibilité de la main-d’oeuvre en période d’expansion, et d’en licencier en période de récession. Du côté des ménages élargis, on aspire à la “prolétarisation” : un prolétaire “pur” aura droit à un plus haut salaire (n’ayant pas de revenu complémentaire) Au-delà de leur rôle économique, les ménages sont aussi au centre
4. Les Groupes identitaires : Groupes de statuts et Classes sociales Se référant à l’analyse wébérienne des groupes de statut, les groupes identitaires se créent dans des Etats aux populations hétérogènes : les Etats-nations étant des buts utopiques que chaque pays cherchait à atteindre, il se trouvait toujours des individus qui se trouvaient exclus des critères établis par les Etats pour être citoyen (critères que nous étudierons plus loin) ces marginaux vont grossir les bataillons des groupes identitaires, en général des minorités raciales, mais aussi des groupes comme les suffragettes. Pour les autres groupes de statuts, il s’agit, pour les ménages élargis de socialiser les individus, en les assignant à des “classes sociales” (au sens marxiste du terme) et donc l’édification d’une identité commune. Dans des proportions raisonnées et raisonnables, le système admet des socialisations “déviantes” en acceptant la création de groupes marginaux.
III. Le fonctionnement du système-monde capitaliste
Le système monde, comme décrit plus haut, est un enchevêtrement de relations déjà complexes entre différents acteurs : entre les Etats pour des buts politiques –reconnaissance mutuelle- ou économique –soutien des entreprises nationales contre celles étrangères et vice versa- mais aussi sociaux –protection des entreprises contre les ménages élargis et vice versa- …On pourrait croire que ce sont les Etats qui dominent le système-monde : il n’en est rien. Le système impose aux Etats des limitations de leurs souverainetés respectives. Du fait de l’universalisation du système monde, I. Wallerstein évoque l’émergence d’une “géoculture” : l’auteur situe la naissance de cet universalisme à la révolution française : il s’agit d’un moment historiquement important, puisque pour la première fois, on raisonne en termes d’individu libre et responsable, un citoyen souverain donc. En 1848, cet idéal aurait pu être appliqué à grande échelle (c’est-à-dire toute l’Europe occidentale) mais l’affrontement idéologique entre Conservatisme et Libéralisme tourna à l’avantage des premiers. Depuis cette date, l’opposition entre ces deux idéologies allait orienter l’histoire du système monde capitaliste jusqu’à la première guerre mondiale. La monté des mouvements anti-systémiques Après 1848, une foule d’individus, insatisfaits des changements demandés par les libéraux, radicalisèrent leurs propres revendications ; trouvant les libéraux trop timorés, et les conservateurs réactionnaires (c’est-à-dire refusant l’idée même de changements) ils préconisaient une “révolution”, un changement rapide de la société. L’émergence du radicalisme comme acteur politique majeur poussa les autres idéologies à réviser leurs stratégies : s’inspirant de l’exemple britannique –en 1848, la Grande-Bretagne semblait être la seule à être épargnée par la tourmente nationaliste européenne- les conservateurs, reprenant quelques idées libérales, concèdent par-ci par-là certaines revendications… le but avoué étant de faire échec aux radicaux. Ces même radicaux ne voyaient pas qu’en cristallisant le ressentiment populaire, servaient le système qu’ils prétendent combattre : d’abord en offrant un espace d’expression et de défoulement “déviationnistes”, ensuite, en défendant des revendications diverses, parfois contradictoires : Ouvriers prolétaires contre mouvements féministes, mouvements ethniques contre organisations nationalistes… ces oppositions légitimaient l’existence du système monde capitaliste.
IV. La Crise : le système monde moderne est-il viable ?
L’auteur donne à la crise un sens autre que celui commun : pour lui, il s’agit de complications dues à des phénomènes conjoncturels (comme la révolution intellectuelle de 1968) ou à la structure même du capitalisme moderne : l’accumulation illimitée des richesses se heurte à l’existence des concurrents –qui suivent le même objectif- et la contrainte de l’élasticité de la demande : les prix ne doivent pas repousser les acheteurs, ni hors de leur portée. Parfois, les oligopoles qui se créent arrivent à imposer des prix trop élevés. Le résultat en est que, privés de débouchés suffisants à l’accumulation des richesses, les entreprises formant les oligopoles entrent en crise, et entraînent le système-monde avec elles.
L’autre versant de la crise est l’environnement : pour une entreprise rationnelle, l’externalité de l’environnement est facilement résolue : Elle n’y prête pas attention. Ce comportement, agrégé à l’ensemble des entreprises, affecte durablement l’écosystème, et par la même occasion, certaines matières premières, qui se raréfie et entraînent les entreprises dans des goulots d’étranglement. Malgré l’intervention des Etats, la problématique de l’environnement dépasse le cadre du système-monde. Enfin, revenant sur la viabilité du système-monde moderne, I. Wallerstein appelle à une plus grande ouverture démocratique, laquelle ne peut être réalisée que par une ouverture des canaux d’information.

