The Moorish Wanderer

A very Moroccan coup, 2ème Partie : Bergers et Brebis Galeuses

Posted in Polfiction by Zouhair ABH on July 8, 2009

Previously : http://syassator.wordpress.com/2009/07/04/a-very-moroccan-coup-1ere-partie-une-nouvelle-ere/

… Comment en est-on arrivé à cette situation ? 2012 a marqué un tournant d’envergure dans l’histoire du Maroc : la récession qui a touché la plupart des pays occidentaux a paradoxalement eu initialement peu d’effet sur les indicatifs économiques marocains. Mais entre 2012 et 2013, le Maroc a observé un mouvement inédit de retour de MRE à la mère patrie, et obtenir des emplois d’importance. Ce renouvellement de la force de travail (bien éduquée, bien qualifiée et adhérant totalement aux critères de flexibilité salariale) a contribué pour une part à ce changement dont il était question plus haut. les rapports professionnels se transforment petit-à-petit pour prendre une teneur nettement anglo-saxonne, aux aspects indéniablement positifs sur la productivité nationale : alors que le rapport de productivité entre un Marocain et un Américain a été de 1 à 20, les années 2010 et 2020 ont vu une amélioration sensible de ce rapport, soit 1 à 10 sur la période.

Néanmoins, cette arrivée soudaine d’une nouvelle force de travail ne s’est pas passée sans heurts : les ‘revenants’ sont systématiquement préférés à l’embauche, ce qui crée des frustrations, de l’incompréhension et surtout de l’hostilité du côté des diplômés locaux, qui ne veulent pas admettre la dévaluation de leurs diplômes. à côté d’eux, les techniciens aussi sont mécontents, essentiellement dans les centres d’appels, qui se sont multipliés au Maroc. enfin, certains MRE fondent leurs propres entreprises, tout en embauchant prioritairement des rapatriés, du fait de dispositions gouvernementales subventionnant ce type de recrutement. Cette situation de tension sociale a débouché sur des grèves d’envergure dans l’ensemble des secteurs de l’économie. l’UMT et la CDT, ainsi que d’autres syndicats (sauf l’UGTM) proclament une alliance temporaire et tentent d’organiser une grève générale. Au succès initial de la mobilisation succède peu à peu un climat de flottement, puis de résignation, la majorité des syndicats se retirant de l’épreuve de force, soit par compromission, soit par de discrètes pressions exercées par le makhzen. De plus, les manifestations -pacifiques- quotidiennes sont régulièrement dispersées par les forces de l’ordre. Début 2020 donc, les syndicats existent toujours, mais sont définitivement marginalisés, les syndicalistes préférant rejoindre les partis politiques ou les nouvelles ‘associations des travailleurs’ qui répercutent plus efficacement les revendications salariales ; Ces associations sont apolitiques et s’occupent exclusivement des conditions de travail de leurs membres.

Après 6 ans de conflits sociaux et la disparition des syndicats comme force structurée et partenaire social de taille, le champ était libre pour les Néo-Istiqlalien avec l’UGTM (qui devient de fait le seul syndicat existant) pour mettre en place une politique brutale, très proche des idées Thatchériennes. le duo Ghallab-Hjira incarnent cette vision en réformant en profondeur le système fiscal marocain, plus en faveur des grandes fortunes et des entreprises (le taux maximal est ramené à 30% pour l’IGR, et à 25% pour l’IS), et ce, malgré l’opposition de l’ex-directeur des d’impôts, Bensouda, qui s’est vu remercié et remplacé par un jeune quadragénaire diplômé de de l’université de Chicago, complètement acquis aux idées Néo-istiqlaliennes. la situation économique marocaine, qui s’est détériorée à cause des conflits sociaux, commence peu à peu à rattraper son retard, essentiellement en boostant la productivité nationale (seul le vendredi est chômé, et le jours de vacances sont réduits à 2 mois, soit 300jours de travail) et une politique économique avantageant les investissements extérieurs, l’offre et les entreprises. Le résultat de cette politique, au début des années 2020 a été certes une amélioration des indicateurs économiques, mais aussi et surtout une explosition des inégalités, ce qui n’a pas manqué de profiter à l’alliance PJD-Adl, qui arrive même à obtenir une majorité relative en 2022. Cependant, grâce au soutien du nouveau Front Démocrate, le Néo-Istqlal arrive à maintenir son gouvernement avec une alliance  regroupant le FD, l’ex-USFP et des transfuges des partis régionalistes. Petit à petit, les effets bénéfiques de cette politique économiques commencent à se faire sentir, et les fruits de la croissance à être mieux distribués. Le résultat en est une amélioration du niveau de vie moyen, en plus de quelques mesures populistes (la construction d’HLM de mauvaise qualité pour raser les bidon-villes) achèvent de réduire le fond de commerce l’électorat islamiste. El Adl, qui recrutait essentiellement du côté de la classe moyenne, voit le nombre de ses militants fondre, sous l’effet conjugué de la mort du Cheikh Yassine, et des délices de la consommation de masse, qui achève de détourner les marocains de l’islamisme politique, pour le cantonner à sa dimension spirituelle.

