The Moorish Wanderer

La Formation du premier gouvernement marocain de gauche

Posted in Uncategorized by Zouhair ABH on January 20, 2009

Extrait traduit de la biographie d’A. Ibrahim
ibrahim“l’année 1958 fut chargée d’évènements importants dans la vie politique d’Abdellah Ibrahim. La tentative de constitution de gouvernement sous l’égide d’Allal El Fassi avorta à cause d’une conjugaison d’oppositions internes et étrangères, ce qui décida le Roi Mohamed V à essayer de convaincre le professeur (A. Ibrahim) à accepter de diriger le gouvernement, et ce, dans un contexte extrêmement confus et délicat. A. Ibrahim se rappelle à ce propos : “Lorsqu’Ahmed Balafrej (chef du gouvernement précédent, Istiqlalien) réalisa enfin qu’il s’était engagé dans une voie sans issue, il était trop tard, puisqu’il était en désaccord avec le Roi et avec son Parti (Istiqlal)”. Le Roi Mohamed V s’appliqua à me convaincre à prendre la présidence du conseil, les discussions ayant duré deux mois, à défaut de convergence ou de résultats, il me dit, à bout de nerfs et impatient : “si vous n’acceptez pas, je m’exilerai à la Mecque, et je n’en bougerai pas, jusqu’à la résolution de cette crise.”

Mon accord était naturellement conditionné par l’assurance d’obtenir toutes les prérogatives d’un chef de gouvernement, ce que je disais souvent au prince héritier Moulay Hassan : “mon entrée au gouvernement est conditionnée par un accord avec votre père, et il se doit de respecter cet accord. Dans le cas contraire, je serai obligé de démissionner, car je ne cours pas derrière les honneurs, au contraire, ce sont eux qui courent après moi”.

Il faut noter que l’une de mes premières mesures était de restituer le patrimoine de la famille de l’émir El Khattabi à ses propriétaires. Le patrimoine a été littéralement pillé après la défaite de l’émir et son exil en 1926. Il fallait aussi accélérer le départ des troupes étrangères, libérer l’économie nationale, etc…

Le prince héritier disposait d’un pouvoir d’influence grandissant sur son père. Certes, il avait la main haute sur des institutions comme l’Armée, la sûreté nationale, la gendarmerie ou les services de renseignements, et j’étais chargé de coordonner entre les ministères qui disposaient d’une réelle autonomie. Malgré tout, je ne pouvais empêcher un certain nombre d’incidents plus ou moins grave de se produire. Lorsque j’étais en négociation avec le Roi à propos de mon rôle dans le gouvernement, j’allais assez souvent le rencontrer au Palais royal, et à chaque reprise, un nombre important de gardes aux portes m’imposaient des procédures longues et trop protocolaires, ce dont je fis part, avec un certain agacement à Sa Majesté. Du coup, il chargea un de ses gardes du corps de faciliter mes entrées et mes sorties. Je pus prendre le dessus sur les complications protocolaires.

C’est ainsi que j’ai eu la responsabilité historique de conduire le gouvernement, malgré ce que mes alliés ou mes adversaires auraient déclaré, j’étais résolu à être à la hauteur. Ces donc dans ces conditions que le gouvernement a été officialisé le 24 Décembre 1958. {…} Lorsque je pris mes fonctions, j’étais convaincu que mon gouvernement était apolitique, ayant supposé que Sa Majesté voulait un gouvernement “transitoire” pour la préparation des élections générales incessamment organisées… Ces élections devaient déterminer l’équilibre des forces politiques nationales, et fournir la légitimité au gouvernement issu des urnes. J’avais aussi pleinement confiance dans la volonté du Roi de mettre fin aux manœuvres des autorités françaises, qui n’avaient de cesse de comploter contre mon gouvernement.

… Alors que j’étais chef du gouvernement, Sa Majesté me demanda après une réunion du cabinet ministériel : “que pensez-vous d’une visite aux Etats-Unis, afin de suivre les négociations, et éventuellement de les faire avancer ? {négociations en vue de l’évacuation des troupes américaines du sol national Ndlr} ” Je n’étais pas contre, et le Roi décida donc de m’y envoyer, me demandant donc de me préparer pour le voyage le lendemain samedi matin. Sa Majesté a aussi insisté sur une mobilisation des formations politiques et syndicales sur le thème de l’évacuation des bases américaines au Maroc. C’est donc en Octobre 1959 que je pris l’avions pour les Etats Unis, en compagnie de mon directeur de cabinet, M. Nacer Belarabi. A mon arrivée à l’aéroport de New York, je fus reçu par une importante délégation américaine de haut niveau, puis nous avons été installés dans une résidence officielle. Le programme de visite était aussi diversifié que chargé comme le fait d’assister aux réunions de l’assemblée générale de l’ONU à New York, ou la visite de la maison blanche à Washington, afin d’approfondir les voies de la coopération Américano-marocaine. {…}

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