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A very Moroccan Coup 5ème Partie : (r)évolution de velour

Posted in Polfiction by Zouhair ABH on August 16, 2009

Previously

Sitôt dit, sitôt fait : la blogosphère marocaine s’approprie presque naturellement le débat : des milliers de posts sont recensés chaque semaine et chaque jour, avec des idées, des propositions, des projets de constitution. Dans un premier temps, les discussions online des blogueurs marocains étaient assez détachées du monde réel : quelques 35% de marocains étaient connectés, un millions de blogs, mais la grande majorité du peuple n’avait aucune idée de ce qui se passait sur la toile, ni même de la réforme constitutionnelle envisagée… Le peuple est occupé à travailler pour assurer sa subsistance.

Depuis les années 2020, la HACA avait autorisé des radios libres à émettre sur ondes courtes, les médias traditionnels (radio et télévision) s’étant convertis au numérique (il est désormais impossible de capter la première chaîne par antenne classique), ces radios libres, ainsi que la radio officielle, étaient le seul moyen de se renseigner sur ce qui se passait au Maroc et ailleurs dans le monde. Il faut revenir sur l’histoire des radios libres, car la décision de la HACA n’a pas été le fruit d’une initiative propre, mais le résultat d’un contentieux dont le Makhzen aurait bien voulu s’en passer. Vers la fin des années 2010, profitant d’un vide juridique dans la nouvelle loi sur les télécommunications (dite loi Ghazali) un groupe de jeunes Américains, membres de l’US Peace Corps, met sur pied une petite radio ‘Voice of Liberty’ émettant dans la région de Casablanca Métropole. Rien de bien grave, des émissions locales où des membres d’associations de quartier avaient l’opportunité de s’exprimer, de la musique pour mettre un peu de vie et d’espoir dans les grandes barres grises des HLM où s’entassent les familles des ouvriers des chantiers navals et des usines aéronautiques… Quelques mois après la première émission, une circulaire du ministère de la communication interdit la radio, sous prétexte qu’elle contrevenait à un vieux décret des années 1960 (qui interdisait les émission radios sur le sol marocain, autre que ceux de la radio nationale et de ses branches régionales). Encore une fois, la blogosphère se mobilise en faveur de la station radio interdite (avec des déchirement, car certains ne cachaient pas leur approbation, arguant des missions occultes dont se charge l’US Peace Corps) campagne efficace, car quelques heures après la publication du communiqué ministériel, une note de l’ambassadeur des Etats-Unis -contre-signée par la secrétaire d’Etat- protestant contre la décision d’interdiction. Le rôle principal de la blogosphère a été de faire connaître l’affaire à l’étranger, alerter l’opinion publique et attirer son attention sur la question. Les autorités marocains, soucieuses de leur image à l’extérieur, abandonnent la partie, surtout en cette fin des années 2010, un gros prêt allait être consenti par le FMI pour financer le grand projet de la vallée darâa photovoltaïque, ainsi qu’un réacteur nucléaire de 4ème génération, deux projets qu’un consortium franco-américain prendra en charge. Le Makhzen revient donc sur sa décision, rétablit la station radio dans ses droits, et la HACA légifère en accordant le ‘droit d’émission’ à toute les stations radios libres, dans la limite de 20kms.