Tout semble aller pour le mieux au Maroc, si ce n’est le détachement presque totale des marocains par rapport à la chose publique : depuis 2012, les taux de participations atteignent rarement les 30%, malgré les campagnes massives d’appel au ‘devoir citoyen’. Des députés de l’ex-USFP ont même demandé l’instauration d’un système de sanction envers les abstentionnistes, mais faute de nombre de voix pour faire passer la loi, le projet tombe à l’eau. Initialement, la monarchie était satisfaite de la situation, car elle devenait, au yeux des Marocains et de l’étranger, le seul acteur politique dynamique et de taille à faire avancer les choses. En effet, les gouvernements successifs depuis 2007 se présentent comme ‘le gouvernement de Sa Majesté’, signifiant par là la négation de toute légitimation populaire de l’exécutif gouvernemental, et encore moins du pouvoir législatif -supposé représenter la vox populii-. Pourtant, du côté du cabinet royal, ce confort se transforme très vite en angoisse : la démocratie apparente, la libéralisation économique et sociale, la disparition du danger islamiste ne suffisent plus, car un des maux éternels du Maroc subsiste encore : la corruption.  L’amélioration des indicateurs économiques signifie aussi plus d’argent pour les pots-de-vins, qui sont de mise du petit fonctionnaire guichetier aux hauts dignitaires traitant avec les multinationales… Le Maroc n’a donc toujours pas conjuré ses démons du passé.

Alors que par le passé, le makhzen s’est très bien accommodé de la corruption institutionnelle -et l’utilise quand il le faut-. Mais au début des années 2030, des évènements dépassant le cadre maroco-marocain obligeront l’Etat a chercher une solution, n’importe quelle solution…

Political Structure and Economic Policy: The Institutional Determinants of Policy Outcomes

Posted in Uncategorized by Zouhair ABH on July 5, 2009

The following is an article of Gary W. Cox and Mathew D. McCubbins, from the University Of California. (the original article could be found here)

Abstract : while political and economic liberty do seem to be conjoined, there is no simple correlation between the two. Countries with only the thinnest veneer of democracy have enjoyed tremendous economic growth, while other new democracies have floundered. In large part, this diversity of outcomes is explained by economic policy. Some polities are able to provide the public goods that are often necessary for economic growth, while others turn the machinery of government toward providing private goods; some countries are able to make long term credible policy commitments, while others cannot.
Why do some democracies choose economic policies that promote economic growth, while others seem incapable of prospering? In large measure, the diversity in economic policy, and the answer to the above question, is rooted in the diversity of democratic institutions chosen by each country. Each polity, according to the divisions and necessities of its society chooses a set of democratic institutions to resolve its basic political problems. These institutions define a sequence of principal-agent relationships (Madison, Dahl 1967).