Ces radios libres ont joué un rôle important dans le changement politique qui suivit le discours royal du 20 août dernier. Lors des premiers mois, seule une minorité s’intéressait réellement à la chose : les blogueurs, la classe politique et quelques intellectuels qui se sentaient concernés. La gauche radicale, très liée aux associations de quartier et des droits de l’homme -via la fondation Abdellah Zâazâa pour le progrès-, se saisit petit à petit de l’espace radiophonique nouvellement crée : les militants ayant été entièrement renouvelés, ce sont de jeunes hommes et femmes, parfaitement rôdés à l’usage des nouvelles technologies et efficacement soutenus par leurs aînés -qui ont été les premiers à expérimenter l’action politique via les nouvelles technologies, au début des années 2000- qui se chargent de propager les idées progressistes, ce qui avait déjà permis à l’alliance de la gauche (un des ancêtres de la GRDP) de porter le nombre de ses sièges au parlement à 15 en 2012, contre 6 en 2007. Mais cette fois-ci, les choses sont différentes : contrairement à Internet, les autorités marocains n’ont virtuellement aucune prise sur ce qui se passe sur les ondes radiophoniques. La plupart des jeunes militants de la gauche radicale se recrutent parmi les couches moyennes (lesquelles participent laborieusement à la création de richesse, mais subissent une distribution qu’elles estiment à leur désavantage) ayant le motif et les capacités pour militer et défendre un projet de société moderne et juste. Le makhzen, pris dans ses contradictions, se trouve dos au mur : d’une part, interdire les émissions radiopohoniques est désormais chose impossible -le précédent de la radio Voice Of Liberty l’impose à subir un audit de la part de NHRW (New Human Rights Watch, une agence quasi-gouvernementale ayant de solides connections avec le FMI)- et d’autre part, ne peut rester inactif face au flot d’informations déversées sur les ondes risque de remettre en cause la nature même du régime. La stratégie traditionnelle des autorités était de laisser une relative liberté sur la toile, tout en s’assurant d’une étenchéité adéquate entre le monde Internet et le monde réel : la blogoma est surtout le fait d’une catégorie des couches supérieures, des internautes éduqués en Europe, aux Etats-Unis ou au Moyen-Orient, anglophones, francophones, peut être au fait de la situation réelle marocaine, mais détachés dans les faits, et incapables de porter leurs discours vers ceux dont ils prétendent défendre les intérêts. Ceci a facilité les desseins du Makhzen, qui se donne une façade de respectabilité à l’étranger, tout en s’assurant que peu de choses filtrent de la blogoma vers la réalité… Les nouvelles radios ont transformé les rapports de forces : fait unique, les grands chantiers navals observent désormais la transformation du rôle des associations de travailleurs en conseils d’ouvriers (vite caricaturés par les médias officiels comme une parodie des soviets). Une association de travailleurs -pourtant politiquement neutre- adresse une proclamation aux forces modernes de la société (y compris donc la Blogoma) demandant la signature d’un nouveau pacte social.  Partout dans le Maroc, des associations, des organisations professionnelles, estudiantines, féminines, culturelles, de tous bords et obédience politique, partout au Maroc des voix de protestations s’élèvent, des voix demandant un travail décent, à un salaire juste, un cadre de vie digne et à l’égalité de tous devant la loi… On observe même des actes de désobéissance civile, des actes de non-violence entraînant des foules nombreuses, déconcertant les policiers et les agents des forces auxiliaires, qui répugnent eux-mêmes de les matraquer : à côté du Parlement, la ronde silencieuse des chômeurs est de moins en moins attaquée par les policiers et autres services de sécurité…