First, the sovereign people delegate decision-making power (usually via a written constitution) to a national legislature and executive. The primary tools that the people retain in order to ensure appropriate behavior on the part of their representatives are two: the power to replace them at election time; and the power to set the constitutional rules of the political game.
A second step in the delegation of power occurs when the details of the internal organization of the legislature and executive are settled. This process entails the creation of ministerial positions, of committees, and of agenda control mechanisms. Here too constitutional regulations of the relationship between the legislature and the executive (is the legislature dissoluble? can cabinet ministers sit in the legislature?) come into play.
A third step in the delegation of power takes the legislature (or its political chiefs) as principal and various bureaus and agencies as agents. Here administrative procedures and law set the terms of the delegation (McCubbins, Noll, and Weingast 1987, 1989). It is our argument here that the structure of these principal-agent relationships determines, in large measure, the form of public policy. Another important step in the process of delegation takes bureau chiefs as principals and their subordinates in the lower levels of the bureaucracy as agents. It is important, therefore, to recognize that even if politicians employ mechanisms to limit agency loss, the delegation can fail if top level bureaucrats cannot constrain their agents. This issue of internal delegation at the level of the administrative agency raises questions concerning the structure of incentives facing middle and low-level bureaucrats.
Economists have led the way in recognizing the link between political institutions and investment. Economic studies have shown, both theoretically and empirically, that institutional structure can stimulate investment by establishing a credible commitment to
policy (North 1990; North and Weingast 1989; The World Bank 1995; Levy and Spiller
)

The institutions that define the sequence of delegations that democracy entails have systematic effects on public policy. Democratic states that systematically provide public goods are typically seen as having three characteristics: they are decisive; they have the administrative capacity to implement whatever decisions they make; and they are only responsive to broad public interests. […]

It is worthy to note that the global idea behind the article gives the theoritical/ideological support for a constitutional reform in Morocco : there will be a definite positive impact on the economic structure, not only within the local business social groups (at least the small and middle entrepreneur), but also towards foreign investors.

A very Moroccan coup, 1ère Partie : Une nouvelle ère

Posted in Uncategorized by Zouhair ABH on July 4, 2009

L’idée d’un feuilleton de politique fiction m’est arrivée avec un téléfilm britannique produit pendant les années 1980, inspiré d’un roman du même nom : A very british coup. Avec des contextes différents, il s’agit d’imaginer la situation politique au Maroc, dans l’éventualité d’une arrivée au pouvoir de la Gauche Radicale marocaine. Une fiction partisane et biaisée, pour se défouler et se lancer dans le ‘et si…’. Attention, il s’agit d’une fiction issue de l’imagination (débridée) de l’auteur, toute ressemblance avec des évenements actuels est purement fortuite…

Début des années 2030 : tout semble se passer pour le mieux au Maroc.  La situation économique se stabilise, malgré un taux de chômage important, un taux de croissance soutenu pendant une dizaine d’année (de l’ordre de 4 à 5%) permet au revenu par tête de s’accroître et atteindre 8000$ PPP à la fin des années 2020. De plus, le Maroc se couvre d’infrastructures de dernier cri : le réseau autoroutier -bien que ne concernant que 35% du territoire marocain- améliore sensiblement sa qualité de service. Délaissant le tourisme, le Maroc investit désormais dans les nouvelles technologies et les industries à forte valeur ajoutée, en devenant le premier sous-traitant de composants high-tech : électronique grand public, mais aussi pièces détachées d’avions et de bateaux. La côte marocaine se déroulant de Tanger à Agadir se couvre de chantiers navals, qui jouxtent les divers centres d’industries aéronautiques. La situation économique est tellement favorable que le FMI anticipe un passage au rang de pays nouvellement industrialisé, d’autant plus que le Maroc attire de plus en plus d’investisseurs étrangers, développant par la même ses services financiers. Grâce à une sous-évaluation des actifs marocains et une fiscalité extrêmement flexible,  la capitalisation boursière au Grand-Casablanca totalise 30% des transactions financières en Afrique, au même niveau que l’Afrique du Sud.