Quelque chose a changé, et soudain, les têtes pensantes du Makhzen sentent pour la première fois que les choses commencent à échapper à leur contrôle…

Ici Fhamatorland, les 9% parlent aux 100%…

Posted in Uncategorized by Zouhair ABH on August 5, 2009

(premier mouvement de la 5ème de Beethoven…) plus sérieusement, les dernières nouvelles rappellent que le Maroc n’évolue pas comme l’Espagne, que le Maroc ne connaît qu’une ‘Movida’ superficielle, et surtout, que malgré tout le tapage médiatique de ces dernières années -et je fais remonter la nouvelle ère au début des années 1990- n’entame pas la nature profonde d’un régime multi-millénaire, le Makhzen abandonne quelques concessions pour mieux se fortifier. Avant d’aller plus loin, je me permets d’éclaircir quelques points :

– TelQuel et le journalisme marocain : A part deux ou trois individus,  je n’ai jamais tenu en grande estime le métier de journaliste (surtout s’il est exerce au Maroc ou en France). Un blogueur publie ses billets pour le plaisir de les publier, pour militer à sa façon à promouvoir une idée qu’il juge juste et digne d’être défendue, pour partager sa passion. Un journaliste vend ses articles, et, au Maroc, ces articles reflètent le plus souvent leurs propres opinions, sans grande différence avec le billet du blogueur. Je n’ai certes aucune autorité, ni compétence pour juger la presse marocaine, mais je la trouve foncièrement hypocrite, dans le sens où elle s’exonère de toute responsabilité, tout en adossant le rôle d’un personnel politique qui a longtemps déserté le monde des idées pour occuper celui des rentes confortables. TelQuel, tout en choisissant de bons sujets -pas les plus racoleurs, je le concède-, les traitent superficiellement. Les prises de position du journal me sont sympathiques, mais déséquilibrées. le journal promeut un point de vue, mais ne lance pas le débat en son sein. en conclusion, le journalisme au Maroc a encore beaucoup à apprendre.

– la réaction mahzénienne : on s’y attendait celle-là ! il s’agit de voir dans la réaction des autorités -la censure du numéro de TelQuel- non pas une bêtise -qui en est bien une- mais une nouvelle ligne rouge. Avec le message suivant : ‘vous avez le droit de discuter de tout et de rien. Vous pouvez penser le Maroc comme vous le voulez, mais le rôle politique actuel du Roi ne rentre pas en compte’. En d’autres termes ‘ne pensez pas un autre Maroc, contentez-vous de ‘goulou l3am zine policy’. La politique actuelle du Makhzen est d’étouffer toute tentative de penser une alternative au régime (attention, je dissocie la monarchie en tant que régime politique parmi d’autres, et le makhzen, forme d’institution particulière au Maroc et imperméable aux structures démocratiques ). C’est une nouvelle forme de répression (qui ne s’affranchit pas de la répression old-school, le cas de la militante Z. Boudkour nous le rappelle bien tristement) une répression intellectuelle, peut être la plus dangereuse, car elle endort les consciences et drogue les esprits. Cette répression, nous voulons la combattre. Le petit mouvement ‘9%’ sur facebook ou sur Twitter est un aspect de cette résistance intellectuelle. Le Makhzen est confronté à une presse qui apprend son métier, et les deux protagonistes alignent les bourdes et les manœuvres maladroites.