Cette situation économique, néanmoins, ne profite qu’à une population minoritaire : sur les 42 millions marocains, seule une dizaine de millions en profite directement ou indirectement, et un petit noyau de 700.000 personnes contrôle 80% des richesses produites, un chiffre qui n’a guère varié depuis le début des années 2000. Comme précisé plus haut, le taux de chômage reste relativement élevé, aux alentours de 9%, soit une augmentation absolue par rapport au début du XXIème siècle. Un chômage qui touche essentiellement la population rurale, obligée d’abandonner ses terres aux grands propriétaires terriens, et de s’installer dans une des nombreuses nouvelles villes côtières, dans l’espoir d’avoir un travail dans les chantiers ou les usines aéronautiques, pour un salaire de misère, mais bien plus élevé que les revenus procurés par une agriculture traditionnelle, dépendante de la pluviométrie et du bon vouloir des puissants voisins grands propriétaires, qui n’hésitent pas à détourner les cours d’eau pour leurs propres plantations. Cette population rurale, déracinée, s’entasse dans de longues barres d’immeubles aux appartements exigus et constitués en ghettos, agglutinés à la périphérie des nouvelles villes industrielles. Telle est la situation économique du Royaume : une économie dynamique, en passe de rattraper son retard pour devenir une puissance moyenne et régionale, un chômage élevée et une population semi-ouvrière en constante expansion.

Le Maroc doit ses résultats économiques à l’effort déployé depuis 2012 par la coalition gouvernementale au pouvoir depuis cette date : l’aile néo-libérale et technocrate de l’Istiqlal, en compagnie d’un ‘Front Royal’ regroupant d’anciens partis d’administration ont appliqué pendant vingt ans les recommandations d’un groupe de cabinets de conseil. Cette relative amélioration du quotidien des Marocains -dont le taux d’alphabétisation a sensiblement augmenté, atteignant 65%- et barre la route aux conservateurs islamistes de l’alliance PJD-Adl Wal Ihssan. Malgré une gestion locale exemplaire et un nombre important de sièges au parlement, la coalition conservatrice ne séduisait plus, pour deux raisons principales : outre l’amélioration du niveau de vie (seul un quartier bidon-ville subsiste au Grand-Casablanca), les luttes intestines qui agitent la coalition (depuis la mort de A. Yassine, el Adl a intégré légalement le paysage politique en signant une sorte de ‘programme commun’ avec le PJD) l’ont décrédibilisée aux yeux de nombreux Marocains, qui découvrent les joies de la consommation de masse. La société marocaine s’occidentalise à vive allure, tout en assumant certaines aspects ‘traditionnels’ : moins hypocrite, le Marocain moyen admet désormais certains pratiques qui étaient de mise il y a vingt ans, mais qui étaient pudiquement repoussées comme ‘hchouma’. Rien de tel aujourd’hui, où il n’est pas rare de voir un couple s’embrasser publiquement, ou une jeune fille voilée se tenant par la main avec son compagnon. L’homosexualité, l’avortement, un statut ‘transitoire’ très proche du principe du PACS en France, ainsi que l’utilisation populaire de la pilule contraceptive donnent l’image d’un Maroc moderne, décomplexé et vivant pleinement sa liberté, malgré la subsistance de certaines lois désuettes. La Police ne disposant plus de la brigade des moeurs -abolie en 2015 après une campagne internet efficace – se focalise essentiellement sur le volet sécuritaire, ce qui n’empêche pas de possibles débordements. En effet, si les mentalités ont changé, certains réflexes makhzéniens subsistent, et le clan conservateur dispose encore de moyens de pression.