– le makhzen non-officiel : je me permets de répondre a ceux qui tiennent le discours suivant : ‘des jeunots qui ne sont même pas nés a l’époque des faits qu’ils critiquent, et n’ont donc aucun droit a aller dénicher ces histoires’. (les tenants de ce genre de discours peuvent eux aussi être du même age) Primo : oui, chercher dans les archives pour publier un article sur les soirées de Hassan II est (légèrement) racoleur, mais ce n’est pas parce que je n’existais pas en 1971 que je ne peux pas m’intéresser a ce qui s’est passé a l’époque. Il y a une sorte de consensus malsain, a travers lequel la jeunesse marocaine est empêchée -ou pire, se persuade des effets bénéfiques de cette ignorance- de connaitre l’histoire moderne du Maroc. L’histoire officielle est elle même peu connue, ou tourner en dérision par une frange importante des internautes nés après les années 1980 (entre autres). Encore plus scandaleux, des personnes de notre âge qui relayent fidèlement, comme un petit télégraphiste les thèses makhzéniennes. Secundo : notre présent est intimement lié aux évènements passés, et tourner le regard vers l’avenir suppose une connaissance approfondie du passé. Il n ‘y a pas plus efficace qu’une propagande bêtement reprise par des individus qui la tiennent pour vraie… Plus affligeant encore, le discours d’anciens opposants qui ont été récupérés par le makhzen pour propager son discours… Pensons à notre radoteur en chef :

– les statistiques incriminées : l’histoire ? TelQuel et le Monde commandent un sondage pour le dixième anniversaire du règne du Roi Mohamed VI. Le 1er Août, le ministère de l’intérieur décide de censurer le numéro de TelQuel, sur la base que “cette mesure intervient en application des dispositions de l’article 77 du Dahir N/1-58-378 du 3 joumada-I 1378 (15 novembre 1958) formant code de la presse au Maroc“. dépêche de la MAP. Les chiffres ? quelques bonnes surprises, mais dans l’ensemble, rien de lèse-majesté ou d’insultant. Quel est le problème ?

Le Makhzen, à travers l’histoire, s’est maintenu et fortifié en profitant, puis en altérant les rapports de forces. Aujourd’hui comme hier, la force du makhzen n’est pas spécialement son appareil répressif -qu’il entretient en dosant récompenses et sanctions- mais par la faiblesse des forces l’opposant (pas spécialement hostiles au Makhzen, mais que ce dernier considère comme potentiellement dangereuses). Aujourd’hui comme hier donc, le Maroc est une configuration de tribus (ou de clans, dans le Maroc moderne) qui ont chacun une parcelle de pouvoir : capital financier, capital culturel, capital symbolique ou capital de violence (réelle ou symbolique). Waterbury, dans son célèbre ouvrage ‘le Commandeur des Croyants’ dégage des constantes dans le comportement du Makhzen :

* des solutions à court terme ou conjoncturelle pour des problèmes/problématiques de long terme ou structurelles : Dans ce cas précis, l’ouverture du Maroc sur l’extérieur, ainsi que l’intérêt croissant des Marocains pour l’information numérique, autant de défis qui transformeront radicalement la circulation de l’information. La réaction instinctive du Makhzen a été d’interdire les deux journaux, plus la censure du Monde au Maroc. C’est une solution très éphémère, et qui a été rendue très vite inefficace, du fait de la réactivité véloce des internautes marocains (dont le mouvement des 9%). Cet exemple peut être étendu à d’autres cas de figure : les agences spéciale et les institutions extra-gouvernementales pour résoudre des problèmes nécessitant de profonde réformes institutionnelles, la répression aveugle contre les militants des droits de l’homme au lieu de transformer le rapport de l’Etat au citoyen, etc, etc…

* alternance de la répression et de la corruption : c’est un comportement tristement efficace : entre 1975 et 1998, l’USFP et le Palais se sont engagés dans un bras de fer qui a tourné à l’avantage de ce dernier, lorsque l’USFP a accepté de former un gouvernement d’alternance, sans réformes constitutionnelles. Plus proche de nous, de grands noms de la gauche radicale des années 1970 après avoir subi la répression, ont été symboliquement corrompus, en les incorporant dans le système, et en les rendant membres d’un establishment makhzénien qui aura tôt fait de leur supprimer leur crédibilité.

Quel lien avec l’affaire ? inconsciemment, TelQuel et Benchemsi jouent le jeu du makhzen, car l’impertinence du journal sert le discours officiel destiné à l’étranger : ‘voyez, nous avons nous aussi une presse libre et indiscrète’… Seulement voilà, pas touche aux lignes rouges, car l’information en question est de la plus haute importance : aussi imparfait un sondage soit-il, des chiffres sur le rapport entre le Souverain et ses sujets (et non des citoyens, rappelons-le) révèlent subitement la réalité des rapports de force, ce que les clans makhzéniens ne veulent pas. Rappelons-nous les déclarations -officieuses- de certains hautes gradés, lorsque l’IER a été mise en place :  ‘nous ne pouvons garantir la fidélité es troupes dans le cas de troubles…’ (vite faits rassurées, ni l’Armée ni la Gendarmerie n’ont été inquiétées par les modestes efforts de Feu Benzekri pour chercher la vérité). Aussi imparfait soit le sondage, il donne une indication -très générale d’ailleurs- sur l’état d’esprit général des Marocains, et cela, le makhzen ne le veut pas, surtout lorsque les fondamentaux sont évoqués (même pas discutés).

Globalement, les chiffres confirment un discours que je chéris et que je n’hésite pas à relayer : les Marocains sont perdus, perdus car ballottés entre Modernité et Authenticité, drogués par 40 ans d’une propagande aussi imbécile que les esprits qu’elle a formaté… Le temps est venu pour un changement radical des normes institutionnelles : il nous faut jeter bas les mensonges étatiques et faire connaître la vérité de notre Maroc (pardonnez l’envolée lyrico-militanto-gauchiste…)

PS : la dépêche AFP qui reprend dans les grandes lignes les chiffres interdits :

‘(AFP) – PARIS — Les Marocains portent un jugement très positif sur leur roi, Mohammed VI, bien qu’ils soient réservés voire sceptiques quant à son action contre la pauvreté et pour la promotion des droits des femmes, selon un sondage publié lundi par le quotidien Le Monde.

Le Monde s’est associé à l’hebdomadaire marocain TelQuel et à sa version en arabe Nichane pour mener ce sondage sur le bilan du souverain, dix ans après son accession au trône.

La publication de ce sondage a été à l’origine de la saisie par le ministère marocain de l’Intérieur des deux derniers numéros de TelQuel et Nichane. La monarchie au Maroc “ne peut faire l’objet d’un débat, même par voie de sondage”, avait expliqué samedi à l’AFP le ministre de la Communication Khalid Naciri.

Selon ce sondage, les Marocains sont 91% à juger positif le bilan des dix premières années de règne (40% très positif et 51% plutôt positif), contre 6% qui le considèrent comme plutôt négatif et 2% très négatif. Ils sont également 49% à estimer que le Maroc est une monarchie démocratique, contre 33% qui la jugent autoritaire, tandis que 18% sont sans opinion.

L’enquête a été conduite du 27 juin au 11 juillet par l’institut LMS-CSA, filiale au Maroc de l?institut de sondages français CSA, auprès d’un échantillon représentatif de 1.108 Marocains de plus de 18 ans. Les questions ont été posées en arabe.

Le sondage montre cependant que les Marocains sont très réservés sur l’action du roi dans la lutte contre la pauvreté et sur la réforme du code de la famille. Concernant la pauvreté, ils sont 37% à penser que la situation s’est améliorée dans les dix dernières années, mais également 37% à juger qu’elle n’a pas évolué, tandis que 24% d’entre eux estiment qu’elle s’est aggravée.