Le Maroc vit donc dans une situation unique : un pays économiquement stable, faisant l’expérience d’une libération sociale, mais dont le système politique reste immuable. Le dernier référendum constitutionnel, apportant des modifications minoritaires, date de 2010, et peu d’acteurs politiques ont fait preuve d’innovation. Le paysage politique, justement : le nombre des partis politiques est resté très stable -autour d’une vingtaine-, mais d’importants bouleversements ont transformé l’échiquier politique au Maroc.  à Droite, l’Istiqlal a abandonné son référentiel islamo-conservateur pour devenir un parti néo-libéral, entreprenant et jouissant de relations privilégiées avec le milieux des affaires. le Néo-Istiqlal se paye même le luxe d’admettre des ‘outsiders’ en son sein,  des non-fassis qui intègrent la famille et fortifient ses intérêts. Au pouvoir depuis 2012, le Néo-Isitqlal entretient de bons rapports avec le Makhzen, avec qui il a de nombreux intérêts économiques. le Makhzen dispose de sa propre force politique partisane, le ‘Front Démocrate’, qui est l’aboutissement de diverses alliance,  l’ex-PAM (Authenticité et Modernité) ayant servi de plateforme de fusion : l’UC, le MP, des petits partis ont de fait décidé de s’accorcher au PAM, qui change son nom et conclut un accord inédit avec le Néo-Istiqlal. A gauche, après deux défaites cinglantes (2007 et 2012), l’USFP craque de toutes parts et une nouvelle scission, celle-ci fatale, signe sa disparition. lors du XXème congrès, une majorité de délégués, proches des idéaux sociaux-démocrates à l’européenne, décident de changer le nom du parti, en USD/NA : Union Sociale-Démocrate/Nouvel Avenir. adoptant un discours résolument social-démocrate et centre-gauche, l’ex-USFP se cantonne petit à petit dans son fief de Rabat et chez une poignée d’intellectuels, bientôt rejointe par le PPS et le FFD. La Gauche Radicale continue son projet fédérateur : après 2012, où le RGD double le nombre de ses sièges au Parlement (une dizaine), un congrès pan-gauchiste scelle la réconciliation entre le CNI, le PS et le PT, qui acceptent de mettre de côté les conflits de personnes, les vieux leaders ayant décédés ou ayant enfin accepté de passer la main. l’AGD, qui devient donc la Gauche Démocratique Radicale et Populaire (GDRP), renforcée par des transfuges d’Annahj – qui se maintient comme la formation politique la plus à gauche du spectre politique marocain. la Gauche radicale, dont les idées deviennent de plus en plus populaires auprès des jeunes et des intellectuels de la classe moyenne, reste néanmoins embryonnaire et se manifeste surtout sur internet, où elle dispose d’un certain capital de sympathie auprès de la Blogoma (la blogosphère marocaine) . enfin, à côté de l’alliance PJD-Adl déjà évoquée, une dizaine de partis régionalistes, tribaux même, entretiennent des relations troubles avec la coalition gouvernementale. A côté des partis politiques, des associations, des fondations se disputent aussi le monopole du politique. L’autre nouvel acteur politique étant la blogoma, qui, à la différence des autres acteurs, ne dispose d’aucune présence physique ou d’organisation sur le terrain, mais jouit d’un réel prestige, ce qui en fait un pôle de leader d’opinion. La blogoma, contrairement aux autres acteurs politiques, n’a pas de couleur partisane, bien que sensible au discours des droits de l’homme et de la liberté politique. Elle est animée par une jeunesse éduquée, francophone et/ou anglophone, désireuse de changer les choses mais révulsée par le jeu politique, qu’elle considère ‘pourri’ et joué d’avance.

L’essentiel du pouvoir se concentre donc entre les mains des mêmes institutions, avec la nouveauté que constitue le FD, porte-voix du Makhzen dans le champ politique… Rien ne semble faire sortir le Maroc d’une situation politique stagnante et sans issue…

Markets, Innovation and Competition

Posted in Dismal Economics, Read & Heard, The Wanderer, Wandering Thoughts by Zouhair ABH on July 4, 2009

To quote Immanuel Wallerstein ‘Only a monopoly could pursue innovation (as a way to secure and expand its rent)’.

Though this statement is purely abstract, many examples come to mind when it is about innovation : apart from Edison-like geniuses, market innoation comes from large, oligopolistic or monopolistic structures : Apple with its Ipods and Iphones, Microsoft with Window and Internet browser (Albeit threatened by newcomers)…

The sum of examples is too large to be presented in length. One the other hand, economists from the dominant stream advocate strongly the idea that only free markets could bring about wealth, well-being and subsequently innovation (as part of the positivist ‘progressivism’ competition makes shared among agents)The main issue, therefore, is an attempt to find out about the various relations markets, innovation and competition have with each other : Could market competition encourage innovation ? How can innovation be measured in an economy ? what changes does innovation make within market structures ? The present article will present (or at least will try to) a proper definition of innovation, as a first step to understand mechanisms behind market changes. Secondly the readers will get acquainted with various theories contradicting the previous thesis, essentially on the point of competition. historical evidence shows the large role monopolies assumed in the global innovation, throughout human history. Finally, One will show that, though competition is for innovation to emerge, monopolies store undeniable advantages in controlling and improving it.

When an economist presents the free market as beneficial for innovation, they have in mind the following reasoning : an individual firm makes profits when its marginal cost is below the market price (one assumes the firm operating in a pure and perfect competitive market). Innovation intervenes when a firm makes a ‘discovery’, namely, a new combination of factors of production that produces more output for the same amount of input. In that sense, innovation is nothing more than a new combination of Labour and Capital, that increases significantly their marginal productivity.

So, a firm in a competitive market has a strong incentive to innovate, in order ot outsmart their competitors, and to increase its share of profits. In the short term, consumers benefit from competition, as the quality of goods improves (thanks to a better combination of means of production) at the same price, or even lower. In that sense, a free and competitive market presents all the incentives for companies to innovate, at least for the short run, since their innovation combinations -as a knowledge/information- are bound to be known to the market (fluid and transparency assumptions hold) and therefore neutralising their initial advantage. The theory seems perfect. Perhaps too perfect, as the real world differs significantly from the one pure microeconomics builds.

Game theory, as well as actual corporate behaviour tend to be more accurate in dealing with the innovation issue : a famous economist, H. Varian, wrote an article about network and high-tech economics, an article one should look at very closely : in an innovative market, two variables tend to contradict some of the important assumptions of free markets theories : transparency and fluid information.

A firm has the choice (or not) to undertake R&D studies, a decision that could cost a certain amount of money. As a rational agent, the firm has to guarantee sizeable returns over this investment : returns of investment have to outbalance their initial cost. Firms could for instance, develop some kind of restriction to the use of their innovative goods : Microsoft protects its software and forbids their uses to get to the original code-source (namely, the very heart of the software, which could be altered). Patents could also guarantee a rent to the innovative firm, by protecting its innovation. Those two pattenrs of behaviour contradict indeed the very heart of free and competitive markets : free information.

Another way of looking at the matter would be the ‘free rider’ theory : in a relatively open market, a firm could just wait for innnovation to ‘pop’ and grab it. The free rider firm would be actually happy to get a small but stable rent on the market, by adopting a ‘follower strategy’. In that case, and if all firms were to follow the same reasoning, no innovation would be expected.  In a monopoly though, things are different : as many economists put the stress on it, a competitive monopolistic market could be innovative, but to make sure that no potential newcommer would get into the market. In that sense, innovation works as a barrier to entry. Because monopolies do not bring maximum social utility, they are actively denounced by economists. The plain fact of the matter is, Innovation IS more effective under monopoly situation thant in competitive markets pattern.

The stumbling block in this issue is without doubt the treatment of information. Should the benevolent government -i.e. the public authorities- abandon te patent system ? Should it introduce some change in it ? As H. Varian, pointed it out, there could be various alternative economic models : the most novel and original one being the ‘cooperative’ innovation (with a paradigme far from the dominant one in economic theory) : Linux, an alternative operating system, improves and expands because a community of engineers and IT technicians want to contribute to the Linux project.

This authentic public behaviour might give ideas to the public authorities : why shouldn’t the innovation be a public good ? instead of being ‘produced’ in a competitive market, main innovations could be the fruits of public R&D, and at the reach of everyone. Firms, as well as other agents could expand it -to a minor or marginal scales-.

This proposal, of course, has to be discussed and expanded, but the idea of a public and free innovation monopoly could be a suitable answer to the problem.