L’une des grandes réformes de la dernière décennie, celle du code de la famille qui, depuis 2004, fait des Marocaines les égales des hommes sauf en matière d?héritage, est loin de remporter l’adhésion des personnes interrogées. Elles sont 49% à penser que la réforme donne trop de droits aux femmes, 30% à juger qu’elle en donne suffisamment et ne doit pas évoluer, contre 16% qui jugent qu’il faut aller encore plus loin.”

Et pour finir, une petite vidéo de M. Sassi :


que cette mesure intervient en application des dispositions de l’article 77 du Dahir N/1-58-378 du 3 joumada-I 1378 (15 novembre 1958) formant code de la presse au Maroc.

the Moroccan radical left constitutional proposals and their impact on economic growth

Posted in Uncategorized by Zouhair ABH on August 1, 2009

Funny thing actually, the idea was rumbling in my mind since a long time : the Unified Socialist Party has a courageous stand on constitutional reforms in Morocco, though it cannot translate this political proposal into quantitative process of objectives. Obviously, I am not a trained economist (not as yet), but I would like to contribute, by bringing about some literature in the issue.

Fortunately, the IMF -as well as some economists specialised in Growth and Political economics- provided an impressive documentation, that shall be of use for this present paper. Let us start off with some general guidelines.

This paper shall be the starting point. It discusses the relations between growth and institutions. Luckily, Morocco is part of the panel used to build up the data and the model. But first, one needs to determine exactly what the concept institutions stand for : following North’s definition (1990) it is defined as “the formal and informal constraints on political, economic, and social interactions”. From this perspective, “good” institutions are viewed as establishing an incentive structure that reduces uncertainty and promotes efficiency—hence contributing to stronger economic performance. I shall pause, as the current political system, as described by Waterbury (1974), is not very keen on reducing uncertainty or promoting efficiency (if so, the Makhzen-like patterns of behaviour would have disappeared a long time ago…). It is therefore established that promoting transparency, stability and law-ruled open political relations are the essence of ‘good’ institutions.

Income effects : Another way of looking at things, is that good institutions could affect positively income per capita (and subsequently, income inequality). The following graph shows a strong relation between the two variables Income Institution

The comparison between advanced and developing economies shows a significant positive correlation between real GDP growth and a certain ‘positive’ aggregate indicator of governance measurement.

Now, let us have a look to the proposals put forward by the Moroccan radical left :
– Government responsibility and accountability : the Prime Ministers and their governments have genuine power of decision, with close accountability to the Parliament.
It goes without saying that the government should be formed from one or a coalition of parties that have absolute majority, and these parties have to report to their voters and to the nation, and only so.
– Democracy and freedom of speech : as former political prisoners, most of the ‘old guard’ Morrocan radical leftists are on the edge of freedom of speech issues : most of them are members of the Moroccan human rights movements, which means that their constitutional proposals are heavily influenced by the obsession -albeit a sane one- to provide the decent infrastructures for Moroccan citizens
– The rule of law : the constitutional reforms seek the disappearance of extra-constitutional structures. It means that as long as Makhzen-like behaviour subsist, there cannot be in Morocco a genuine, objective and impersonal rule of law.
– State intervention : Radical Leftists might have old-fashioned ideas about economic policies -such as indicative planning economies- but their political stand in economic issues is paradoxically a reassuring signal to local businesses : the commitment of the Radical Left leaders shows that they can stick to their pledges, making their policies stable, or at least, predictable (in financial markets, a leftist Central Bank governor is a sign of the independence and transparency the monetary authorities will show in its policies)

Scores

From those excrepts, I can say proudly that for the time being, the only political party that could bring economic growth and stability is the Socialist Unified Party, because it is the only political power that calls for a new institutional paradigm, for a fairer distribution of power, and for the rule of universal, unbiaised rule of Law. The next article in economic issues will try and adress the quantitative weakness of these proposals. I am confident that the ideals of the radical left can be translated into figures, and that those figures are entirely in favour of the kind of democracy we commited ourselves to defend and promote.